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MYTHOLOGIE GRECQUE - PALEONTOLOGIE

HISTOIRE DE FRANCE - SYSTEME SOLAIRE - LECTURE - PHILATELIE


Dictionnaire de la Mythologie grecque de M à P

MEMNON

Memnon est le fils d'Eos (l'Aurore) et de Tithonos, l'un des fils de Laomédon, et par conséquent frère de Priam. Memnon, lors de la guerre de Troie, vint au secours de son oncle.

Elevé par les Hespérides, il régnait sur les Ethiopiens. Ses exploits devant Troie, et sa mort, étaient contés dans la Petite Iliade et dans le poème de l'Ethiopide. Memnon s'était mesuré avec Ajax, mais, comme dans le combat entre celui-ci et Hector, aucune décision n'était intervenue. Sur le champ de bataille, il rencontra Anliloque, le fils de Nestor, alors que celui-ci, menacé par Memnon, avait appelé son fils à son aide. Par sa mort, Antiloque sauva la vie de Nestor. Mais Achille accourut, afin de venger la mort de son ami.

Le combat s'engage entre Memnon et Achille, le fils d'Eos et le fils de Thétis. Les deux déesses, inquiètes pour leur sort, s'empressent auprès de Zeus. Mais celui-ci pèse les "sorts" des deux héros, et c'est celui de Memnon qui pèse le plus lourd sur la balance divine. Achille ne tarde pas à remporter la victoire, mais Eos obtient de Zeus l'immortalité pour son fils, et s'envole afin de recueillir son cadavre et le transporter en Ethiopie. Et les larmes que versa Eos sont les gouttes de rosée que l'on voit chaque matin dans les champs.

Une autre tradition place la tombe de Memnon à l'embouchure du fleuve Aesépous, sur les rives de l'Hellespont. Chaque année l'on y voyait s'assembler des oiseaux, qui pleuraient la mort du héros : ces oiseaux, appelés les Memnonides, passaient pour être soit les compagnons de Memnon, transformés ainsi après sa mort, soit même ses cendres, qui avaient acquis de la sorte l'immortalité. Ces oiseaux, chaque année, se divisaient en deux groupes, qui luttaient l'un contre l'autre, et la lutte ne cessait que lorsque la moitié d'entre eux avait péri.

Les traditions diffèrent sur la patrie de Memnon. Parfois on nomme la Syrie, parfois la région de Suse et la Bactriane, dans l'Asie intérieure, parfois encore l'Egypte et le pays de Thèbes. Cette dernière identification avait conduit à faire donner le nom de "colosse de Memnon" à l'une des statues colossales élevées par Aménotep III, et l'on s'imaginait que lorsque les premiers rayons d'Eos frappaient cette statue, elle émettait une musique mélodieuse, comme pour saluer la lumière de sa mère.

MISÉNOS

Misénos est un compagnon d'Ulysse, qui donna son nom au cap Misène, en Campanie. Selon une autre tradition, c'était un compagnon d'Hector, qui, après la mort de celui-ci, s'était attaché à Enée et l'avait accompagné dans ses voyages.

Il était le trompette de l'armée. Un jour que la flotte était au mouillage sur la côte de Campanie, Misénos défia tous les dieux, prétendant jouer de la trompette mieux que n'importe quel immortel.

Triton, le dieu marin qui, lui aussi, jouait de la conque, le surprit, et le précipita dans la mer, où il se noya. On l'enterra sur la côte, à l'endroit qui prit son nom.

MOIRES Les

Les Moires sont la personnification du destin de chacun, du lot qui lui échoit en ce monde. A l'origine, chaque humain a sa "moira", ce qui signifie sa part (de vie, de bonheur, de malheur, etc.). Puis, cette abstraction est vite devenue une divinité, et a tendu à ressembler à la Kère, sans toutefois jamais devenir, comme celle-ci, un démon violent et sanguinaire.

Impersonnelle, la Moire est aussi inflexible que le destin ; elle incarne une loi que même les dieux ne peuvent transgresser sans mettre l'ordre du monde en péril. C'est la Moire qui empêche telle ou telle divinité de porter secours à un héros particulier sur le champ de bataille, lorsque son "heure" est arrivée.

Peu à peu, il semble que se soit développée l'idée d'une Moire universelle, dominant la destinée de tous les humains et, surtout après les épopées homériques, de trois Moires, les trois sœurs, Atropos, Clotho et Lachésis, qui, pour chaque mortel, réglaient la durée de sa vie depuis la naissance jusqu'à la mort, à l'aide d'un fil, que l'une filait, que la seconde enroulait, et que la troisième coupait, lorsque la vie correspondante était achevée.

Ces trois fileuses sont filles de Zeus et de Thémis, et les sœurs des. Selon une autre généalogie, elles étaient filles de Nyx (la Nuit), comme les Kères, et appartiennent, par conséquent, à la première génération divine, celle des forces élémentaires du monde.

Elles tendent parfois à former un groupe avec Ilithye, comme elles, divinité de la naissance. Egalement, on les trouve nommées à côté de Tyché (le Sort, la Fortune), qui incarne une notion voisine. Les Moires ne possèdent pas de légende proprement dite. Elles ne sont guère que la symbolisation d'une conception du monde mi-philosophique mi-religieuse.

MNÉMON

En laissant Achille partir à la guerre contre Troie, sa mère lui avait donné un serviteur, nommé Mnémon (celui qui se souvient-ou "qui fait souvenir"), chargé de le prémunir contre un accident dont l'avait prévenue un oracle : si Achille tuait un fils d'Apollon, il devrait mourir à Troie. Mais on ne savait quel était ce fils d'Apollon.

Mnémon était chargé de rappeler sans cesse à Achille de faire attention, avant de tuer quelqu'un, et de s'assurer que sa victime ne descendait pas d'Apollon. Or, à Ténédos, Achille tua le héros Tenès, qui était fils d'Apollon, et, désormais, il ne put échapper à son destin. Pour punir Mnémon, il le tua d'un coup de lance.

MNÉMOSYNÉ

Mnémosyne est la personnification de la Mémoire. Elle est fille d'Ouranos et deGaïa (le Ciel et la Terre), et appartient au groupe des Titanides.

Zeus s'unit à elle, en Piérie, pendant neuf nuits de suite, et, au bout d'un an, elle lui donna neuf filles, les Muses

MUSES Les

Les Muses sont filles de Mnémosyné et de Zeus, et sont neuf sœurs, fruit de neuf nuits d'amour. D'autres traditions en font les filles d'Harmonie, ou encore les filles d'Ouranos et de Gaïa (le Ciel et la Terre).

Toutes ces généalogies sont évidemment symboliques et se rattachent, de façon plus ou moins directe, à des conceptions philosophiques sur la primauté de la Musique dans l'Univers. Les Muses, en effet, ne sont pas seulement les Chanteuses divines, celles dont les chœurs et les hymnes réjouissent Zeus et tous les dieux, mais elles président à la Pensée, sous toutes ses formes : éloquence, persuasion, sagesse, histoire, mathématiques, astronomie.

Hésiode vante leurs bienfaits : ce sont elles qui accompagnent les rois et leur dictent des paroles persuasives, les mots qu'il faut pour a puiser les querelles et rétablir la paix entre les hommes. Elles leur donnent le don de douceur, qui les rend chers à leurs sujets.

De même, dit Hésiode, il suffit qu'un chanteur, c'est-à-dire un serviteur des Muses, célèbre les exploits des hommes du passé, ou les dieux, pour que quiconque a des soucis et des chagrins les oublie aussitôt.

Le plus ancien chant des Muses est celui qu'elles chantèrent après la victoire des Olympiens sur les Titans, pour célébrer la naissance d'un ordre nouveau.

Il existait deux groupes principaux de Muses : celles de Thrace, de "Piérie", et celles de Béotie, que l'on situait sur les pentes de l'Hélicon. Les premières, voisines de l'Olympe, portent souvent, en poésie le nom de Piérides. Elles sont en rapport avec le mythe d'Orphée et le culte de Dionysos, qui avait pris une importance particulière en Thrace. Les Muses de l'Hélicon sont placées plus directement sous la dépendance d'Apollon. C'est lui qui dirige leurs chants, autour de la source Hippocrène.

Il existait encore d'autres groupes de Muses dans d'autres pays. Parfois, on en trouve qui ne sont que de trois, comme les Charites, notamment à Delphes, et à Sicyone. A Lesbos, existait un culte rendu à Sept Muses.

A partir de l'époque classique, le nombre neuf s'est imposé, et la liste suivante est généralement admise : Calliope, la première de toutes en dignité, puis Clio, Polhymnie (ou Polyhymnie), Euterpe, Terpsichore, Erato, Melpomène, Thalie, Uranie.

Ce n'est que peu à peu que chacune a reçu une fonction déterminée, et d'ailleurs variable selon les auteurs. Mais, très généralement, on attribue à Calliope la poésie épique ; à Clio, l'histoire ; à Polhymnie, la pantomime ; à Euterpe, la flûte; à Terpsichore, la poésie légère et la danse ; à Erato, la lyrique chorale ; à Melpomène, la tragédie; à Thalie, la comédie; à Uranie, l'astronomie.

Les Muses ne possèdent pas de cycle légendaire qui leur soit propre. Elles interviennent comme "chanteuses" dans toutes les grandes fêtes des dieux. Elles sont présentes aux Noces de Thétis et de Pélée, à celles d'Harmonie et de Cadmos, etc.

Par contre, à chacune d'elles est prêtée quelque aventure amoureuse : Calliope est la mère d'Orphée, etc.

MYRMIDON

Myrmidon, ancêtre et héros éponyme des Myrmidons (le peuple thessalien sur lequel régnait Achille), est fils de Zeus et d'Euryméduse. Il est le père d'Actor et d'Antiphos, qu'il eut avec Pisidicé, l'une des filles d'Eole. Par sa fille Eupolémie, il est le grand-père de l'Argonaute Aethalidès.

Une autre tradition en faisait le fils de Diopléthès et le petit-fils de Périérès. Par sa femme, Polydora, il était le beau-fils de Pélée père d'Achille.

MYRINA

Myrina est une Amazone, qui, à la tête de cette nation, remporta de grandes victoires. Elle déclara la guerre aux Atlantes, qui habitaient un pays situé au bord de l'Océan, où, disait-on, les dieux avaient pris naissance.

A l'aide d'une armée de trois mille Amazones combattant à pied, et de vingt mille à cheval, elle conquit d'abord le territoire d'une cité atlante appelée Cerné. Puis, elle prit la ville elle-même, passa tous les hommes valides au fil de l'épée et emmena les enfants et les femmes en captivité. Puis la ville fut détruite de fond en comble.

Les autres Atlantes, effrayés, capitulèrent aussitôt. Myrina les traita alors généreusement, fit un traité d'alliance avec eux, construisit une ville, qu'elle appela Myrina, a la place de celle qu'elle avait détruite, et la donna aux prisonniers et à tous ceux qui voulurent venir y habiter.

Les Atlantes demandèrent alors à Myrina de les aider à lutter contre les Gorgones. Au cours d'un premier engagement, qui fut très dur, Myrina remporta la victoire, mais beaucoup de Gorgones échappèrent.

Puis, une nuit, les Gorgones prisonnières dans le camp des Amazones s'emparèrent des armes de leurs gardiennes et en tuèrent un grand nombre. Mais bientôt, les Amazones se ressaisirent, et massacrèrent les rebelles.

Myrina rendit de grands honneurs à celles de ses sujettes qui avaient péri dans ce combat, et leur éleva un tombeau composé de trois tertres d'égale hauteur, qui, à l'époque historique, étaient encore connus sous le nom de Tombeaux des Amazones.

