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Thésée (Thêseus)

Thésée est le héros par excellence de l'Attique, et le symétrique du héros dorien Héraclès, dont les principaux exploits eurent le Péloponnèse pour théâtre. Nos principales sources sur sa légende sont sa Vie, écrite par Plutarque, et les notices d'Apollodore et de Diodore.

Thésée passait pour avoir vécu une génération avant la guerre de Troie, à laquelle prirent part ses deux fils, Démophon et Acamas. Il est toutefois plus jeune qu'Héraclès d'une génération au moins, et certaines traditions associent les deux héros dans les grandes expéditions collectives de l'âge légendaire, la quête de la Toison d'Or et la guerre contre les Amazones.

Mais il s'agit là d'harmonisations artificielles destinées à imposer à la légende une chronologie vraisemblable.

Les origines et l'enfance de Thésée

Thésée The Minotaure... blockbuster de 1960

Il existe deux traditions sur les origines de Thésée : la tradition humaine et la tradition divine. La première en fait un fils d'Egée el d'Aethra, qui unit ainsi en lui-même le sang d'Erechthée et, par le père de celui-ci, Erichthonios, celui d'Héphaïstos, à celui de Pélops et de Tantale.

On racontait comment Egée, ne pouvant avoir d'enfants de ses femmes successives, était allé interroger l'oracle de Delphes. Le dieu lui avait répondu par des vers obscurs, lui défendant "de délier le col de l'outre à vin avant d'être parvenu dans la cité d'Athènes". Ne comprenant pas ce que cela signifiait, Egée s'était détourné de son chemin pour consulter le roi de Trézène, Pitthée, l'un des fils de Pélops.

Pitthée comprit aussitôt le sens de l'oracle; il s'arrangea pour enivrer Egée et, pendant la nuit, mit près de lui sa fille, Aethra. Egée s'unit à elle, et elle conçut un enfant, qui devait être Thésée. Mais on disait aussi que Thésée était en réalité le fils du dieu Poséidon. La nuit même où Aethra s'unit à Egée, elle était allée d'abord, trompée par un songe que lui avait envoyé Athéna, offrir un sacrifice dans une île, et, là, avait été prise de force par le dieu Poséidon, qui lui avait donné un fils. C'est ce fils qu'Egée avait pensé être le sien.

A ce moment, chaussé des sandales et armé de l'épée, il devait partir à la recherche de son père, en grand secret, pour éviter que les Pallantides ne machinent sa perte.

Quoi qu'il en soit, Thésée passa ses premières années à Trézène, confié à son grand-père Pitthée. Egée, qui craignait ses neveux, les Pallantides, n'avait pas voulu emmener l'enfant à Athènes. En partant, il avait dissimulé une épée et une paire de sandales derrière un grand rocher, et il avait confié ce secret à Aethra, lui recommandant de ne le révéler au fils qui lui naîtrait que lorsque l'enfant serait assez fort pour déplacer seul le rocher et prendre les objets qu'il dissimulait.

Thésée eut comme pédagogue un certain Connidas, auquel les Athéniens de l'époque historique sacrifiaient encore un bélier la veille de la fête de Thésée. On racontait aussi à Trézène un acte de vaillance de l'enfant: un jour qu'Héraclès était l'hôte de Pitthée, el qu'il avait déposé sa peau de lion auprès de lui, les enfants du palais, croyant qu'un lion vivant avait pénétré dans la pièce, s'enfuirent en poussant des cris. Seul, Thésée, alors âgé de sept ans, avait pris une arme à l'un des serviteurs et attaqué le monstre.

Devenu adolescent, Thésée se rendit à Delphes, où il offrit, selon la coutume, sa chevelure au dieu. Mais au lieu de couper entièrement ses cheveux, il se contenta de raser le devant de sa tête, à la manière des Abantes, une population belliqueuse mentionnée dans l'Iliade), instaurant ainsi une coutume encore attestée à l'époque historique.

Le retour à Athènes.

