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MYTHOLOGIE GRECQUE - PALEONTOLOGIE

HISTOIRE DE FRANCE - SYSTEME SOLAIRE - LECTURE - PHILATELIE


Dictionnaire de la Mythologie grecque de A à E

ACADÉMOS

Héros attique qui révéla aux Dioscures l'endroit où Thésée retenait prisonnière leur sœur Hélène, lorsque, après l'enlèvement de celle-ci, Castor et Pollux parcouraient la Grèce à sa recherche.

Académos avait son tombeau dans la banlieue d'Athènes, au delà, du quartier du Céramique. Ce tombeau était entouré d'un bois sacré, rendu célèbre par Platon, qui y installa son école, l'Académie. Le nom de l'Académie est aussi parfois dérivé de celui d'Echédémos, un Arcadien, compagnon des Dioscures dans la même expédition.

ACHÉRON

Fleuve achéronCharon sur le fleuve Achéron

C'est avec l'Odyssée qu'apparaît une description du monde souterrain des Enfers mentionnant le fleuve Achéron, à coté du Pyriphlégéton et du Cocyte. L'Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx,  il est le fleuve que doivent traverser les âmes, pour parvenir à l'Empire des Morts.

Un passeur, Charon, est chargé de les transporter d'une rive à l'autre. Ce fleuve est presque stagnant ; ses bords sont encombrés de roseaux et lourds de vase.

Une tradition en fait un fils de la Terre (Gaïa) condamné à rester sous terre en punition d'une antique faute : pendant le combat entre les Olympiens et les géants, l'Achéron avait consenti à donner à boire à ceux-ci, altérés par la lutte.

Avec Orphné, la Nymphe de l'Obscurité ou encore avec Gorgyra, Achéron avait engendré Ascalaphos, le jeune homme transformé en chouette par Déméter.

Il existait un fleuve nommé Achéron en Epire, sur la côte occidentale de la Grèce continentale ; ce fleuve traversait une contrée sauvage et, pendant un certain trajet, se perdait dans une faille profonde. Quand il réapparaissait, près de son embouchure, il formait un marécage malsain, dans un paysage désolé.

Une fausse étymologie (qui faisait dériver son nom du mot grec signifiant "douleur"), ainsi que les particularités du fleuve épirote, contribuèrent sans doute à faire naître l'idée que ce fleuve était en rapport avec les Enfers, et l'on transporta dans le monde souterrain les traits qu'on lui connaissait sur la terre.

Dans les croyances mystiques en faveur sous l'Empire romain, l'Achéron passait pour être situé au voisinage du pôle austral, parmi les constellations des Antipodes.

ACTOR

Actor est un héros thessalien, présenté parfois comme le fils de Myrmidon et de Pisidicé, elle-même l'une des filles d'Eole, parfois comme un Lapithe, fils de Phorbas et d'Hyrminé, la fille d'Epéios, parfois, enfin, comme le fils d'Hyrminé et d'Hélios.

Dans cette dernière version, il est alors le père d'Augias. Sur sa descendance, les traditions ne varient pas moins que sur ses parents. Tantôt, il est considéré comme te père de Ménoetios, et par conséquent le grand-père de Patrocle, et tantôt il passe pour le père "humain'' des Molionides, Eurytos et Ctéatos, et de la dynastie d'Elide. Comme beaucoup de héros thessalien, il a, on le voit, un "doublet" péloponnésien.

Actor régnait à Phères, en Thessalie, et c'est vers lui que vint Pélée lorsque, chassé par son père pour avoir tué Phocos, il cherchait quelqu'un qui voulût bien le purifier. Actor y consentit, le garda près de lui, et, lorsqu'il mourut, lui légua son royaume.

Dans cette version, la légende attribue à Actor un fils, Eurytion, qui participa à la chasse de Calydon, et une fille, Philomèle.

Un autre Actor, d'Orchomène, est un descendant de Phrixos

AETHER

Aether est la personnification du ciel supérieur, où la lumière est plus pure que dans le ciel le plus rapproché de la terre. Hésiode en fait le fils d'Erèbe et de Nyx (l'Obscurité et la Nuit), et le frère d'Héméra (la Lumière du Jour).