Malgré leur défaite, les Gorgones réussirent à rétablir leur puissance et, plus tard, dit-on, Persée, puis Héraclès, durent les combattre.

Les exploits prêtés à Myrina ne se limitent pas à ces deux guerres. Plus tard, après avoir conquis la plus grande partie de la Libye, elle passa en Egypte, à l'époque  où y régnait Horos, le fils d'Isis. Elle conclut avec lui un traité d'amitié.

Ensuite, elle organisa une expédition contre les Arabes; elle ravagea la Syrie et, remontant vers le nord, rencontra une délégation des Ciliciens qui lui firent volontairement leur soumission. Elle franchit, en forçant les passes les armes à la main, le massif du Taurus, traversa la Phrygie et atteignit la région du Caïque, terme de son expédition.

A la fin, Myrina fut tuée par le roi Mopsos, un Thrace chassé de sa patrie par le roi Lycurgue.

Cette légende est une construction "historique" et ne constitue pas à proprement parler un mythe, mais une interprétation d'éléments mythiques combinés de façon à former un récit à peu près cohérent où, à côté des mythes, on pourra juger du travail "rationaliste" des mythographes évhéméristes.

L'évhémérisme est une théorie selon laquelle les dieux sont des personnages réels qui auraient été divinisés après leur mort, leur légende étant simplifiée et embellie jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une sorte de symbolisme absolu et universel. Elle tire son nom du mythographe grec Évhémère. (Wikipédia)

Myrina, la reine des Amazones, est nommée dans l'Iliade, mais Myrina est son nom "chez les dieux", tandis que son nom humain est Batiéia. On disait qu'elle avait été mariée au roi Dardanos ; elle serait donc la fille de Teucer.

La plus grande confusion règne parmi les traditions, la plupart attestées tardivement, relatives à cette héroïne.

NAÏADES Les

Les Naïades sont les nymphes de l'élément liquide. En tant que nymphes, elles sont des êtres féminins, doués d'une très grande longévité, mais mortelles. Comme les Hamadryades personnifient la vie mystérieuse de l'arbre auquel elles sont liées, les Naïades incarnent la divinité de la source ou du cours d'eau qu'elles habitent.

Parfois, il n'y en a qu'une, qui est la nymphe de la source, parfois la même source en a plusieurs, considérées comme des sœurs, égales entre elles.

Leur généalogie est variable à la fois selon les mythographes et selon les légendes. Homère les dit "filles de Zeus". Ailleurs, elles sont rattachées à la race d'Océan.

Plus souvent, elles sont simplement les filles du dieu du fleuve où elles habitent : ainsi, les filles de l'Asopos sont des Naïades. Toutes les sources Célèbres ont leur Naïade ; celle-ci est pourvue d'un nom et d'une légende particulière.

Ainsi la nymphe Aréthuse, à Syracuse, à propos de laquelle on racontait qu'elle était une nymphe d'Achaïe, compagne d'Artémis et, comme sa protectrice, dédaigneuse de l'amour. Un jour qu'elle avait chassé avec plus d'ardeur que de coutume, elle rencontra un fleuve aux eaux claires et fraîches et elle désira s'y baigner. Comme elle nageait, sans témoin, une voix sortit de l'eau. C'était Alphée, le dieu du fleuve, qui se sentait pris de désir pour la belle jeune fille.

Effrayée, Aréthuse s'enfuit, telle qu'elle était. Le dieu la poursuivit ; la course dura longtemps, jusqu'au moment où Aréthuse, à bout de forces, supplia Artémis de la sauver. La déesse l'environna d'un nuage et, de peur (car Alphée refusait de quitter l'endroit où il avait vu disparaître celle qu'il aimait), Aréthuse devint une source.

La terre s'entr'ouvrit alors, pour éviter que le dieu ne mêle ses eaux à celles de la source qu'était devenue Aréthuse et ne parvienne ainsi à s'unir à elle sous cette forme nouvelle. Guidée par Artémis, Aréthuse parcourut les chemins souterrains et parvint à Syracuse, dans l'île d'Ortygie, qui est dédiée à Artémis.

Le caractère récent de cette légende, invention des poètes alexandrins, est évident. Elle est destinée à expliquer l'homonymie de deux sources : l'une, située en Elide, et l'autre en Sicile. Elle a été formée sur le schéma habituel de la poursuite passionnée et de la métamorphose. De telles inventions, toutefois, n'étaient possibles que parce que les Naïades étaient des personnages familiers à l'imagination hellénique et que chaque source, chaque cours d'eau possédait la sienne.

Les Naïades passaient souvent pour avoir une puissance de guérisseuses : les malades buvaient l'eau des sources qui leur étaient consacrées, ou encore, mais plus rarement, s'y baignaient. Parfois, le bain était considéré comme sacrilège et qui s'y risquait encourait la colère et la vengeance des déesses, qui se manifestaient par quelque maladie mystérieuse.

A Rome même, Néron, s'étant baigné dans la source de la Marcia, (l'un des aqueducs les plus estimés de la Ville), fut saisi d'une sorte de paralysie et d'une fièvre qui ne le quittèrent qu'au bout de quelques jours. On attribua ces malaises au mécontentement des Naïades, protectrices de l'eau sainte.

Un autre risque couru par qui mécontentait les Naïades était la folie ; quiconque voyait les Naïades, par exemple, était "possédé"' par elles, et frappé d'égarement.

Beaucoup de généalogies présentent une Naïade à l'origine. Par exemple, la femme d'Endymion, mère d'Aetolos ; la femme de Magnès, celle de Lélex, celle d'Oebalos, celle d'Icarios, celle d'Erichthonios, celle de Thyeste, etc.

Elles jouent ainsi un grand rôle dans les légendes locales, et leur intervention permet de rattacher directement tel ou tel héros au sol de la cité ou de la contrée.

Les Naïades sont particulièrement nombreuses dans les traditions péloponnésiennes.

NÉMÉSIS

Némésis est à la fois une divinité et une abstraction. Comme divinité, on lui attribue un mythe : aimée de Zeus, Némésis, qui est l'une des filles de Nyx (la Nuit), cherche à éviter l'étreinte du dieu. Pour cela, elle prend mille formes diverses et finit par se changer en oie. Mais Zeus devient cygne et s'unit à elle.

Némésis pondit un œuf, que des bergers ramassèrent et donnèrent à Léda. C'est de cet œuf que sortirent Hélène et les Dioscures. Cette légende est en rapport avec la valeur de symbole de Némésis : Némésis personnifie en effet la "Vengeance divine".

Parfois la divinité qui, comme les Erinyes, châtie le crime, mais, plus souvent la puissance chargée d'abattre toute "démesure", par exemple l'excès de bonheur chez un mortel, ou encore l'orgueil des rois, etc. C'est là une conception fondamentale de l'esprit hellénique : tout ce qui s'élève au-dessus de sa condition, en bien comme en mal, s'expose à des représailles des dieux. Il tend, en effet, à bouleverser l'ordre du monde, à mettre l'équilibre universel en péril, et, à ce titre, doit être châtié, si l'on veut que tout l'Univers demeure ce qu'il est. C'est ainsi que Crésus, trop heureux de ses richesses et de sa puissance, est entrainé par la Némésis dans son expédition contre Cyrus, qui finit par amener sa ruine.

A Rhamnonte, une petite ville d'Attique située non loin de Marathon, sur la côte du détroit séparant l'Attique de l'Eubée, Némésis avait un sanctuaire célèbre. La statue de la déesse avait été taillée par Phidias dans un bloc de marbre de Paros apporté par les Perses, qui le destinaient à en faire un trophée après la prise d'Athènes.

Ils s'étaient montrés trop sûrs de leur victoire (signe de démesure), et ne prirent jamais Athènes. La Némésis de Rhamnonte avait suscité l'armée athénienne de Marathon.

NÉPHALION

Néphalion est l'un des fils de Minos et de la nymphe Paria. Il était établi à Paros, avec ses frères, Eurymédon, Chrysès et Philolaos, ainsi que ses neveux, les deux fils d'Androgée, Alcée et Sthénélos, au temps où Héraclès parlait au pays des Amazones chercher la ceinture de la reine Hippolytè.

Héraclès fit escale dans l'île, mais les fils de Minos tuèrent deux de ses compagnons. Indigné, Héraclès tua immédiatement les fils de Minos, et le reste des habitants de l'île envoya une députation, lui offrant en compensation d'emmener avec lui deux d'entre eux, à son choix, pour remplacer les deux morts.

Héraclès accepta, el prit avec lui Alcée et Sthénélos. Puis il continua sa route.

NYMPHES Les

Les Nymphes sont des "jeunes femmes" qui peuplent la campagne, les bois et les eaux. Elles sont les esprits des champs et de la  nature en général, dont elles personnifient la fécondité et la grâce.

Elles passent, dans l'épopée homérique, pour les filles de Zeus. Elles sont considérées comme des divinités secondaires, auxquelles on adresse des prières, et qui peuvent être redoutables. Elles habitent dans des grottes, où elles passent leur vie à filer et à chanter.

Souvent, elles sont les suivantes d'une grande divinité (Artémis notamment), ou de l'une d'entre elles, d'un rang plus élevé. Ainsi les nymphes servantes de Calypso ou de Circé.

Parmi les Nymphes existent plusieurs catégories, distinguées selon leur habitat : les Nymphes des frênes (les Méliades) semblent être les plus anciennes ; elles sont filles d'Ouranos et non de Zeus. Puis, les Naïades, qui vivent dans les sources et les cours d'eau. Les Néréides sont souvent considérées comme des nymphes de la mer calme. Très souvent, les Naïades d'un fleuve passent pour les filles de celui-ci.

Dans les montagnes vivent des nymphes particulières, nommées Oréades. Dans les bocages vivent des nymphes appelées Alséides (du grec : bois sacré). D'autres nymphes sont attachées à un lieu particulier, voire à un arbre donné, comme les Hamadryades. Les nymphes jouent un grand rôle dans les légendes.

Divinités familières à l'imagination populaire, elles interviennent, comme nos fées, dans beaucoup d'histoires du folklore. On les trouve très souvent comme femmes d'un héros éponyme d'une cité ou d'un pays. Elles interviennent très souvent aussi dans des mythes.

Leurs amants ordinaires sont les esprits masculins de la nature : Pan, les Satyres, Priape, etc. Très souvent, les grands dieux ne dédaignent pas leurs faveurs : elles s'unissent à Zeus, à Apollon, à Hermès, à Dionysos, etc. Parfois, elles-mêmes sont amoureuses et enlèvent de jeunes garçons, tel Hylas.

NYX

Nyx est la personnification et la déesse de la nuit. Elle est la fille du Chaos, dans la théogonie hésiodique. Elle-même engendre deux éléments, l'AEther et le Jour, et toute une série d'abstractions : Moros (le Sort), les Kères, Hypnos (le Sommeil), les Rêves, Momos (le Sarcasme), la Détresse, les Moires, Némésis, Apaté (la Tromperie), Philotès (Tendresse), Géras (la Vieillesse), Eris (la Discorde), et enfin les Hespérides, qui sont les Filles du Soir.

Elle est la sœur d'Erèbe, qui personnifie les ténèbres souterraines, et, a sa demeure à l'extrême Ouest, au delà du pays d'Atlas.

ORION

Orion est un chasseur géant, fils d'Euryalé et de Poséidon, ou bien d'Hyriée. On le disait aussi né de la Terre, comme presque tous les géants. Il tenait de son père, Poséidon, de pouvoir marcher sur la mer. Il était d'une grande beauté et d'une force prodigieuse. Il épousa d'abord Sidé, si belle et si fière de sa beauté qu'elle prétendit rivaliser avec Héra, ce qui décida la déesse à la précipiter dans le Tartare.