A l'âge de seize ans, Thésée avait atteint un tel degré de vigueur qu'Aethra jugea le moment venu de lui révéler le secret de sa naissance. Elle le conduisit auprès du rocher où Egéeavait dissimulé l'épée et la sandale. Le jeune homme, d'un effort, déplaça le rocher, prit les objets, et décida d'aller à Athènes se faire reconnaitre. Se souvenant des recommandations d'Egée, désireuse d'éviter tout danger à son fils, elle le pria instamment de prendre la route de mer pour se rendre de Trézène en Attique, et Pitthée joignit ses instances aux siennes.

Thésée Thésée en version 1961

Pour cela, il représenta à Thésée tous les périls qui l'attendaient s'il suivait la route de terre, le long de l'Isthme de Corinthe. A ce moment, en effet, Héraclès était captif en Lydie, auprès d'Omphale, et tous les monstres qui, jusque-là, s'étaient dissimulés, par peur du héros, relevaient la tête et recommençaient leurs ravages.

C'est ainsi que l'Isthme était infesté de brigands. Mais Thésée ne voulut rien entendre. Jaloux de la gloire d'Héraclès, il décida de l'imiter. Il tua successivement : Périphétès, à Epidaure, et s'empara de sa massue ; le brigand Sinis, à Cenchrées, qui écartelait les voyageurs à l'aide d'un pin ; la truie de Crommyon, un animal féroce, qui avait déjà tué beaucoup d'hommes. Elle passait pour le produit de Typhon et d'Echidna. On l'appelait Phaea, du nom de la vieille femme qui la nourrissait. Thésée tua l'animal d'un coup d'épée.

Parvenu aux Roches Scironiennes, il mit à mort le brigand Sciron. Ensuite, il lutta contre Cercyon, à Eleusis, et le tua. Un peu plus loin, il fit justice de Damastès, surnommé Procruste.

Après avoir surmonté toutes ces épreuves, Thésée parvint au bord du Céphise, où il fut rencontré par des hommes de la race des Phylatides, qui l'accueillirent favorablement et acceptèrent de le purifier des meurtres qu'il avait commis. Ainsi purifié, Thésée entra dans Athènes. C'était le huitième jour du mois d'Hecatombéon.

Et, en ce temps-là, les affaires de la ville étaient dans la plus extrême confusion. Egée était alors au pouvoir de la magicienne Médée, qui avait promis de le délivrer de sa désolante stérilité par ses incantations. Thésée arriva, précédé d'une grande réputation de destructeur de monstres, et Médée devina aussitôt sa véritable identité. Mais Egée, qui ignorait que cet étranger était son fils, eut peur. Médée ne fit rien pour le détromper ; elle lui persuada, au contraire, d'inviter le jeune homme à un diner, sous prétexte de l'honorer, mais en réalité, pour s'en débarrasser en l'empoisonnant.

Thésée accepta l'invitation, et ne voulut pas se faire reconjnaitre immédiatement. Mais, au cours du repas, il tira l'épée qu'il tenait de son père, comme pour découper la viande avec. A cette vue, Egée renversa la coupe de poison, déjà préparée, et reconnut officiellement son fils, devant tous les citoyens assemblés. Médée fut exilée, et répudiée par Egée.

On racontait aussi qu'avant de tenter de l'empoisonner, Médée avait essayé de le faire périr en l'envoyant combattre un taureau monstrueux qui ravageait la plaine de Marathon, et dont on raconte parfois qu'il n'était autre que le taureau de Crète ramené par Héraclès en Péloponnèse, d'où il s'était échappé.

Ce taureau lançait du feu par les naseaux. Thésée le captura, l'enchaina, et l'offrit en sacrifice à Apollon Delphinios. Ce sacrifice, disait on, eut lieu en présence d'Egée, el lorsque Thésée (qui ne s'était pas fait reconnaitre) tira son épée pour trancher les poils du front de l'animal (comme le voulait le ritehabituel de consécration), Egée reconnut l'arme qu' il avait laissée derrière le rocher, à Trézène.