Selon d'autres traditions, uni à Jour, il engendra la Terre, le Ciel et la Mer, puis un certain nombre d'abstractions, comme le Chagrin, la Colère, le Mensonge, etc., ainsi qu'Océan, Thémis, Tartare, Briarée, Gygès, Stéropès (ceux dont Hésiode fait les Cyclopes), Atlas, Hypérion, Saturne, Ops, Monéta, Dioné, les trois Furies.

On reconnaît dans cette liste, donnée par Hygin, des éléments empruntés au mythe d'Ouranos. Chez les romains, Cicéron fait d'Aether le père de Jupiter (Zeus) et de Caelus (Ouranos, le Ciel personnifié), et le grand-père du Soleil (Hélios).

AEÉTÈS

Fils du Soleil et de l'Océanide Perséis, Aeétès, avait d'abord reçu de son père le royaume de Corinthe. Mais, bientôt, il avait quitté Corinthe pour la Colchide, qui est un pays situé au pied du Caucase, sur les bords de la mer Noire. Il avait pour sœurs la magicienne Circé, celle qui accueillit si étrangement Ulysse, et aussi Pasiphaé, la femme de Minos. Sur la personne de sa femme, les traditions varient.

Tantôt on la nomme Eurylyté, tantôt on lui donne comme épouse la Néréide Néère, ou bien l'Océanide Idyie, tantôt enfin la magicienne Hécate, sa propre nièce, et la fille de Persès, le roi de Tauride.

En Colchide, Aeétès régnait sur Aea, et sa capitale était la ville de Phase, au bord du fleuve du même nom. Lorsque Phrixos, s'enfuyant avec sa sœur Hellé sur un bélier à la toison d'or, qui les emportait au-dessus de la terre et de la mer, arriva en Colchide, il fut accueilli par le roi, qui lui donna une de ses filles, Chalciopé.

Phrixos sacrifia le bélier merveilleux à Zeus et donna la toison à Aeétès, qui la cloua à un chêne, dans un bois consacré à Arès, le dieu de la guerre. Jason, ayant reçu de Pélias l'ordre de lui rapporter la toison d'or, partit avec ses compagnons à sa recherche, sur le navire Argo.

Quand les Argonautes, après bien des aventures, parvinrent à Aea, le roi leur promit la toison, à la condition que Jason accomplirait certaines épreuves. Il pensait ainsi se débarrasser d'une demande importune. Mais Jason réussit, avec l'aide de Médée, la propre fille d'Aeétès, à dompter des taureaux monstrueux, et à surmonter les autres épreuves prescrites.

Aeétès lui refusa alors ouvertement la toison, et tenta d'incendier le navire Argo. Jason s'empara de force de la toison, et s'enfuit en enlevant Médée. Aeétès partit à leur poursuite, mais sa fille avait emmené avec elle le petit Apsyrtos, son frère, qu'elle tua et dont elle déchira les membres. Puis, elle les éparpilla sur la mer, et Aeétès, pour les recueillir, se laissa distancer.

Découragé, il abandonna la poursuite. Plus tard, Aeétès aurait été détrôné par son frère Persès, et rétabli dans ses droits par Médée, revenue sans se faire connaître.

AGÉNOR

Achille aux pieds légersAchille aux pieds légers

Agénor descend, par Io, et son fils Epaphos, de Zeus lui même. Epaphos, en effet, eut une fille, Libye (celle qui donna son nom à la contrée d'Afrique ainsi nommée), qui engendra, unie à Poséidon, deux jumeaux, Agénor et Bélos.

Tandis que Bélos régnait sur l'Egypte, Agénor s'établit en Syrie. Il régna sur Tyr ou Sidon. Il épousa Téléphassa, et en eut plusieurs enfants : une fille, Europe, et trois fils, Cadmos, Phoenix et Cilix. Lorsque sa fille Europe fut enlevée par Zeus, qui avait pris la forme d'un taureau, Agénor envoya ses fils à sa recherche, avec ordre de ne pas revenir avant de l'avoir trouvée. Les jeunes gens partirent et, à mesure que leur quête leur apparaissait vaine, ils fondèrent des villes, où ils s'établirent : en Cilicie, à Thèbes, à Thasos, en Thrace. Phoenix s'établit en Phénicie.