Privé de sa femme, Orion se rendit à Chios, appelé, peut-être par Oenopion, qui lui demanda de le débarrasser des fauves qui infestaient l'île. Là, Orion devint amoureux de Méropé, la fille d'Oenopion. Mais celui-ci ne voulut pas de ce  mariage. Ici, les versions diffèrent. Tantôt l'on dit qu'Orion, Ivre, voulut faire violence à Méropé; tantôt, qu'Oenopion lui-même l'enivra. Quoi qu'il en soit, Oenopion aveugla Orion alors que celui-ci dormait sur le Rivage.

Orion se rendit alors dans la forge d'Héphaïstos, et là, prenant un enfant (nommé Cédalion), le mit sur ses épaules et lui demanda de le conduire face au soleil levant. Orion retrouva immédiatement la vue. Ensuite, il se précipita pour se venger d'Oenopion mais ne put l'atteindre, car Héphaïstos avait construit pour celui-ci une chambre souterraine où il se réfugia.

Alors, Eos (l'Aurore) devint amoureuse d'Orion et l'enleva. Elle le transporta à Délos. Orion fut tué par Artémis, soit parce qu'il l'avait impudemment défiée à un concours de disque, soit parce qu'il avait tenté de violer l'une des suivantes d'Artémis, la vierge hyperboréenne Opis.

Mais, le récit le plus généralement répandu de sa mort est le suivant : Orion ayant essayé de faire violence à Artémis elle-même, la déesse en envoya contre lui un scorpion qui le piqua au talon. Pour avoir rendu ce service à Artémis, le scorpion fut transformé en constellation, et Orion lui-même eut un sort analogue.

C'est pourquoi la constellation d'Orion fuit éternellement celle du Scorpion.

ORTHROS

Orthros était le chien de Géryon, que tua Héraclès lorsqu'il enleva les troupeaux de son maître. Il était le fils de Typhon et d'Echidna, et par conséquent frère de Cerbère. Uni à sa propre mère, Echidna, il engendra le sphinx de Thèbes.

Les descriptions d'Orthros varient : on lui attribue parfois plusieurs têtes, d'autres fois un corps de serpents, etc.

PANDORE

Pandore est selon la tradition hésiodique, la première femme. Elle fut créée par Héphaïstos et Athéna, aidés de tous les dieux sur l’ordre de Zeus.

Chacun l’orna d’une qualité ; elle reçut la beauté, la grâce, l’habileté manuelle, la persuasion, etc…

Mais Hermès mit dans son cœur le mensonge et la fourberie. Héphaïstos l’avait façonnée à l’image des déesses immortelles, et Zeus la destinait à la punition de la race humaine, à laquelle Prométhée venait de donner le feu divin. Ce fut le présent que tous les dieux offrirent aux hommes pour leur malheur.

Dans les Travaux et les jours, Hésiode raconte que Zeus l’envoya à Epiméthée qui, oubliant le conseil de son frère, de ne recevoir aucun cadeau de Zeus, en fit sa femme, séduit par sa beauté.  Or, il y avait une jarre qui contenait tous les maux. Elle était fermée par un couvercle, qui empêchait son contenu de s’échapper.

A peine sur terre, Pandore dévorée de curiosité ouvrit la jarre, et tous les maux se répandirent sur l’humanité. Seule l’espérance, qui était au fond ne put s’échapper, car Pandore avait refermé le couvercle avant.

D’autres traditions veulent que cette jarre ait renfermé, non les maux, mais les biens, et qu’elle ait été apportait à Epiméthée en présent de noces, par Pandore, de la part de Zeus.

En l’ouvrant inconsidérément, Pandore laissa les biens s’envoler, et s’en retourner au séjour des dieux, au lieu de demeurer parmi les humains. C’est ainsi que les hommes furent affligés de tous les maux ; seule l’espérance, pauvre consolation, leur demeura.

PALLADION

palladion Le palladion

Le Palladion est une statue divine, douée de propriétés magiques, qui était censée représenter la déesse Athéna (également appelée Pallas). Sa légende, très complexe, s'est chargée d'éléments divers, depuis les épopées cycliques, où elle est liée à l'histoire de Troie. Elle est inconnue des poèmes homériques. Dans l'Iliade, il ressort que la statue cultuelle d'Athéna honorée à Troie était une statue assise, alors que le Palladion est, au contraire, une statue de divinité debout, avec la raideur des vieux xoana (idoles de bois de l'époque archaïque).

Mais, peu à peu, la légende s'est compliquée, et a fini par s'intégrer à celle des origines de Rome. Le Palladion, en effet, avait la vertu de garantir l'intégrité de la ville qui le possédait et lui rendait un culte. Il avait préservé ainsi Troie, pendant dix ans.

Plusieurs autres villes prétendirent par la suite le posséder, ce qui leur conférait un préjugé d'inviolabilité fort précieux. Il s'ensuivit que les statues miraculeuses de Pallas se multiplièrent et que les légendes se compliquèrent d'autant.

Sur l'origine même de la statue, les traditions diffèrent. Toutes sont d'accord pour lui reconnaître une origine divine, mais les détails ne sont pas les mêmes. Par exemple, nous lisons dans Apollodore que la déesse Athéna fut élevée, dans son enfance, par le dieu Triton, qui avait lui-même une fille du nom de Pallas.

Les deux petites filles s'exerçaient ensemble à l'art de la guerre, mais, un jour, elles se disputèrent. Au moment où Pallas allait frapper Athéna, Zeus eut peur pour sa fille et s'interposa ; il plaça son égide devant Pallas, qui s'effraya, et ne put parer à temps le coup que, de son coté, lui portait Athéna. Pallas tomba, blessée a mort.

Pour faire amende honorable, Athéna façonna une statue à la ressemblance de sa camarade, la revêtit de l'égide (qui lui avait fait peur, et avait été la cause indirecte de sa mort) et la plaça auprès de  Zeus, lui rendant des honneurs comme à une divinité.

Cette statue demeura dans l'Olympe pendant un certain temps, jusqu'au jour où Zeus tenta de faire violence a Electre. Electre se réfugia auprès de l'image divine, comme dans un asile inviolable. Mais Zeus précipita la statue du haut de l'Olympe, el le Palladion tomba sur la colline où était autrefois tombée Até, en Troade.

C'était le moment où Ilos était en train de fonder la ville qui devait s'appeler Troie, et qui portait encore le nom d'Ilion (du nom de son fondateur). Cette statue tombée miraculeusement du ciel passa pour un signe que les dieux approuvaient la fondation de la cité. Et, en fait, selon les uns, le Palladion était tombé juste devant la tente d'Ilos, selon les autres, il avait pénétré dans le temple d'Athéna, qui n'était pas encore achevé et dont le toit n'était pas encore posé.

De lui-même, il aurait occupé la place rituelle de la statue de culte. Le Palladion était haut de trois coudées ; ses pieds étaient soudés ensemble (comme on le voit dans les statues archaïques) ; dans la main droite, l'image tenait levée une lance, dans la main gauche, une quenouille et un fuseau.

D'autres traditions voulaient que le Palladion fût en os, et qu'il eût été taillé dans les os de Pélops (exactement l'os de son épaule), el qu'il eût été dérobé à Sparte, en même temps qu'Hélène, par Pâris.

Enfin, une légende tardivement attestée racontait que Tros, l'ancêtre de la race troyenne, avait reçu cette statue miraculeuse d'un sorcier nommé Asios, en l'honneur duquel le continent tout entier se serait appelé Asie.

Sur les aventures de la statue, les versions ne sont pas moins divergentes. Par exemple, Dardanos l'aurait emmenée avec lui à Samothrace. Peut-être l'avait-il prise en Arcadie. Et il en fit présent à Teucer, son beau-père. On disait aussi que les Troyens avaient fait sculpter un second Palladion, en tout semblable au véritable, afin de tromper les voleurs qui essaieraient d'enlever à la cité la statue qui constituait sa sauvegarde. Ils avaient placé le faux Palladion dans le sanctuaire, alors que le véritable était déposé dans le trésor du temple.

Sur ce thème de la pluralité des statues, plusieurs légendes se sont formées. Dès les épopées cycliques, en effet, on racontait que le devin Hélénos, fait prisonnier par Ulysse dans l'Ida, avait affirmé que, conformément aux Destins, Troie ne pourrait être prise que si, entre autres conditions, le Palladion était dérobé et emmené hors de la ville.

Ulysse s'était mis en devoir de réaliser cette prophétie, et, aidé de Diomède, avait pénétré, la nuit, dans la citadelle. Mais, là encore, les témoignages diffèrent. Tantôt, il laisse Diomède faire le guet, tandis que lui-même se déguise en mendiant, et s'introduit ainsi dans Troie. Reconnu malgré cela par Hélène, il aurait réussi, avec son aide, à rapporter le Palladion, non sans faire un grand massacre des gardes placés sur le chemin du retour. Telle est la tradition représentée par Apollodore (dans l'Epitome).

Mais, plus souvent, c'est Diomède qui avait le rôle le plus brillant dans l'équipée. Lors de l'escalade du mur de la cité (ou de celui du temple), Diomède était monté sur les épaules de son compagnon, puis, une fois sur le haut de la muraille, avait refusé de le hisser jusqu'à lui. Quand il eut réussi à dérober la statue magique, Diomède revint vers Ulysse, et tous deux reprirent le chemin du camp.

En route, Ulysse essaya de prendre le Palladion à Diomède, afin de rentrer seul auprès des Grecs et de recueillir tout le mérite de l'affaire. Il marcha derrière Diomède, et levant le bras, allait le massacrer, lorsque l'ombre projetée sur le sol par son épée (car c'était la pleine lune) avertit Diomède de se retourner. Diomède dégaina, et comme Ulysse refusait le combat, il le frappa avec le plat de son arme, le forçant à marcher devant lui jusqu'au camp.

D'autres traditions racontent que les deux héros pénétrèrent dans la ville par un égout. D'autres, que Théano, la femme d'Anténor, livra elle-même le Palladion aux Grecs, sur l'ordre de son mari, qui était un pro-hellène convaincu.

Cependant, d'autres légendes affirment que le vrai Palladion était resté à Troie et qu'Enée, pendant la nuit fatale, le déroba à temps, dans le temple d'Athéna, l'emmena avec lui sur l'Ida et, plus tard, jusqu'en Italie. Ce Palladion était déposé à Rome, dans le temple de Vesta (Hestia chez les grecs), où les Vestales lui rendaient un culte.

A Rome comme à Troie, la sécurité de la ville était liée à sa conservation.

Le Palladion intervient encore dans la légende de Cassandre. C'est lui, en effet, que la jeune fille aurait embrassé lorsque Ajax le Locrien (le fils d'Oïlée) tentait de l'enlever. Ajax avait saisi Cassandre et, en essayant de l'entrainer, avait fait tomber la statue, que, seules des prêtresses aux mains pures avaient le droit de toucher. Il avait donc ainsi encore aggravé le sacrilège que constituait une violence à un suppliant.

Et cela attira sur lui la colère d'Athéna. Dans cette version, on voit que le Palladion véritable était resté à Troie jusqu'à la fin ; apparemment, Ulysse el Diomède n'en avaient dérobé qu'un faux. La statue, enlevée par Ajax en même temps que Cassandre, revint à Agamemnon avec la jeune fille.

Quant au sort ultérieur de la statue (dans les versions où ce n'est pas Enée qui la possède), tantôt on admet qu'elle resta en la possession de Diomède, et tantôt qu'elle revint à Agamemnon.

Dans le premier cas, Diomède l'emmena avec lui en Italie méridionale, et la remit plus tard à Enée, lorsque celui-ci vint s'établir dans le Latium.