Cette version de la reconnaissance, incompatible avec celle que nous avons rapportée, est sans doute une invention d'un poète tragique.

C'est au cours de la chasse du taureau de Marathon que se place l'épisode d'Hécalè, raconté par Callimaque dans un petit poème célèbre. Hécalé était une vieille femme qui vivait dans une chaumière, à la campagne. Et c'est chez elle que le héros passa la nuit qui précéda la capture du taureau.

Hécalé l'assista pendant cette veillée d'armes, et lui fit mille amitiés; elle promit d'offrir un sacrifice à Zeus si le jeune homme revenait vivant de son entreprise. Mais, lorsqu'il revint, avec sa proie, Hécalé était morte, et déjà déposée sur le bûcher. Thésée fonda alors en son honneur un culte de Zeus Hécalésios.

Une fois officiellement reconnu par son père, Thésée eut à lutter contre ses cousins, les cinquante fils de Pallas. Aussi longtemps qu'Egée était resté sans enfants, les Pallantides avaient espéré se partager sa succession. Mais lorsqu'ils virent celle-ci leur échapper, avec le retour de Thésée, ils se soulevèrent, et tentèrent d'obtenir le pouvoir par la force.

Ils se partagèrent en deux troupes, l'une attaqua la cité ouvertement depuis Sphettos; l'autre se mit en embuscade à Gargettos, pour prendre leurs ennemis à revers. Mais ils avaient avec eux un héraut, originaire d'Agnous, nommé Léos. Ce Léos dévoila à Thésée le plan desPallantides. Thésée attaqua le groupe qui se trouvait en embuscade, et le massacra. Les autres se dispersèrent, et la guerre fut terminée.

On expliquait par celle anecdote le fait que les gens d'Agnous ne se mariaient jamais à Pallènè (le villaga dont Pallas était l'éponyme). Pour expier ce meurtre des Pallantides, on disait quelquefois que Thésée avait été exilé d'Athènes et avait dû passer un an à Trézène.

Telle est la version suivie par Euripide dans son Hippolyte, mais, comme il ajoute que Thésée était alors accompagné de Phèdre, et que c'est là que celle-ci conçut sa passion coupable pour son beau-fils, il s'ensuit que la chronologie ordinaire des événements se trouve modifiée, et que l'expédition contre les Amazones est placée antérieurement au massacre des Pallanlides, ce qui est contraire à la tradition la plus répandue, et parait bien être une innovation du poète.

Le cycle crétois

Thésée, vainqueur du Minotaure dans le labyrinthe de Dédale Thésée rencontre le Minotaure

On sait qu'à la suite de la mort d'Androgée, le fils de Minos, celui-ci avait exigé des Athéniens un tribut payable tous les neuf ans, de sept jeunes gens et de sept jeunes filles. Lorsque arriva le moment de fournir ce tribut pour la troisième fois, les Athéniens commencèrent à murmurer contre Egée. Thésée réfléchit el, pour les apaiser, se désigna volontairement pour être envoyé en Crète. On racontait aussi que Minos choisissait lui-même les victimes, et qu'il réclama Thésée, en convenant que les jeunes gens devaient venir sans armes, mais que, s'ils réunissaient à tuer le Minotaure, auquel ils devaient être jetés en pâture, ils auraient le droit de s'en retourner librement.

Thésée partit sur un vaisseau athénien, le sixième jour du mois de Mounychion.

Le pilote était Nausithoos, un homme de Salamine, que lui avait donné le roi de cette ville, Sciros, parce que le petit-fils de celui-ci, Ménesthès, faisait partie des jeunes gens que l'on envoyait à Minos. Parmi les Jeunes filles, figurait Eriboea, ou Périboea, la fille du roi de Mégare Alcathoos.

Au sujet de Périboea, on racontait l'histoire suivante : Minos, qui, dans celle version, était venu chercher lui-même le tribut, devint amoureux de la jeune fille au cours de la traversée. Elle appela Thésée à son secours, et Thésée déclara à Minos qu'en qualité de fils de Poséidon, il était aussi noble que lui, bien qu'il fût le fils de Zeus.