Les traditions diffèrent sur le nom des fils d'Agénor. Euripide nomme Cilix, Phénix et Thasos. Pausanias nomme Thasos, et Hérodote parle de colonies phéniciennes établies dans l'ile de ce nom, ainsi que d'une colonie établie dans l'île de Théra par Cadmos. Diodore de Sicile en connaît une, fondée également par Cadmos, à Rhodes. Ces légendes sont des traditions locales gardant le souvenir d'établissements phéniciens, dont elles jalonnent l'expansion.

Parfois, au lieu de Téléphassa, on donne comme femme à Agénor Argiopé, ou encore sa nièce Antiopé, fille de Bélos.

ALCINOOS

Lorsque Ulysse, après son dernier naufrage, en revenant de l'Ile de Calypso, aborda dans l'Ile des Phéaciens, il y fut reçu par le roi du pays, appelé Alcinoos.

Homère nomme cette île Schéria. Il s'agit probablement de Corfou. Alcinoos passait pour le petit-fils de Poséidon. Son père s'appelait Nausithoos. Alcinoos avait lui-même cinq fils, et une fille, Nausicaa, qui accueillit Ulysse, sur le bord du fleuve. La femme d'Alcinoos, qui est en même temps sa nièce, s'appelle Arétè (ce qui, en grec, signifie : "l'Indicible").

Elle vit dans le palais, avec son mari et ses enfants, et elle est entourée d'honneur et de respect. Arétè et Alcinoos sont aimés de leur peuple. Ils sont hospitaliers envers les étrangers et particulièrement envers les naufragés dont ils essaient d'adoucir le sort.Leur palais est entouré d'un verger merveilleux où des fruits de toutes sortes mûrissent sans interruption tout le long de l'année.

Après avoir réconforté Ulysse, et avoir écouté, au cours d'un banquet, le long récit de ses aventures, Alcinoos lui donne un navire pour rentrer à Ithaque, qui n'est pas loin de Corfou, et il le charge de présents. Dans les Argonautiques, Médée et les Argonautes abordent chez Alcinoos, pendant leur retour, et ils trouvent, à sa cour, un groupe d'envoyés d'Aeétès, chargés de ramener Médée à son père.

Alcinoos est pris comme juge entre les deux parties. Il décide de rendre Médée à son père si elle est encore vierge. Dans le cas contraire, de la laisser à Jason. Devant cette décision, Arétè se hâte de marier les jeunes gens et de sauver ainsi Médée du châtiment qui l'attend à Colchis.

N'osant se présenter à leur roi, les Colchidiens s'établirent à Corfou, cependant que les Argonautes reprirent leur route, non sans qu'Arétè n'eût offert des présents aux jeunes époux.

ALCMÈNE

Femme d'Amphitryon, et mère d'Héraclès. Elle appartient à la race de Persée. D'une beauté remarquable, elle avait été unie à Amphitryon, mais sans lui accorder le droit de consommer le mariage jusqu'à ce que celui-ci eût exécuté certaine vengeance.

Elle vécut en exil avec lui, à Thèbes. Amphitryon partit en expédition contre les Téléboens, et c'est au moment où il revenait que Zeus s'unit à la jeune femme : pour parvenir à ses fins, le dieu avait revêtu la forme d'Amphitryon, car la vertu d'Alcmène lui était connue.

Une tradition veut que Zeus ait fait durer cette nuit nuptiale l'espace de trois journées pleines. Il avait, pour cela, donné au Soleil l'ordre de ne pas se lever avant que ce temps ne fût écoulé. Lorsque Amphitryon rentra, il fut tout étonné de ne pas être accueilli avec plus de joie.

Quand il commença à lui raconter sa campagne et sa victoire, Alcmène lui répondit qu'elle en connaissait déjà tous les détails. Consulté sur ce mystère, Tirésias révéla au mari son infortune glorieuse. Alcmène engendra deux jumeaux, qui devaient naitre à une nuit d'intervalle : Héraclès, le fils de Zeus, et Iphiclès, le fils d'Amphitryon.

Alcmène aurait été, dit-on, la dernière des femmes mortelles à laquelle Zeus se serait uni.

Mais Amphitryon songea d'abord à punir sa femme, quand il sut que Zeus était parvenu à ses fins. Il décida de brûler Alcmène sur un bûcher, mais Zeus fit tomber une averse qui éteignit la flamme. Devant cette intervention directe de la divinité, Amphitryon pardonna.