Dans la seconde hypothèse, Agamemnon aurait emmené le Palladion avec lui à Argos (c'est du moins ce que l'on peut supposer d'après le témoignage de Pausanias, qui nous apprend que les Argiens prétendaient posséder la statue divine).

Il existe enfin une tradition athénienne, destinée à prouver que le vrai Palladion se trouvait dans la cité d'Athéna. Les Athéniens, en effet, racontaient que Démophon qui participait à la guerre de Troie, avait reçu de Diomède la statue comme gage, et, sachant qu'Agamemnon la convoitait il s'était empressé de la confier à Bouzygès qui l'avait emmenée à Athènes. Mais, afin de mieux tromper Agamemnon, Démophon avait fait fabriquer, en secret, une réplique exacte de la statue, et l'avait placée dans sa tente.

Lorsque Agamemnon après la prise de la ville, était venu, à la tête d'une troupe nombreuse, réclamer le Palladion, Démophon avait refusé de le livrer, et avait combattu assez longtemps pour confirmer Agamemnon dans l'impression qu'il possédait le talisman. A la fin il fit semblant de capituler, et remit au Roi la statue sans valeur qu'il avait fait fabriquer.

Une autre version expliquait que Diomède, lors du voyage de retour, avait abordé la nuit en Attique à Phalère. Mais, ne sachant exactement où il se trouvait, avait commis, avec ses Argiens, des actes d'hostilité. Démophon, qui régnait alors sur l'Attique, était venu au secours de ses sujets et, ignorant toujours à qui il avait affaire, avait tué beaucoup de monde à Diomède et lui avait dérobé le Palladion.

Mais, en revenant, son cheval avait renversé un Athénien, et l'homme était mort. Pour ce meurtre involontaire, Démophon fut traduit devant un tribunal spécial, qui prit le nom de "Tribunal du Palladion", et où, plus tard, on jugeait encore les cas de ce genre.

PARTHÉNOPÉ

Parthénopé est l'une des Sirènes dont on montrait le tombeau à Naples. Avec ses sœurs, elle se jeta dans la mer ; son corps fut jeté par les flots sur le rivage napolitain, ou on lui éleva un monument.

Une autre version de la légende voulait que Parténopé eût été une belle jeune fille, originaire de Phrygie, qui devint amoureuse de Métiochos, mais ne voulut pas rompre pour lui le vœu de chasteté qu'elle avait formulé. Pour se punir de sa passion, elle se coupa les cheveux et s'exila volontairement en Campanie, où elle se consacra à Dionysos. Irritée, Aphrodite la transforma en Sirène.

PÉGASE

Bellérophon sur PégazePégaze monté par Bellérophon

Pégase est un cheval ailé qui joue un rôle dans plusieurs légendes, notamment celle de Persée et surtout celle de Bellérophon. On faisait venir son nom du mot grec signifiant "source". Et l'on racontait qu'il était né "aux sources de l'Océan", c'est-à-dire dans l'extrême Occident, lors du meurtre de la Gorgone par Persée.

Tantôt, la légende voulait que ce cheval divin se fût élancé du cou de la Gorgone (et alors, il était, ainsi que Chrysaor, né en même temps, le fils de Poséidon et de la Gorgone) tantôt, on admettait qu'il était né de la terre, fécondée par le sang de celle-ci. En naissant, Pégase s'envola vers l'Olympe, où il se mit au service de Zeus, lui apportant sa foudre.

Sur la rencontre de Bellérophon et de Pégase, les traditions varient. On racontait, par exemple, que la déesse Athéna elle-même avait amené le cheval, bridé, à Bellérophon ou bien que Poséidon l'avait donné au héros, ou encore, que Bellérophon l'avait trouvé alors qu'il était en train de boire à la source Pirènè.

Grâce à ce cheval ailé, Bellérophon avait pu tuer la Chimère et remporter la victoire, tout seul, contre les Amazones. Après la mort de Bellérophon, Pégase était remonté chez les dieux. Lors du concours de chant qui opposa les filles de Piéros et elles Muses, l'Hélicon (Montagne de Béotie consacrée à Apollon et aux Muses.), de plaisir, se gonflait, et menaçait d'atteindre le ciel. Sur l'ordre de Poséidon, Pégase frappa la montagne du sabot, pour lui intimer l'ordre de reprendre ses dimensions normales. L'Hélicon obéit, mais, à l'endroit où Pégase l'avait frappé, jaillit une source, Hippocrène, ou Source du Cheval.

Une autre source, à Trézène, passait pour avoir été provoquée par un coup de sabot de Pégase. Pégase, enfin, avait été transformé en constellation. Une des plumes de Pégase serait tombée près de Tarse, donnant son nom à la ville.

PÉNÉLOPE

Pénélope est la femme d'Ulysse, que sa fidélité à son mari, qu'elle attendit vingt ans, pendant qu'il était à la guerre de Troie, a rendue universellement célèbre dans la légende et la littérature antiques. Elle est, en effet, presque la seule parmi les femmes des héros ayant participé à la prise de Troie, qui n'ait pas succombé aux démons de l'absence. Sa légende est surtout rapportée dans l'Odyssée, bien qu'il existe un certain nombre de traditions locales, ou postérieures, qui diffèrent notablement de la version homérique.

Pénélope est la fille d'Icarios, et, par conséquent, la nièce de Tyndare, de Leucippos et d'Apharée. Elle a pour mère une Naïade, Périboea. Par son père, Pénélope est originaire de Sparte, ou encore d'Amyclées. Mais Icarios, chassé par son demi-frère Hippocoon, s'était réfugié en Etolie, auprès du roi Theslios. C'est là qu'il avait épousé Périboea, et qu'il en avait eu, entre autres enfants, Pénélope.

Sur les circonstances du mariage entre Ulysse et Pénélope, deux versions principales existent chez les mythographes: tantôt c'est par l'entremise de Tyndare, désireux de récompenser Ulysse d'un bon conseil, qu'Icarios consent à accorder sa fille au héros, tantôt, Pénélope est l'enjeu d'une course dont le vainqueur fut Ulysse.

Enfin, une tradition obscure, attestée seulement par une allusion d'Aristote, nous apprend que le père de Pénélope n'était pas Icarios, mais un homme de Corfou, appelé Icadios, qui aurait été confondu à tort avec Icarios.

Il s'agit là d'une tradition locale, contredite par le fait qu'Ulysse avait à Sparte un sanctuaire qui lui avait été élevé en souvenir des origines spartiates de sa femme (on sait que Sparte passait, à l'époque classique, pour le pays par excellence des femmes vertueuses). On racontait aussi que, pressée par son père de rester auprès de lui à Sparte, au lieu de partir à Ithaque avec son mari, Pénélope avait choisi son mari, donnant ainsi, une première fois, la preuve de son amour conjugal.

Quant à sa mère, bien que la tradition la plus généralement suivie la nomme Périboea, on trouve parfols les noms de Dorodoché ou d'Astérodia. De même, le nom de ses frères et sœurs, ainsi que leur nombre varient à l'extrême. On sait que lorsque Ménélas visita les différentes cités de la Grèce pour rappeler aux anciens prétendants d'Hélène le serment qui les obligeait à le venger, Ulysse tenta de simuler la folie. Ce qui le faisait hésiter à participer à la guerre contre Troie n'était pas un manque de vaillance, mais l'amour qu'il portait à sa femme, qui venait de lui donner un fils, Télémaque.

Pourtant, Ulysse partit, contraint par la ruse de Palamède. Il confia alors sa maison et sa femme à son vieil ami Mentor. Pénélope était seule maîtresse des biens d'Ulysse. La vieille mère de celui-ci, Anticlée, ne tarda pas à mourir de chagrin à savoir son fils au loin, et Laerte, son père, se retira aux champs.

Bientôt, Pénélope fut l'objet de demandes de plus en plus pressantes : tous les jeunes gens du voisinage demandaient sa main et, comme elle refusait, ils s'installèrent dans le palais d'Ulysse, faisant la fête, et essayant de pousser la jeune femme à bout en la ruinant sous ses yeux. Pénélope leur adressa de violents reproches ; mais rien n'y fit. Elle s'avisa alors d'une ruse ; elle leur dit qu'elle choisirait entre eux lorsqu'elle aurait fini de tisser le linceul de Laerte. Et, le travail qu'elle avait fait le jour, elle le défaisait la nuit. Mais, à la fin, au bout de trois années, elle fut trahie par une servante et le répit qu'elle avait ainsi obtenu ne dura pas.

Au retour d'Ulysse, celui-ci ne se fait pas reconnaître d'elle. Pendant la lutte contre les prétendants, elle est dans sa chambre, et dort profondément. C'est seulement ensuite qu'Ulysse se nomme. Elle hésite, mais enfin, reconnaît son mari. La déesse Athéna eut soin d'allonger la durée de la nuit suivante, si bien que les deux époux eurent le temps de se conter mutuellement leurs aventures.

On racontait, (mais l'épisode n'est pasodysséen), que Nauplios, pour venger la mort de Palamède, avait répandu le bruit qu'Ulysse était mort devant Troie. C'est alors qu'Anticlée se serait suicidée. Quant à Pénélope, elle se serait jetée à la mer, mais aurait été sauvée par des oiseaux (des mouettes?) qui l'auraient soutenue et ramenée saine et sauve au rivage.

Au même cycle post-homérique appartiennent les traditions relatives soit à des amours adultères de Pénélope, soit à ses aventures après le retour d'Ulysse. Parmi les premières, figure notamment la légende selon laquelle Pénélope aurait cédé successivement aux 129 prétendants et que de leurs amours elle aurait conçu le dieu Pan.

Ou encore, Ulysse, en revenant, se serait aperçu que Pénélope lui avait été infidèle el il l'aurait bannie. Pénélope se serait alors retirée à Sparte et de là serait allée à Mantinée, où elle serait morte et où s'élevait sa tombe. Ou bien, Ulysse l'aurait tuée, pour la punir d'amours coupables avec Amphinomos, l'un des prétendants.

Parmi les épisodes postérieurs au retour d'Ulysse, on racontait que celui-ci avait eu alors un second fils de Pénélope, Ptoliporthès. Puis, il était parti au pays des Thesprotes. A son retour, il aurait été tué par son propre fils, Télégonos, qui ne le connaissait pas. Alors, Télégonos emmena Pénélope chez Circé, sa mère, et là, il épousa celle qui avait été la première femme de son père. Circé les transporta tous deux au royaume des Bienheureux.

PIRITHOOS

Pirithoos est, à l'origine, un héros thessalien, qui fut progressivement intégré au cycle de Thésée. Pirithoos, qui est donné, dans l'Iliade, comme un fils de Zeus et de Dia, est, le plus souvent, considéré comme celui de Dia et d'Ixion. II appartient, par son père, à la race des Lapithes. Sa légende se compose de différents épisodes assez mal raccordés les uns aux autres, dont les principaux sont les suivants :

Sa participation à la chasse de Calydon, auprès de Méléagre ; son mariage avec Hippodamie et le combat contre les Centaures ; sa rencontre avec Thésée ; l'enlèvement d'Hélène; la descente aux Enfers.

Dans la chasse de Calydon, Pirithoos figure simplement au nombre des chasseurs, et ne joue aucun rôle actif. Dès l'Iliade, au contraire, Pirithoos passait pour le vainqueur des Centaures, épisode qui fut, plus tard, rattaché à l'histoire de son mariage avec Hippodamie. Celle-ci, quelquefois considérée comme la fille d'Adraste et d'Amphithéa, est plus généralement donnée comme la fille de Boutès, lui-même fils de Borée.