Minos pria alors son père, qui lança un éclair. Pour mettre Thésée à l'épreuve, Minos lança alors un anneau dans la mer, et lui ordonna, s'il était véritablement le fils de Poséidon, de le lui rapporter. Thésée plongea immédiatement, et fut reçu dans le palais de son père, qui lui remit l'anneau de Minos.

Plus tard, Thésée aurait épousé Périboea, qui fut célèbre, surtout, comme femme de Télamon. En parlant, Thésée avait reçu de son père deux jeux de voiles pour le navire ; Des voiles noires, pour l'aller, car le voyage était funeste. Mais Thésée avait réussi à inspirer à tout le monde tant de confiance en sa valeur que l'on ne  doutât pas qu'il ne parvint à tuer le Minotaure.

C'est dans cet espoir, et parce que l'on escomptait que le voyage du retour joyeux, qu'Egée l'avait muni de voiles blanches.

Arrivé en Crète, Thésée fut enfermé, ainsi que ses compagnons, dans le Labyrinthe, qui était le "palais"  du Minotaure. Mais, auparavant, il avait été aperçu par Ariane, l'une des filles de Minos, qui en était devenue amoureuse, et lui avait donné une pelote de fil, afin qu'il pût retrouver son chemin dans le Labyrinthe.

Selon une autre version, Ariane lui avait donné non une pelote de fil, mais une couronne lumineuse, qu'elle avait reçue comme cadeau de fiançailles de Dionysos; et c'est grâce à la lumière de cette couronne que Thésée aurait retrouvé son chemin dans le Labyrinthe obscur.

Parfois, enfin, celle couronne divine n'était pas considérée comme un cadeau d'Ariane, mais d'Amphitrite, qu'elle avait fait au héros lorsque celui-ci était descendu dans le palais de Poséidon, pour rechercher l'anneau de Minos.

Ariane, avant d'aider Thésée y avait mis comme condition qu'il l'épouserait et l'emmènerait avec lui dans sa patrie. Thésée avait promis, et il tint sa promesse. Lorsqu'il eut tué le Minotaure (en l'assommant à coups de poing), il saborda les navires des Crétois pour empêcher toute tentative de poursuite et mit à la voile, la nuit accompagné d'Ariane et des jeunes Athéniens que son exploit avait sauvés.

Selon la version la plus célèbre de la légende, Thésée parvint à Naxos un soir, et fit escale. Ariane s'endormit et, quand elle s'éveilla, elle était seule. A l'horizon, disparaissait le navire de Thésée, qui l'avait abandonnée. Les mythographes s'interrogeaient sur la cause de cet abandon. Les uns assuraient que Thésée aimait une autre femme, Aeglé, la fille du Phocidien Panopée. D'autres, qu'il avait abandonné la jeune femme sur l'ordre de Dionysos, qui avait aperçu Ariane et en était devenu amoureux. D'autres encore, que le dieu l'avait enlevée pendant la nuit, ou bien, ce seraient Athéna, ou encore Hermès, qui auraient enjoint à Thésée d'abandonner Ariane. Celle-ci fut épousée ensuite par Dionysos, qui l'emmena au pays des dieux.

Il existait encore d'autres versions de l'épisode d'Ariane. Par exemple, que le navire qui la portait, avec Thésée, avait été entrainé par la tempête jusqu'à Chypre. Ariane, qui était enceinte, et fort éprouvée par le mal de mer, avait débarqué. Thésée était remonté sur le navire, pour veiller à sa sécurité, mais un coup de vent l'avait entraîné au large. Les femmes de l'île, prenant pitié de la femme abandonnée, l'avaient soignée, lui avaient apporté des lettres qu'elles avaient écrites elles-mêmes, et qu'elles disaient venir de Thésée. Mais Ariane était morte en donnant le jour à son enrant. Plus tard, Thésée était revenu, avait donné de l'argent aux femmes et avait institué un rituel et un sacrifice en l'honneur d'Ariane.