Cependant, au moment où la délivrance  approchait, Héra, jalouse de sa rivale mortelle, s'efforça, comme déesse des enfantements, de prolonger aussi longtemps que possible la grossesse d'Alcmène. De plus, elle avait une autre raison pour cela : un oracle de Zeus lui permit, en ménageant le moment des naissances, de soumettre Héraclès à l'esclavage d'Eurysthée.

Plus tard, Alcmène devint veuve, et elle accompagna Héraclès lorsque le héros, avec son frère Iphiclès et le fils de celui-ci, Iolaos, essaya de regagner Tirynthe, leur patrie d'origine, une fois ses travaux accomplis. Mais Eurysthée l'empêcha d'accomplir ce projet.

Toutefois, au moment de l'apothéose d'Héraclès, Alcmène était établie à Tirynthe avec une partie de ses petits-enfants (les autres se trouvaient à Corinthe et à Trachis). Une fois Héraclès mort, Eurysthée fit chasser Alcmène de Corinthe et obtint du roi de Trachis, Céyx, qu'il en fît autant des descendants d'Héraclès qui étaient dans son royaume.

Tous s'enfuirent à Athènes, où ils trouvèrent protection. Eurysthée ayant exigé des Athéniens qu'ils expulsent les descendants d'Héraclès, les Athéniens refusèrent, et, dans la guerre qui suivit, Eurysthée fut tué.

On porta sa tête à Alcmène, qui en arracha les yeux avec des fuseaux. Puis, Alcmène vécut à Thèbes avec les descendants d'Héraclès. Elle mourut très âgée.

Quand elle fut morte, Zeus envoya Hermès chercher son corps pour le transporter dans les Iles des Bienheureux, où elle épousa Rhadamante. Selon d'autres, elle fut enlevée jusque sur l'Olympe, où elle participa aux honneurs divins de son fils.

Parfois aussi l'on racontait qu'après la mort d'Amphitryon, tué dans un combat aux côtés d'Héraclès, Alcmène avait épousé Rhadamante, alors en exil et vécu, avec lui en Béotie, à Ocalée.

ALCYONÉ

Alcyoné est la fille du roi des vents, Eole. Elle avait épousé Céyx, le fils de l'Astre du Matin (Eosphoros ou Lucifer). Avec lui, elle formait un ménage si heureux qu'ils se comparaient eux-mêmes à Zeus et à Héra.

Irrités de cet orgueil, les dieux les transformèrent en oiseaux, lui en plongeon, elle en alcyon. Comme Alcyoné faisait son nid au bord de la mer, et que les vagues le lui détruisaient sans pitié, Zeus en eut compassion, et ordonna que les vents se calmeraient pendant les sept jours qui précédent et les sept jours qui suivent le soltstice d'hiver, période pendant laquelle l'alcyon couve ses œufs. Ce sont les "jours de l'alcyon", qui ne connaissent pas de tempête.

Ovide raconte une histoire sensiblement différente : Céyx, marié à Alcyoné, avait décidé de partir consulter un oracle. Pendant le voyage, il fut surpris par une tempête, son navire détruit, et lui-même noyé. Son corps fut ramené par le flot à la côte, où sa femme le découvrit. De désespoir, elle fut transformée en un oiseau au cri plaintif, et les dieux accordèrent une métamorphose analogue à son mari.

ALOADES Les

On donne le Nom d'Aloades aux fils que Poséidon eut avec  Iphimédie, la fille de Triops. Iphimédie était en effet mariée avec Aloée, lui-même fils du dieu et de Canacé, de la race de Deucalion.

Iphimédie était devenue amoureuse de Poséidon, et elle avait coutume de se promener sur le bord de la mer, puisant des vagues dans sa main et les versant dans son sein.

Finalement, Poséidon céda à son amour, et lui donna deux fils, Otos et Ephialtès, qui étaient des géants. Chaque année en effet, ces deux enfants grandissaient d' une coudée en largeur et d'une brasse en hauteur.

Quand ils eurent neuf ans larges de neufs coudées (soit près de quatre mètres), hauts de neuf brasses (près de dix-sept mètres), ils décidèrent de faire la guerre aux dieux. Pour cela, ils mirent l'Ossa sur l'Olympe, et le Pélion par-dessus ces deux montagnes, menaçant d'escalader le ciel.