Une tradition veut que cette Hippodamie ait été parente des Centaures, et, pour cette raison, Pirithoos aurait invité ceux-ci à son mariage. Mais on notera que, comme fils d'Ixion; Pirithoos est le "demi-frère" des Centaures, et que cela justifie à soi seul la présence de ceux-ci aux noces. Quoi qu'il en soit, les Centaures, excités par le vin, tentèrent de violer Hippodamie et de ravir les femmes présentes. Un violent combat s'engagea entre les Centaures et les Lapithes (les compatriotes de Pirithoos) au cours duquel beaucoup de Centaures furent tués.

On admet assez souvent que Thésée était, dès ce moment, l'ami de Pirithoos, et qu'il participa à cette bataille mémorable. Du mariage de Pirithoos et d'Hippodamie naquit un fils, Polypoetès. Pour expliquer l'amitié de Thésée et de Pirithoos on racontait que celui-ci, ayant entendu parler des exploits du héros, avait décidé de l'éprouver, et il s'était mis en devoir de dérober des troupeaux appartenant à Thésée, dans la région de Marathon.

Les deux jeunes gens se rencontrèrent, mais furent séduits par la beauté l'un de l'autre. Spontanément, alors que le combat semblait devoir s'engager entre eux, Pirithoos offrit réparation à Thésée pour les animaux qu'il avait dérobés et se déclara son esclave. Piqué d'émulation, Thésée refusa cette offre et déclara oublier le passé. Leur amitié naissante fut scellée par un serment. Et, depuis lors, les deux héros accomplirent ensemble tous leurs exploits.

Thésée et Pirithoos avaient juré de se donner mutuellement comme épouse une fille de Zeus. C'est ainsi que Pirithoos fut amené à participer à l'enlèvement d'Hélène par Thésée, et que, réciproquement, Thésée accompagna son ami aux Enfers pour y enlever Perséphone, la femme d'Hadès, qui était fille de Zeus et de Déméter.

Les deux amis parvinrent bien jusqu'aux Enfers, mais ils ne purent en sortir. Ils furent gardés prisonniers jusqu'à la venue d'Héraclès. Celui-ci parvint bien à ramener Thésée au jour, mais, lorsqu'il tenta de délivrer Pirithoos, la terre trembla, et Héraclès, comprenant que les dieux ne voulaient pas libérer le coupable, abandonna son entreprise. C'est ainsi que Pirithoos demeura aux Enfers, pendant que Thésée remontait parmi les vivants.

Une version évhémériste, rapportée par Pausanias, voulait que, en réalité, Thésée et Pirithoos fussent allés en Epire. à la cour d'un certain roi Haedonée (dont le nom aurait été confondu avec celui d'Hadès), dont la femme s'appelait Perséphone et la fille Coré. Il y avait, en outre, un chien, nommé Cerbère, fort méchant.

Thésée et Pirithoos prétendirent qu'ils venaient demander la main de la jeune fille. En réalité, ils avaient l'intention d'enlever Perséphone et Coré. La main de Coré était promise au héros qui réussirait à vaincre le chien Cerbère. Mais, Haedonée ayant appris les véritables desseins des deux compères, les fit arrêter.

Pirithoos, le plus coupable, fut livré au chien Cerbère, qui n'en fit qu'une bouchée. Thésée était gardé en prison, jusqu'au jour où Héraclès, qui se trouvait un ami de la maison, pria le roi de délivrer Thésée. El celui-ci recouvra ainsi sa liberté.

PHAÉTHON

Phaéthon est un fils du Soleil (Hélios). Sur sa généalogie existent deux traditions distinctes. L'une en fait de fils d'Eos (l'Aurore) et de Céphale ; l'autre, celui du Soleil (Hélios) et de l'Océanide Clyméné. Quoi qu'il en soit, c'est à la seconde de ces filiations que se rattache la légende la plus célèbre où il intervient.

Phaéton, fils du Soleil, avait été élevé Mais, quand il fut devenu adolescent, elle lui révéla de qui il était le fils. Le jeune homme demanda alors un signe de sa naissance. Il demanda à son père, le Soleil, la permission de lui laisser conduire son char. Après bien des hésitations, le Soleil y consentit el il lui fit mille recommandations.

Phaéthon partit et commença à suivre le chemin tracé sur la voûte céleste. Mais bientôt, il fut effrayé par l'altitude à laquelle il se trouvait. La vue des animaux figurant les signes du Zodiaque lui fit peur, et il quitta la route qui lui était tracée. Il descendit trop bas, et risqua de mettre le feu à la Terre ; il monta trop haut, et les astres se plaignirent à Zeus si, bien que celui-ci, pour éviter une conflagration universelle, le foudroya, et le précipita dans le fleuve Eridan. Ses sœurs, les Héliades, recueillirent son corps, lui rendirent les honneurs funèbres, et le pleurèrent tellement qu'elles furent transformées en peupliers.

PHALAECOS

Phalaecos est un tyran d'Ambracie, dont Artémis délivra la cité. Elle l'emmena à la chasse, et lui présenta un lionceau. Mais comme Phalaecos avait capturé celui-ci, la lionne survint et déchira le roi.

Les habitants d'Ambracie, dans leur reconnaissance, élevèrent à la déesse une statue et lui rendirent un culte, sous le nom d'Artémis-Guide.

PHALANTHOS

Phalanthos est le héros fondateur de Tarente. L'une des versions de la légende est la suivante : pendant la guerre de Messénie, ceux des Lacédémoniens qui n'avaient pas participé à l'expédition furent réduits en esclavage, et devinrent les hilotes.

Tous les enfants nés pendant ce temps furent déchus de leurs droits politiques. Ils reçurent le nom de Parthéniens. Ceux-ci n'acceptèrent pas leur sort, et choisirent pour chef l'un d'entre eux, nommé Phalanthos. Ils formèrent un complot, et projetèrent un soulèvement contre les Spartiates. Le soulèvement devait avoir lieu pendant la fête spartiate des Hyacinthies.

Phalanthos devait en donner le signal en se coiffant de son bonnet. Mais les Spartiates apprirent la chose, elle héraut interdit à Phalanthos de mettre son bonnet. Le complot étant ainsi découvert, les Parthéniens s'enfuirent, sous la conduite de Phalanthos, et allèrent fonder, sur l'ordre de l'oracle de Delphes, la colonie de Tarente.

On racontait aussi que l'oracle de Delphes avait révélé à Phalanthos qu'il réussirait dans sa tentative lorsqu'il "pleuvrait d'un ciel serein". Cet oracle se trouva réalisé lorsque la propre femme de Phalathos, Aethra (c'est-à-dire, précisément, Ciel Serein), pleura en apprenant un premier échec de son mari et de ses compagnons.

PHALANX

Phalanx est un Athénien, frère d'Arachné. Tandis que sa sœur recevait d'Athéna la science du lissage, Phalanx apprenait l'art des armes. Mais le frère et la sœur eurent des relations coupables, et la déesse les transforma en animaux.

PHALCÈS

Phalcès est l'un des fils de Téménos, et, par conséquent, l'un des Héraclides. Il eut comme fils Rhègnidas. Il s'empara de la ville de Sicyone, pendant la nuit, mais partagea le pouvoir avec l'ancien roi, Lacestadès, qui était, lui aussi, un Héraclide.

Avec ses frères, il avait participé au meurtre de son père Téménos .

PHALÈROS

Phalèros est un héros athénien, qui était l'éponyme du port attique de Phalère (au Pirée). Il passait pour avoir été l'un des Argonautes et avoir combattu contre les Centaures aux côtés de Thésée et Pirithoos.

Dans son enfance, il avait été attaqué par un serpent, qui, déjà, s'enroulait autour de lui, mais d'une flèche, son père, Alcon, avait percé l'animal et sauvé l'enfant.

PHAON

Phaon est un héros de l'île de Lesbos. On racontait que c'était un passeur, vieux et pauvre, d'une beauté médiocre, jusqu'au jour où il passa la déesse Aphrodite, déguisée en vieille femme, et ne lui demanda aucun salaire. La déesse lui donna en récompense une fiole d'un baume, dont il s'oignit chaque jour.

Il devint alors d'une grande beauté et fut aimé de toutes les femmes de l'île, et surtout de Sapho. On disait aussi qu'il avait dédaigné l'amour de Sapho et que celle-ci, pour oublier sa passion, s'était précipitée dans les flots du haut de la falaise de Leucade.

PHAROS

Pharos est le pilote du navire qui ramenait à Sparte Hélène et Ménélas, après la guerre de Troie. Pharos fut piqué par un serpent dans l'île qui depuis lors, porta son nom, à l'embouchure du Nil. Il en mourut.

PHASE

Dieu-fleuve du Phase, en Colchide. On racontait aussi qu'il était le fils d'Hélios, (le Soleil), et de l'Océanide Ocyrrhoé. Mais, ayant surpris sa mère en flagrant délit d'adultère, il la tua. Poursuivi par les Erinyes, il se jeta dans le fleuve appelé jusque-là Arcturos, qui, prit alors le nom de Phase.

PHÉACIENS Les

Les Phéaciens sont un peuple "mythique", visité par Ulysse lors de son retour de Troie vers Ithaque. C'est sur un navire phéacien qu'il franchit la dernière étape de son voyage, et qu'il parvient dans son île.

Les phéaciens sont une race de marins ; ils descendent d'un éponyme, Phaeax, qui les a conduits du pays d'Hypérie, où ils habitaient autrefois mais d'où ils ont été chassés par les Cyclopes, jusque dans l'île de Schéria, habituellement, et dès l'Antiquité identifiée avec Corcyre (Corfou). Ils se livrent à la navigation, et au trafic commercial.

Leur roi est Alcinoos. Alcinoos reçoit Ulysse, jeté à la côte et recueilli par Nausicaa, avec la plus grande bonté. Il lui fait fête, lui donne des présents et, finalement, lui fournit un navire tout armé qui doit le déposer à Ithaque.

Mais Poséidon, en colère, obtient de Zeus la permission de punir les Phéaciens. Il transforme en rocher le navire qui avait porté Ulysse, et entoure la ville des Phéaciens d'une montagne.

Les Argonautes abordèrent également chez les Phéaciens, et c'est chez eux qu'eut lieu le mariage de Jason et de Médée.

PHÈDRE

Phèdre est la fille de Minos et de Pasiphaé, sœur d'Ariane. Son frère Deucalion la donna en mariage à Thésée, alors que celui-ci régnait à Athènes, bien qu'il fût déjà marié à l'Amazone Antiopé ou Mélanippé, ou Hippolyté.

Son mariage fut marqué par une attaque des Amazones. Phèdre donna deux enfants à Thésée, Acamas et Démophon. Mais elle tomba amoureuse du fils que Thésée avait eu de l'Amazone, Hyppolyte. Celui-ci, qui détestait les femmes, refusa ses faveurs à sa belle-mère.

Phèdre, craignant que le jeune homme ne révélât à Thésée les avances qu'elle lui avait faites, prépara une mise en scène, accusa Hippolyte d'avoir essayé de lui faire violence, si bien que Thésée pria Poséidon en lui demandant de faire périr Hippolyte. Hippolyte fut bientôt trainé par ses chevaux et mise à mort.

Phèdre elle-même se pendit, de remords et de désespoir. La scène de cette légende est généralement placée à Trézène. Dans ses deux tragédies consacrées à ce sujet, et dont une seule est conservée, Euripide expose différemment le problème de la culpabilité de Phèdre.

Tantôt, elle meurt après avoir accusé son beau-fils el causé sa mort, et tantôt elle se tue avant d'avoir révélé son amour.

PHÉGÉE

Phégée est un roi de la ville de Phégée, en Arcadie, dont il est le fondateur. Il passe pour un frère de Phoronée, dans la généalogie qui fait decelui-ci le fils de l'Inachos.

C'est à sa cour que vint se réfugier Alcméon, après avoir tué sa mère. Sur le rôle de Phégée dans la légende d'Alcméon. Phégée avait une fille, Arsinoé, appelée aussi Alphésibée, et deux fils, Pronoos et Agénor, ou, selon Pausanias, Téménos et Axion.