Sur le chemin du retour, Thésée fit une autre escale, à Délos, où il consacra, dans le temple, une statue d'Aphrodite, que lui avait donnée Ariane. Là, il dansa, avec les Jeunes gens sauvés, une danse circulaire compliquée, qui représentait les sinuosités du Labyrinthe. Ce rite subsista à l'époque historique.

Arrivé en vue des côtes de l'Attique, Thésée, tout au chagrin de la perte d'Ariane, oublia de changer les voiles noires de son navire et d'arborer la voile blanche signe de victoire. Egée, qui guettait son retour sur le rivage, aperçut la voile noire et, croyant que son fils avait péri, se précipita dans la mer, qui prit alors le nom de mer Egée.

On racontait aussi que le vieillard surveillait la mer du haut de l'Acropole, à l'endroit où s'élève maintenant le temple de la Victoire Aptère.

Lorsqu'il vit la voile noire, il se précipita du haut de la falaise et se tua.

Activité politique à Athènes

Thésée Thésée en version 2011

Après la mort d'd'Ariane, Thésée, débarrassé des Pallanlides, prit le pouvoir en Attique. Son premier acte fut de réaliser le "synoecisme", c'est-à-dire de réunir en une seule cité les habitants jusque-là disséminés dans la campagne. Athènes fut la capitale de l'Etat ainsi constitué.

Il la dota des bâtiments politiques essentiels : le Prytanée, la Boulè, etc. Il institua la fête des Panathénées, symbole de l'unité politique de l'Attique. Il battit monnaie, divisa la société en trois classes: les Nobles, les Artisans et les Cultivateurs, et instaura, dans ses grandes lignes, le fonctionnement de la démocratie, telle qu'elle existait à l'époque classique.

IIl conquit la ville de Mégare et l'incorpora à l'Etat qu'il avait créé. A la frontière du Péloponnèse et de l'Attique, il érigea une stèle pour marquer la limite des deux pays: d'un côté le pays dorien, de l'autre, le pays ionien. Et, de même qu'Héraclès avait fondé les jeux Olympiques, en l'honneur de Zeus, de même, Thésée fonda, ou plutôt réorganisa les jeux Isthmiques, à Corinthe, en l'honneur de Poséidon.

C'est sous le règne de Thésée qu'eut lieu l'expédition des Sept contre Thèbes. Déjà, Thésée avait accordé sa protection à Oedipe lorsque celui-ci avait cherché refuge à Colone ; de la même façon, il assura la sépulture des héros tombés devant la ville. Le même rôle sera prêté à son fils Démophon, au moment du retour des Héraclides.

La Guerre des Amazones.

La tradition conservait le souvenir d'une guerre que les habitants de l'Attique avaient eu à soutenir contre les Amazones, qui avaient envahi leur pays. Sur les origines de cette guerre, les récits différaient.

On disait parfois que Thésée avait participé à l'expédition d'Héraclès, et qu'il avait reçu Antiopé, l'une des Amazones, comme captive, en récompense de ses exploits. Mais la plupart des mythographes racontaient qu'il était allé seul enlever Antiopé. Ayant abordé clans le royaume des Amazones, il avait été bien accueilli, car ces guerrières ne détestaient pas les étrangers et elles lui avaient envoyé des présents.

Thésée avait invité celle qui les lui apportait, Antiopé, à monter à son bord. Une fois la jeune femme auprès de lui, il avait mis traîtreusement à la voile. Telle aurait été la cause de la guerre.

Les Amazones marchèrent alors en force contre Athènes, s'emparèrent de l'Attique et fixèrent leur camp dans la cité même. La bataille décisive eut lieu auprès de la Pnyx, au pied de l'Acropole, le jour où, à l'époque classique, on célébrait la fête des Boédromies. Les Amazones remportèrent un succès passager, mais une de leurs ailes fut enfoncée par les Athéniens, et elles furent obligées de signer la paix.