PHÉMONOÉ

Phémonoé est une fille d'Apollon, qui fut la première Pythie du dieu à Delphes. Elle aurait inventé le vers hexamètre pour exprimer ses prophéties, et on lui doit aussi la fameuse maxime delphique : "Connais-toi toi-même".

PHÉNIX Le

Le Phénix est un oiseau fabuleux, originaire de l'Ethiopie, et dont la légende est liée au culte du Soleil chez les Egyptiens. C'est Hérodote qui nous en parle le premier et, après lui, les poètes, les mythographes, les astrologues et les naturalistes nous ont donné des détails sur lui.

On admettait généralement que la patrie du phénix était l'Ethiopie. C'est là qu'il vivait, pendant une période que certaines traditions fixent à cinq cents ans et d'autres à mille quatre cent soixante et un ou même à douze mille neuf cent cinquante-quatre ans.

L'aspect général du phénix est celui d'un aigle, mais un aigle d'une taille considérable. Son plumage est paré des plus belles couleurs : rouge feu, bleu clair, pourpre et or. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la répartition de ces teintes sur son corps, mais, nous affirment que le phénix est infiniment plus beau que le plus splendide des paons.

La légende du phénix concerne surtout la mort et la renaissance de l'oiseau. Celui-ci est unique de son espèce et, par conséquent ne peut se reproduire comme les autres animaux. Lorsque le phénix sent arriver la fin de son existence, il amasse des plantes aromatiques, de l'encens, de l'amome, et en forme une sorte de nid.

A ce point, existent chez les mythographes deux traditions distinctes : les uns affirment que l'oiseau met le feu à ce bûcher odorant et que, des cendres, surgit un nouveau phénix; selon les autres, le phénix se couche sur son nid ainsi formé, et meurt en l'imprégnant de sa semence. Le nouveau phénix nait alors et, recueillant le cadavre de son père, l'enferme dans un tronc de myrrhe creux qu'il emporte jusqu'à la ville d'Héliopolis, dans l'Egypte septentrionale, et dépose sur l'autel du Soleil, pour y être brûlé par les soins des prêtres du dieu.

C'est le seul moment où le phénix apparait en Egypte. Il y arrive, dit-on, escorté par une troupe d'autres oiseaux, qui semblent lui rendre les honneurs et volent respectueusement autour de lui. Une fois arrivé au-dessus de l'autel du Soleil, le phénix plane un moment dans l'air, attendant qu'un prêtre paraisse. Lorsque le moment est venu, un prêtre sort du temple et compare l'aspect de l'oiseau avec un dessin qui le représente dans les livres sacrés. C'est alors seulement que l'on brûle solennellement le cadavre de l'ancien phénix.

La cérémonie terminée, le jeune oiseau repart en Ethiopie, où il vit se nourrissant de perles d'encens, jusqu'à ce que la durée de sa vie soit accomplie.

Les astrologues ont mis en rapport cette durée avec la théorie de la "grande année", ou révolution sidérale. La naissance d'un phénix marquait, selon eux, le début de celle-ci. Sous le règne de l'Empereur Claude, on captura un "phénix" en Egypte, et on l'apporta à Rome. Claude le fit exposer, mais personne ne prit l'oiseau au sérieux.

PHÉRAEA

Phéraea est un surnom d'Hécate, mais ce surnom avait donné lieu à la légende d'une Phéraea, fille d'Eole, qui avait enfanté, de Zeus, une fille, la déesse Hécate. Celle-ci avait été exposée dès sa naissance à un carrefour, où elle avait été recueillie par un berger de Phères, qui l'avait élevée.

PHÉRÉBOEA

Nom d'une jeune fille qui fut envoyée avec Thésée dans le tribut offert au Minotaure par les Athéniens. Elle fut aimée par Thésée.

PHÉRÉCLOS

Phéréclos, fils d'Harmonidès, est un Troyen, renommé pour son habileté manuelle, qui bâtit le navire sur lequel Pâris alla enlever Hélène.

PHÉRÈS

Phérès est  un des fils de Créthéc et de Tyro. Il est le fondateur et l'éponyme de la ville thessalienne de Phères. Parmi ses enfants, les plus fréquemment cités sont Admète, qui épousa Alceste, et Idoménè, qui épousa Amythaon ; mais il avait un autre fils, Lycurgue, qui régna à Némée, et une autre fille, Périopis, qui selon une tradition, fut la mère de Patrocle.

C'est Phérès qui refusa de mourir à la place de son fils Admète, bien qu'il eût atteint un âge avancé.

Un autre héros du même nom est un fils de Médée et de Jason. Il fut tué par sa mère en même temps que son frère Merméros.

PHIDIPPOS

Phidippos, fils de Thessalos, et par conséquent petit fils d'Héraclès, figure dans le catalogue des vaisseaux, à la tête d'un contingent de trente vaisseaux, fournis par Nisyros, Cos, Carpathos et Casos contre Troie.

Il figure aussi parmi les prétendants d'Hélène. Pendant la première expédition (celle de Mysie), il est envoyé en ambassade à Télèphe, avec lequel il est parent (puisque Télèphe est le fils d'Héraclès, dont lui-même est petit-fils). Il participa à l'attaque de la ville, dans le cheval de bois.

Après la prise de Troie, il s'installa, avec les soldats originaires de Cos qu'il avait sous ses ordres, dans l'ile d'Andros, cependant que son frère Antiphos abordait chez les Pélasges, où il s'établit, donnant au pays le nom de Thessalie.

PHILAMMON

Philammon est un poète et un devin, fils d'Apollon. Sur la personne de sa mère, les traditions diffèrent. Parfois, il est fils de Philonis, elle-même fille de Déion, ou encore d'Héosphoros et de Cléoboea, ou de Chrysothémis. Le plus souvent, on en fait le fils de Chioné, elle-même fille de Daedalion.

On racontait que, le même jour, Chioné (ou Philonis) s'unit a Hermès et à Apollon. Elle en eut deux jumeaux : Autolycos, des œuvres d'Hermès, et Philammon, de celles d'Apollon. Philammon était d'une grande beauté. Il fut aimé d'une nymphe, Argiopé. Mais, quand celle-ci fut enceinte, Philammon ne voulut pas l'accueillir près de lui. Argiopé s'enfuit alors en Chalcidique et là, elle mit au monde un fils, Thamyris.

On attribue à Philammon l'invention des chœurs de jeunes filles, ainsi que l'organisation des mystères de Déméter à Lerne. Lorsque les Delphiens furent attaqués par les Phlégyens, Philammon vint à leur secours à la tête d'une armée argienne. Il mourut pendant le combat.

PHILANDROS

Les habitants de la ville d'Elyros, en Crète, avaient déposé à Delphes un ex-voto représentant une chèvre donnant la mamelle à deux enfants. Ces deux enfants étaient censés être Philandros et Phylacidès, deux fils d'Acacallis et d'Apollon.

PHILOCTÈTE

Philoctète, fils de Poeas et de Démonassa (ou Méthoné), est, dans la légende, et dès l'épopée homérique, le dépositaire de l'arc et des flèches d'Héraclès. Soit qu'il les ait reçus de son père, qui les tenait d'Héraclès, soit qu'il les ait lui-même obtenus du héros, qui voulait ainsi le remercier d'avoir mis le feu au bûcher de l'Oeta.

Mais Héraclès lui demanda de tenir secret le lieu de sa mort. Philoctète jura de garder le silence. Plus tard, toutefois, pressé de questions, Philoctète était allé sur l'Oeta et avait frappé la terre du pied à l'endroit où s'était dressé le bûcher d'Héraclès. C'est ainsi que, sans parler, il avait cependant violé son serment. La tradition ajoutait qu'il en fut puni par la terrible blessure qui le frappa au pied.

Philoctète figure parmi les prétendants d'Hélène, et c'est à ce titre qu'il se joignit à l'expédition contre Troie. Il conduisait un contingent de sept vaisseaux, avec cinquante archers. Il est originaire de la Thessalie et, plus particulièrement, de la péninsule de Magnésie.

Philoctète, cependant, ne parvint pas à Troie avec les autres chefs. Lors de l'escale à Ténédos, il fut piqué au pied par un serpent au cours d'un sacrifice. La blessure devint bientôt si infecte qu'il s'en éleva une odeur de pourriture insupportable, et Ulysse n'eut aucune peine à persuader aux autres chefs d'abandonner le blessé à Lemnos, lorsque la flotte passa auprès de cette île.

Philoctète resta pendant dix ans sur cette ile, alors déserte, il y subsista en tuant des oiseaux avec les flèches d'Héraclès.

Sur la blessure de Philoctète et son abandon dans une île déserte, il existait d'autres traditions. Philoctète, dans sa tragédie de Philoctète, raconte que la blessure se produisit non à Ténédos, mais dans la petite île de Chrysé, un îlot qui a disparu au second siècle de notre ère, et où l'on montrait un autel de Philoctète, avec l'image d'un serpent, en bronze, ainsi qu'un arc.

Le héros aurait été piqué par un serpent dissimulé dans l'herbe haute alors qu'il nettoyait l'autel de Chrysé une divinité qui avait donné son nom à l'île.

Enfin, une version tout à fait aberrante racontait que Philoctète avait été blessé, non par un animal, mais par une flèche d'Héraclès, empoisonnée (trempée autrefois dans le sang de l'hydre de Lerne), qui l'avait piqué au pied en tombant accidentellement du carquois, et avait produit une blessure incurable.

Cet accident est alors considéré comme la vengeance d'Héraclès et la punition du parjure de fait commis par Philoctète en révélant l'emplacement du bûcher sur l'Oeta.

L'une des raisons données parfois de l'abandon de Philoctète est, au lieu de la puanteur dégagée de sa blessure, les cris que lui arrachait la douleur, et qu'il ne pouvait réprimer. Ces cris troublaient l'ordonnance et le silence rituel des sacrifices. C'est pourquoi l'on dut se résigner à le laisser seul. L'instigateur de cet abandon fut Ulysse, sur lequel repose le plus souvent la responsabilité de cette action. Mais c'est Agamemnon qui en prit la décision, au nom de l'armée tout entière.

Une autre tradition racontait que les Grecs avaient laissé Philoctète dans l'île pour qu'il eût le temps de soigner sa blessure, et cela d'autant mieux qu'il existait à Lemnos un culte d'Héphaïstos dont les prêtres passaient pour guérir les blessures de serpent. Philoctète aurait été effectivement guéri, et c'est ainsi qu'il aurait, plus tard, rejoint l'armée devant Troie.

Le médecin qui aurait obtenu cette guérison aurait été un certain Pylios, fils d'Héphaïstos. Pylios, en échange, aurait appris de Philoctète l'art de l'archer.

Cependant, les Grecs, au bout de dix années, n'avaient toujours pas pris la ville de Troie. Pâris était mort, et Hélénos, à qui l 'on avait refusé la main d'Hélène, s'était réfugié dans la montagne, où il avait été capturé par les Grecs.

A demi par force, à demi de bon gré, il révéla aux Grecs que Troie ne pourrait être prise, entre autres conditions, que si ses ennemis étaient armés des flèches d'Héraclès. Ces flèches avaient déjà une première fois conquis la ville. Elles seules pouvaient recommencer cet exploit.

Ulysse partit donc en ambassade à Lemnos, seul, ou encore (c'est la version suivie par Sophocle), accompagné de Néoptolème (ou de  Diomède, chez Euripide), pour chercher Philoctète, et lui persuader que son devoir était de revenir à Troie. Philoctète ne céda pas sans difficulté. Sur les moyens employés par Ulysse pour le décider, ou le contraindre, les traditions varient, selon la fantaisie ou le dessein des poètes qui ont traité la légende.

Ulysse et Diomède, par exemple, chez Euripide, s'emparent par la ruse des armes convoitées, et forcent ainsi le héros, désarmé, à les accompagner. Ou bien, ils lui parlent le langage du patriotisme et du devoir. Ou encore ils lui promettent la guérison, par les soins des fils d'Asclépios, qui sont les médecins des troupes grecques. On racontait, en effet, qu'une fois venu à Troie, Philoctète avait été soigné par Podalirios, ou bien par Machaon. La guérison ne tarda pas à venir, el le héros put prendre part aux combats.

Sur cette cure, on racontait qu'Apollon avait plongé Philoctète dans un profond sommeil pendant que Machaon avait sondé la blessure, et enlevé au couteau les chairs mortes, puis lavé la plaie avec du vin, avant d'y appliquer une plante, dont Asclépios avait reçu le secret du Centaure Chiron. Ainsi, Philoctète est le premier exemple d'une opération chirurgicale sous anesthésie.

On attribue souvent à l'archer Philoctète la mort de l'archer Pâris. Cet épisode était toutefois contredit par l'histoire de la prophétie d'Hélénos, puisque Hélénos ne fut capturé, disait-on, qu'après la mort de Pâris. Pour supprimer cette difficulté, on racontait que la prophétie, qui avait ordonné de ramener Philoctète de Lemnos à Troie, était de Calchas, non d'Hélénos, et que, par conséquent, sa venue était antérieure à la mort de Pâris.

Troie une fois prise, Philoctète rentra chez lui. Dans l'Odyssée, il figure parmi les héros privilégiés qui avaient obtenu un heureux retour.

Mais les légendes postérieures connaissaient d'autres aventures de Philoctète, qui aurait fondé plusieurs cités en Italie méridionale, dans la région de Crotone. On lui attribuait, en particulier, la fondation de Pétélia et celle de Macalla, où il consacra à Apollon les flèches d'Héraclès.

Il  mourut en combattant, venu au secours des Rhodiens qui étaient parvenus dans le pays, sous la conduite de Tlépolèmos, et se trouvaient attaqués par des indigènes barbares. On montrait sa tombe en plusieurs endroits.

PHILOETIOS

Philoetios est le bouvier chargé des troupeaux d'Ulysse, avec Eumée et Mélanthios. Eumée est chargé des porcs, Mélanlhtos des chèvres, lui-même du gros bétail.

Comme Eumée, et à la différence de Mélanthios, il reste fidèle au souvenir d'Ulysse et espère vivement son retour. Il déplore le régime instauré par les prétendants.

Il accueille Ulysse, déguisé en mendiant, alors qu'il ne le reconnaît pas encore. Plus tard, il l'aide à se débarrasser des prétendants. Lui-même tue Pisandros et Ctésippos, et, avec Eumée, est chargé par Ulysse de punir Mélanthios.

PHILOLAOS

Philolaos est l'un des quatre fils de Minos et de la nymphe. Il attaqua les compagnons d'Héraclès, lorsque celui-ci passa dans l'île de Paros, dans son expédition au pays des Amazones.

PHILOMÈLE

Philomèle est l'une des deux filles de Pandion, le roi d'Athènes. Elle avait une sœur du nom de Procné. Comme la guerre avait éclaté entre Pandion et son voisin le Thébain Labdacos, à propos d'une question de frontières, Pandion appela à son aide le Thrace Térée, un fils d'Arès, grâce auquel il obtint la victoire.

Il donna alors à son allié sa fille Procné en mariage. Bientôt, Procné eut de son mari un fils, que l'on nomma Itys. Mais Térée devint amoureux de sa belle-sœur, Philomèle ; il lui fit violence, et, pour qu'elle ne pût se plaindre, il lui coupa la langue. Mais la jeune femme trouva le moyen de tout révéler à sa sœur en brodant ses malheurs sur une étoffe.

Procné décida alors de punir Térée. Pour cela, elle tua son propre fils, Itys, le fit bouillir, et donna cette chair à manger à Térée, à son insu. Puis, elle s'enfuit, avec Philomèle. Quand il s'aperçut de ce crime, Térée prit une hache, et poursuivit les deux sœurs. Il les rejoignit à Daulis, en Phocide. Là, les deux sœurs implorèrent les dieux de les sauver.

Les dieux eurent pité d'elles et les transformèrent en oiseaux. Procné devint un rossignol, et Philomèle une hirondelle. Térée fut lui aussi transformé, et devint une huppe.

Il existait des variantes de cette légende. L'une d'elles faisait de Philomèle la femme de Térée, et intervertissait son rôle avec celui de sa sœur. C'est la version adoptée généralement par les poètes romains, qui font de Philomèle le rossignol, et de Procné l'hirondelle. Cela semble plus conforme a l'étymologie de Philomèle, dont le nom évoque l'idée de la musique.

PHILOMÉLIDÈS

Philomélidès est un roi de Lesbos, qui forçait les voyageurs abordant dans son île à lutter contre lui. Il tuait ceux qu'il avait vaincus, jusqu'au jour où lui-même fut tué par Ulysse ou, selon certaines versions, par Ulysse et Diomède, lors d'une escale de la flotte grecque se rendant à Troie.

PHILOMÉLOS

Philomélos est un fils d'Iasion et de Déméter. Il est le frère de Ploutos, et inventa l'usage d'atteler deux bœufs à une charrette. En récompense, sa mère le transforma en une constellation, celle du Bouvier.

Il est le père de Parias, le héros éponyme de Parion.

PHILOTÈS

Philotès, la personnification de la Tendresse, est donnée par Hésiode comme l'une des filles de la Nuit. Elle est sœur d'Apatè (Tromperie), Géras (Vieillesse) et Eris (Discorde).

PHILOTIS

Après la prise de Rome par les Gaulois, la cité était faible, et les Latins en profitèrent pour l'attaquer, sous le commandement de Livius Postumius. L'armée latine campa près de Rome, et envoya des ambassadeurs demander aux Romains de lui livrer leurs filles et leurs veuves, afin de raffermir, disaient-ils, les liens ancestraux entre leurs races.

Les Romains hésitèrent à se plier il cette condition, et ils ne savaient que faire, lorsqu'une esclave, nommée Philotis, ou encore Tutola, leur enseigna le stratagème suivant : qu'ils envoient aux Latins Philotis elle-même et quelques jolies esclaves, déguisées en femmes libres. Pendant la nuit, Philotis ferait un signal lumineux. Alors, les Romains viendraient, armés, et massacreraient l'ennemi endormi. C'est ce qui eut lieu. Philotis plaça une lampe dans certain figuier, et voila sa lumière avec des draperies, de façon à la rendre invisible aux Latins. En grande hâte, les Romains sortirent alors de la ville, et firent un grand carnage des Latins.

En souvenir de cette aventure, on célébrait les Nones Capratines, ou Nones du Figuier. Ce jour-là, on sort de la ville en désordre, et l'on s'interpelle par toutes sortes de noms; on offre des banquets aux femmes sous des huttes construites en feuillage de figuier. Les servantes se promènent en liberté et se lancent des pierres, en souvenir de la part qu'elles prirent à la lutte contre les Latins.

D'autres antiquaires romains expliquaient le rite par le souvenir des événements qui accompagnèrent la mort de Romulus : le désordre du peuple, au Champ de Mars (au lieu-dit "le Marais de la Chèvre", palus Caprae, d'où le nom de Nones Caprotines, cet événement s'étant passé aux Nones de Juillet).

PHILYRA

Philyra est la mère du Centaure Chiron. Elle fut aimée de Cronos et, à ce sujet, existent deux versions.

Dans l'une, le dieu, par crainte de la jalousie de sa femme, Rhéa, se transforma en cheval et s'unit sous cette forme à Philyra. C'est pourquoi Chiron fut un être double, à demi-homme, à demi cheval.

La seconde version dit que Philyra, par pudeur, se refusa au dieu, et se transforma elle-même en une jument pour lui échapper. Mais le dieu prit la forme d'un cheval et lui fit violence.

Chiron naquit sur le mont Pélion, en Thessalie, où sa mère s'établit, avec lui, dans une grotte. Elle l'aida, plus tard, à élever les enfants qu'on lui confiait : Achille et Jason notamment. C'est elle qui veilla sur la petite enfance d'Achille.

PHINÉE

1. Phinée est le nom de plusieurs héros. Le premier est l'un des fils de Lycaon, le roi d'Arcadie. Il fut foudroyé avec ses frères.

2. Un autre héros du même nom est le frère de Céphée, et par conséquent l'oncle d'Andromède. Il appartient, par conséquent, à la race de Bélos, mais cette généalogie est loin d'être cohérente dans les différentes versions de la légende de Céphée. Les auteurs s'accordent seulement à rapporter que Phinée voulait épouser sa nièce et qu'il tenta de fomenter une conspiration contre Persée, lorsque celui-ci eut conquis la jeune fille.

Lors de la bataille qui éclata entre Persée et les partisans de Phinée, dans la grande salle du palais de Céphée, Phinée fut transformé en pierre par la vue de Méduse. Cette fin interdisait d'identifier ce Phinée, frère de Céphée, au Phinée qui intervient dans la légende des Argonautes.

Toutefois, afin de rendre cette identification possible, certains mythographes tardifs prétendaient que Phinée avait été seulement aveuglé par Persée, et non tué.

PhinéeLe roi Phinée de Thrace

3. Le troisième Phinée, et le plus célèbre, est un roi de Thrace. Sa légende, assez complexe, présente de nombreuses variantes. Le plus souvent, on nous dit que Phinée, qui possédait des dons de devin, avait autrefois préféré vivre longtemps au prix de ses yeux. Il était donc devenu aveugle, et Hélios (le Soleil), indigné, lui avait envoyé des Harpyes, des démons ailés qui le tourmentaient de toutes manières, lui dérobant sa nourriture ou la souillant à mesure qu'il tentait de manger. Ou bien encore, sa punition avait une autre cause : abusant de ses dons de devin, il révélait aux hommes les intentions des Dieux; on disait aussi qu'il aurait indiqué à Phrixos le chemin de Colchos, ou encore, aux enfants de Phrixos la route qui devait les ramener en Grèce, encourant ainsi la colère divine.

Lorsque les Argonautes entreprirent l'expédition de Colchide, ils allèrent demander des indications à Phinée sur le chemin à suivre. Phinée accepta de les renseigner, mais il désira d'abord être délivré des Harpyes. Les deux fils de Borée, Calaïs et Zétès, se mirent à la poursuite des deux génies, et en vinrent à bout.

Une autre légende, indépendante de la précédente, mais qui présente des traits analogues, est celle-ci : Phinée avait épousé en premières noces la fille de Borée, Cléopâtra. Il en avait eu deux fils, que la tradition nomme le plus généralement Plexippos et Pandion. Puis, il avait répudié Cléopâtra, et épousé Idaea, la fille de Dardanos. Mais Idaea, jalouse de ses deux beaux-fils, les avait faussement accusés d'avoir tenté de lui faire violence. Phinée, sur sa parole, les avait aveuglés tous les deux. Ou encore, c'était Idaea qui leur avait crevé elle-même les yeux.

Une autre variante, très rare, voulait que Cléopâtra, après sa répudiation, ait aveuglé ses deux fils, pour punir Phinée. Lorsque les Argonautes passèrent à la cour de Phinée, les Boréades, qui étaient les frères de Cléopatra, tirèrent vengeance de Phinée en l'aveuglant à son tour. Cependant, Asclépios aurait rendu la vue aux deux jeunes gens, mais il en aurait été puni par Zeus, qui l'aurait frappé de sa foudre.