Il existait d'autres versions de cette guerre, qui faisaient intervenir les aventures amoureuses de Thésée. Selon certains auteurs, ce n'est pas pour délivrer Antiopé que les Amazones auraient attaqué l'Attique, mais parce que Thésée avait répudié Antiopé, après qu'il eut épousé Phèdre, que lui avait donné Deucalion, le fils de Minos.

Antiopé qui avait eu un fils de Thésée (Hippolyte), voulut se venger et organisa une expédition contre l'Attique. L'attaque eut lieu le jour même du mariage de Thésée et de Phèdre. Antiopé, à la tête des Amazones, essaya d'envahir la salle du festin, mais les hôtes réussirent à fermer les portes et à tuer Antiopé. Dans l'autre version, qui présentait l'expédition comme une tentative des Amazones pour délivrer Antiopé, Thésée restait fidèle à celle-ci, qui prenait son parti contre ses sœurs, et tombait dans la bataille.

C'est seulement à la suite de sa mort que Thésée épousait Phèdre. Enfin, une tradition obscure assurait que, sur l'ordre d'un oracle, Thésée avait immolé Antiopé, au début de la guerre, en sacrifice à Phobos (la divinité de la Peur).

L'amitié avec Pirithoos

C'est à la maturité de Thésée qu'appartiennent plusieurs épisodes dont le caractère commun est d'être la conséquence de son amitié avec Pirithoos, le héros lapithe. On sait comment était née celte amitié, et comment Pirithoos, séduit par les exploits et la réputation de Thésée, avait désiré le mettre à l'épreuve. Mais, au moment d'attaquer le héros, il fut frappé d'une telle admiration pour lui qu'il renonça au combat et se déclara son esclave.Thésée, piqué d'émulation, lui accorda son amitié.

Auprès de Pirithoos, Thésée participa au combat des Lapithes contre les Centaures. Puis, un jour, les deux amis décidèrent de n'épouser que des filles de Zeus, étant donné que tous deux étaient fils des deux plus grands dieux, Thésée, de Poséidon, et Pirithoos, de Zeus. Thésée décida d'obtenir la main d'Hélène, et Pirithoos, celle de Perséphone.

Les deux amis commencèrent par enlever Hélène. Thésée avait alors cinquante ans, et Hélène n'était pas encore nubile. Choqués par cette disproportion d'âges, certains mythographes assurèrent que Thésée ne l'enleva pas lui-même, mais que les auteurs du rapt furent Idas et Lyncée, et qu'ils la confièrent à Thésée ; ou encore que le père d'Hélène, Tyndare, la lui donna en garde, par peur d'un des fils d'Hippocoon, qui voulait l'enlever.

Mais la version ln plus généralement répandue et, considérait-on, la plus vraisemblable, est La suivante : Thésée et Pirithoos allèrent ensemble à Sparte, et ils enlevèrent Hélène alors qu'elle exécutait une danse rituelle dans le temple d'Artémis Orthia. Puis, ils s'enfuirent.

On les poursuivit, mais les poursuivants s'arrêtèrent à Tégée. Les deux compagnons, une fois en sûreté, décidèrent de tirer Hélène au sort, et celui qui serait favorisé promettait d'aider l'autre à conquérir  Perséphone. On tira au sort, et Thésée obtint Hélène. Mais comme elle n'était pas encore en âge de se marier, il l'emmena à Aphidna, en grand secret, et la laissa sous la garde de sa mère, Aethra. Puis, il partit conquérir Perséphone.

Pendant son absence, les Dioscures, frères d'Hélène, Castor et Pollux, envahirent l'Attique à la tête d'une armée d'Arcadiens et de Lacédémoniens. Ils commencèrent par réclamer pacifiquement leur sœur au peuple d'Athènes. Mais, lorsque celui-ci dut avouer qu'il n'avait pas la jeune fille, et qu'il ne savait pas où elle se trouvait, ils prirent une attitude belliqueuse. Alors, un certain Académos, qui avait appris l'emplacement de la cachette où Hélène était dissimulée, leur révéla le secret.

C'est pourquoi, lors des nombreuses invasions de l'Attique par les Lacédémoniens, à l'époque historique, leurs armées épargnèrent toujours l'Académie, qui était le jardin funéraire du héros Académos.