Les deux séries de légendes précédentes furent combinées par les mythographes, qui racontaient que Phinée avait été puni par Zeus pour avoir injustement accusé ses enfants et les avoir aveuglés sans preuves suffisantes. Il aurait été, de plus, affligé des Harpyes. Puis, il aurait été délivré par les Argonautes.

PHOEBÉ

Phoebé, la Brillante, est le nom porté par l'une des Titanides, filles d'Ouranos et de Gaïa. Elle épousa Coeos, et lui donna deux filles, Léto et Astéria. On lui attribue parfois la fondation de l'oracle de Delphes, en tant que suivante de Thémis. Elle en aurait fait cadeau à Apollon pour son anniversaire. Apollon, fils de Léto, est en effet le petit-fils de Phoebé.

Phoebé est aussi le nom d'une des Leucippides. Elle est la femme de Pollux, tandis qu'Hilaera est celle de Castor. Mais parfois, chez Properce, par exemple, Phoebé passe pour être mariée à celui-ci.

PHOBOS

Phobos est la personnification de la Peur. Elle accompagne Arès sur le champ de bataille. Le nom étant masculin en Grec, Phobos est un démon mâle. Il passe pour le fils d'Arès, et le frère de Déimos. Aucune légende particulière ne lui est attribuée.

Phobos est aussi le nom donné à l'un des satellites de la planète Mars. Voir les Lunes de Mars

PIRITHOOS

Pirithoos est, à l'origine, un héros thessalien, qui fut progressivement intégré au cycle de Thésée. Pirithoos, qui est donné, dans l'Iliade, comme un fils de Zeus et de Dia, est, le plus souvent, considéré comme celui de Dia et d'Ixion. II appartient, par son père, à la race des Lapithes. Sa légende se compose de différents épisodes assez mal raccordés les uns aux autres, dont les principaux sont les suivants :

Sa participation à la chasse de Calydon, auprès de Méléagre ; son mariage avec Hippodamie et le combat contre les Centaures ; sa rencontre avec Thésée ; l'enlèvement d'Hélène; la descente aux Enfers.

Dans la chasse de Calydon, Pirithoos figure simplement au nombre des chasseurs, et ne joue aucun rôle actif. Dès l'Iliade, au contraire, Pirithoos passait pour le vainqueur des Centaures, épisode qui fut, plus tard, rattaché à l'histoire de son mariage avec Hippodamie. Celle-ci, quelquefois considérée comme la fille d'Adraste et d'Amphithéa, est plus généralement donnée comme la fille de Boutès, lui-même fils de Borée.

Une tradition veut que cette Hippodamie ait été parente des Centaures, et, pour cette raison, Pirithoos aurait invité ceux-ci à son mariage. Mais on notera que, comme fils d'Ixion; Pirithoos est le "demi-frère" des Centaures, et que cela justifie à soi seul la présence de ceux-ci aux noces. Quoi qu'il en soit, les Centaures, excités par le vin, tentèrent de violer Hippodamie et de ravir les femmes présentes. Un violent combat s'engagea entre les Centaures et les Lapithes (les compatriotes de Pirithoos) au cours duquel beaucoup de Centaures furent tués.

On admet assez souvent que Thésée était, dès ce moment, l'ami de Pirithoos, et qu'il participa à cette bataille mémorable. Du mariage de Pirithoos et d'Hippodamie naquit un fils, Polypoetès. Pour expliquer l'amitié de Thésée et de Pirithoos on racontait que celui-ci, ayant entendu parler des exploits du héros, avait décidé de l'éprouver, et il s'était mis en devoir de dérober des troupeaux appartenant à Thésé, dans la région de Marathon.

Les deux jeunes gens se rencontrèrent, mais furent séduits par la beauté l'un de l'autre. Spontanément, alors que le combat semblait devoir s'engager entre eux, Pirithoos offrit réparation à Thésée pour les animaux qu'il avait dérobés et se déclara son esclave. Piqué d'émulation, Thésée refusa cette offre et déclara oublier le passé. Leur amitié naissante fut scellée par un serment. Et, depuis lors, les deux héros accomplirent ensemble tous leurs exploits.

Thésée et Pirithoos avaient juré de se donner mutuellement comme épouse une fille de Zeus. C'est ainsi que Pirithoos fut amené à participer à l'enlèvement d'Hélène par Thésée, et que, réciproquement, Thésée accompagna son ami aux Enfers pour y enlever Perséphone, la femme d'Hadès, qui était fille de Zeus et de Déméter.

Les deux amis parvinrent bien jusqu'aux Enfers, mais ils ne purent en sortir. Ils furent gardés prisonniers jusqu'à la venue d'Héraclès. Celui-ci parvint bien à ramener Thésée au jour, mais, lorsqu'il tenta de délivrer Pirithoos, la terre trembla, et Héraclès, comprenant que les dieux ne voulaient pas libérer le coupable, abandonna son entreprise. C'est ainsi que Pirithoos demeura aux Enfers, pendant que Thésée remontait parmi les vivants.

Une version évhémériste, rapportée par Pausanias, voulait que, en réalité, Thésée et Pirithoos fussent allés en Epire. à la cour d'un certain roi Haedonée (dont le nom aurait été confondu avec celui d'Hadès), dont la femme s'appelait Perséphone et la fille Coré. Il y avait, en outre, un chien, nommé Cerbère, fort méchant.

Thésée et Pirithoos prétendirent qu'ils venaient demander la main de la jeune fille. En réalité, ils avaient l'intention d'enlever Perséphone et Coré. La main de Coré était promise au héros qui réussirait à vaincre le chien Cerbère. Mais, Haedonée ayant appris les véritables desseins des deux compères, les fit arrêter.

Pirithoos, le plus coupable, fut livré au chien Cerbère, qui n'en fit qu'une bouchée. Thésée était gardé en prison, jusqu'au jour où Héraclès, qui se trouvait un ami de la maison, pria le roi de délivrer Thésée. El celui-ci recouvra ainsi sa liberté.

PLÉIADES Les

Les Pléiades sont sept sœurs qui, divinisées, devinrent les sept étoiles de la constellation dite des Pléiades. Elles sont les filles d'Atlas, le Géant, et de Pléioné.

Elles s'appelaient : Taygèlè, Electre, Al-cyoné, Astéropé. Célaeno, Maia, Meropé. Il existait une autre tradition, suivie par Callimaque dans un poème dont un fragment seulement nous a été conservé, selon laquelle les Pléiades étaient filles d'une reine des Amazones, et qu'on leur devait l'institution des chœurs de danses et des fêtes nocturnes.

Dans cette tradition, leurs noms étaient : Coccymo, Glaucia, Protis, Parthénia, Maia, Stonychia, Lampado.
Enfin, Calypso et Dioné sont parfois données comme des Pléiades.

Toutes les Pléiades s'unirent à des dieux, sauf une, Méropé, qui épousa Sisyphe, et qui en eut honte; c'est pourquoi l'étoile qui lui est consacrée est la moins brillante de la constellation. Selon la tradition d'Apollodore, venaient s'ajouter quelques variantes : par exemple, les deux fondateurs de la ville qui devint plus tard Trézène, Hypérès et Anthas, passaient pour les fils de Poséidon et d'Alcyoné. De même, Nyctée passait parfois pour un fils de Poséidon et de Célaeno.

On racontait que les Pléiades, en compagnie de Pléioné, se trouvaient un jour en Béotie quand elles rencontrèrent le terrible chasseur Orion, qui s'éprit d'amour pour elles. Pendant cinq ans, Orion les poursuivit, mais, à la fin, les Pléiades furent changées en colombes. Pris de pitié pour elles, Zeus les transforma en étoiles.

Mais il existait d'autres traditions : leur transformation aurait été causée par le chagrin qu'elles éprouvèrent lorsque leur père Atlas fut condamné par Zeus à supporter le Ciel sur ses épaules. On racontait aussi que les Pléiades, et leurs cinq sœurs, les Hyades, avaient été transformées en étoiles à la suite de la mort de leur frère, Hyas, piqué par un serpent. Au moment de la chute de Troie, la Pléiade Electre, de qui descendait la race des rois troyens, quitta, de désespoir, la compagnie de ses sœurs, et fut transformée en comète.

PRIAPE

Priape, le grand dieu de la ville asiatique de Lampsaque, passait le plus souvent pour le fils de Dionysos et Dionysos et d'Aphrodite. On le représentait sous la forme d'un personnage ithyphallique (qui désigne celui qui a un phallus), préposé à la garde des vignobles et des jardins, en particulier à celle des vergers.

Son attribut essentiel avait, en effet, la vertu de détourner le "mauvais œil"et de rendre vains les maléfices des envieux qui cherchaient à nuire aux récoltes". De plus, symbole de fécondité, Priape était "d'un bon exemple" par magie sympathique, pour les plantes de l'enclos où il se trouvait. Comme dieu asiatique, et comme dieu de la fécondité, Priape se trouva inclus dans le cortège de Dionysos, d'autant plus aisément qu'il n'était pas sans ressemblance avec Silène et les Satyres.

De plus, comme Silène, Priape était souvent représenté en compagnie d'un âne. Et, à ce sujet, on racontait la légende suivante : au cours d'une fête dionysiaque, Priape avait rencontré la nymphe Lotis, dont il était devenu amoureux. Pendant la nuit, il chercha à la surprendre, mais, au moment où il allait parvenir à ses fins, l'âne de Silène se mil à braire, réveillant Lotis et toutes les Bacchantes.

Priape, tout confus, dut renoncer à ses projets. C'est en souvenir de cette aventure qu'on le représentait en compagnie d'un âne. Une variante de celle légende se racontait à Rome, et, à la place de Lotis, on mettait la déesse Vesta (Hestia chez les grecs). C'est au moment où il s'apprêtait à lui faire violence, qu'un un âne s'était mis à braire, éveillant la déesse, et la rendant consciente du danger qu'elle courrait.Depuis lors, on sacrifiait un âne à Priape, mais, à la fête de Vesta, on couronait les ânes de fleurs.

D'autres légendes s'étaient formées autour de Priape, et la tradition qui en faisait un fils de Dionysos et Dionysos et d'Aphrodite n'était pas universellement acceptée. Selon certains mythographes, la difformité physique de Priape était due à des maléfices d'Héra.

Lorsque Aphrodite était venue de chez les Ethiopiens, après sa naissance, elle avait  surpris tous les dieux par sa beauté. Zeus en était devenu amoureux et l'avait possédé. Aphrodite était sur le point d'avoir un enfant, mais Héra, craignant que cet enfant, s'il possédait la beauté de sa mère et la puissance de son père, ne devînt un danger pour les Olympiens, jalouse en outre des amours de son mari, toucha le ventre d'Aphrodite et fit si bien que son enfant naquit difforme.

En venant au monde, Priape était doué d'un membre viril énorme, démesuré. En le voyant, Aphrodite eut peur que son fils, et elle même, ne devinssent la risée de tous les dieux, et elle l'abandonna dans la montagne. Là, l'enfant fut découvert par des bergers, qui l'élevèrent et rendirent un culte à sa virilité. C'est pourquoi, disait-on, Priape était resté un dieu rustique.

Une autre tradition, très semblable, faisait de Priape le fils d'Aphrodite et d'Adonis, attribuant également aux maléfices d'héra sa difformité.

Dans l'interprétation évhémériste de la légende de Priape, on disait que celui-ci était un citoyen de la ville de Lampsaque, que sa difformité avait fait bannir de la ville, et qui avait été recueilli par les dieux. Après quoi, on l'avait préposé à la garde des jardins.

Selon Diodore, Priape était rattaché au mythe d'Osiris ; il serait la déification par Isis de la virilité d'Osiris. De plus, Diodore assimile Priape et Hermaphrodite.

Dernière mise à jour le 22/01/2016
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