Sachant qu'Hélène était cachée à Aphidna, lesDioscures, prirent la ville, et retrouvèrent leur sœur, emmenant aussi en captivité Aethra. Puis, ils installèrent sur le trône d'Athènes un arrière petit-fils d 'Erechthée, nommé Ménesthée, qui groupa autour de lui les mécontents, notamment les nobles, irrités des réformes de Thésée.

Aux Enfers, cependant, Thésée et Pirithoos étaient victimes de leur témérité. Ils furent apparemment bien accueillis par Hadès, qui les invita à s'asseoir à sa table, pour prendre part à un banquet. Mais, rivés à leur siège, ils ne purent plus se lever, et furent retenus prisonniers. Lorsque Héraclès descendit aux Enfers, il voulut les délivrer; mais, seul, Thésée reçut des dieux l'autorisation de remonter sur terre.

Pirithoos demeura éternellement assis sur la Chaise d'Oubli. On racontait qu'en Cuisant effort pour s'arracher à son siège, Thésée y avait laissé attachée une partie de lui-même, et cela expliquait que les Athéniens aient eu, de tout temps, des hanches fort peu charnues.

La mort de Thésée

Lorsque Thésée, délivré par Héraclès de sa captivité, revint à Athènes, il trouva la situation fort critique : les factions se partageaient le pouvoir, et lui-même n'était plus roi que de nom.

A la fin, désespérant de se rétablir sur le trône, il envoya en secret ses enfants en Eubée, auprès d'Eléphénor, le fils de Chalcodon et lui-même s'exila en maudissant Athènes. On racontait, tantôt qu'il avait tenté de se réfugier en Crète, auprès de Deucalion, son beau-frère, mais qu'il avait été jeté par une tempête sur la côte de Scyros, et tantôt, qu'il était spontanément allé à Scyros, trouver le roi Lycomède, auquel l'unissaient des liens de parenté.

De plus, il possédait, dans l'île, des  domaines familiaux. Le roi Lycomède l'accueillit apparemment avec faveur, mais l'emmenant sur une montagne, pour lui montrer, disait-il, la perspective de l'ile, il le précipita traîtreusement du haut d'un rocher et le tua.

D'autres auteurs assurent que Lycomède n'y était pour rien, mais que Thésée se tua accidentellement, en se promenant dans la montagne, un soir, après souper.

Quoi qu'il en soit, sur le moment, cette mort passa inaperçue. Ménesthée continua de régner à Athènes, comme l'avaient voulu les Dioscures, et les deux fils de Thésée participèrent en simples particuliers à la guerre de Troie. A la mort de Ménesthée, ils revinrent, et retrouvèrent le royaume.

Lors de la bataille de Marathon, contre les Perses, les soldats athéniens virent un héros d'une grandeur prodigieuse combattre à leur tête; et ils comprirent que c'était Thésée. Après les guerres médiques, l'oracle de Delphes ordonna aux Athéniens de recueillir les cendres de Thésée et de leur donner une sépulture honorable dans leur ville.

Cimon exécuta l'ordre de la Pythie. Il conquit l'île de Scyros et, là, vit un aigle qui, posé sur un tertre, grattait la terre de ses serres. Cimon, inspiré par le ciel, comprit la signification du prodige. Il fouilla le tertre, dans lequel il trouva un cercueil contenant un héros d'une grandeur prodigieuse, auprès duquel étaient déposées une lance de bronze ainsi qu'une épée.

Cimon ramena ces reliques sur sa trière, et les Athéniens accueillirent les cendres de leur héros avec des fêtes magnifiques. On leur donna une sépulture digne d'elles dans la ville, près de l'emplacement où s'éleva, plus tard, le gymnase de Ptolémée. Ce Lambeau devint un lieu d'asile pour les esclaves fugitifs, et les pauvres gens persécutés par les riches, car, de son vivant, Thésée avait été le champion de la démocratie.

Dernière mise à jour le 19/01/2016
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