Puis, ils annoncèrent qu'ils rempliraient la mer avec des montagnes, pour la mettre à sec, et qu'ils mettraient la mer là où, jusque-là, était la terre.

Enfin, ils déclarèrent leur amour aux déesses. Ephialtès était amoureux d'Héra, Otos d'Artémis. Et, irrités contre Arès, qui avait provoqué la mort d'Adonis à la chasse, ils enfermèrent le dieu dans un pot de bronze, après l'avoir enchainé. Ils le laissèrent ainsi treize mois, jusqu'à ce qu'enfin Hermès réussisse à le délivrer, dans un état d'épuisement extrême.

Tous ces exploits démesurés finirent par attirer sur les deux frères le châtiment des dieux. Tantôt l'on raconte que Zeus les foudroya, tantôt qu'Artémis se transforma en biche et s'élança entre eux, un jour qu'ils chassaient, dans l'île de Naxos. Dans leur hâte à la frapper, ils se tuèrent réciproquement.

Aux Enfers, leur punition continua. On les attacha avec des serpents à une colonne, ou vient les tourmenter une chouette criant sans cesse.

On leur attribue diverses fondations de villes: Aloiom en Thrace Ascra sur l'Hélicon, où ils auraient rendu un culte aux Muses.

Leur présence à Naxos, lors de leur mort, était expliquée par une mission dont les aurait chargés leur père nourricier, Aloée, et qui consistait à rechercher leur mère et leur sœur Pancratis, enlevées par Scellis et Cassaménos.

AMAZONES Les

Les Amazones sont un peuple de femmes, descendant du dieu de la guerre, Arès, et de la Nymphe Harmonie. On place leur royaume dans le Nord, soit sur les pentes du Caucase, soit en Thrace, soit en Scythie méridionale (dans les plaines de la rive gauche du Danube).

Elles se gouvernent elles-mêmes, sans le secours d'aucun homme. A leur tête est une reine. Elles ne tolèrent la présence des hommes qu'à titre de serviteurs, pour les travaux serviles. D'après certains, elles mutilaient leurs enfants mâles à la naissance, les aveuglant ou les rendant boiteux. D'après d'autres, elles les tuaient, et, à certaines époques, s'unissaient à des étrangers pour perpétuer la race, ne gardant que les enfants du sexe féminin.

A ces enfants, elles enlevaient un sein, pour qu'elles ne soient point gênées dans la pratique de l'arc ou dans le maniement de la lance, et c'est par cette coutume que l'on expliquait leur nom, (Celles qui n'ont pas de sein). Leur passion principale est la guerre.

Diverses légendes racontent les combats soutenus par les héros grecs contre ces étrangères : par Bellérophon, sur l'ordre d'Iobates; par Héraclès, qui reçut d'Eurysthée la mission de se rendre au bord du Thermodon, en Cappadoce, et, là, de s'emparer de la ceinture d'Hippolyté, la reine des Amazones.

Hippolyté aurait bien consenti à donner sa ceinture à Héraclès, mais Héra, jalouse du héros, excita une sédition parmi les Amazones, et Héraclès dut tuer Hippolyté et se retirer en combattant. Dans cette expédition, Héraclès était accompagné de Thésée. Celui-ci enleva une Amazone, du nom d'Antiopé.

Pour venger ce rapt, les Amazones marchèrent contre Athènes, et la bataille se livra dans la ville même ; les Amazones campèrent sur la colline qui prit, plus tard, le nom d'Aréopage (la colline d'Arès). Elles furent vaincues par les Athéniens, sous la conduite de Thésée.

On racontait aussi que les Amazones avaient envoyé à Troie un contingent commandé par leur reine Penthésilée, pour secourir Priam. Mais Achille ne tarda pas à tuer Penthésilée, dont le dernier regard l'enflamma d'amour.

La déesse que révéraient surtout les Amazones était naturellement Artémis, dont la légende offre tant de points communs avec le genre de vie prêté aux Amazones, guerrières et chasseresses. Aussi leur attribue-t-on parfois la fondation d'Ephèse, et la construction du grand temple d'Artémis.

AMPHITRITE

Amphitrite est la reine de la Mer, Celle qui entoure le Monde. Elle appartient au groupe des filles de Nérée et de Doris, qu'on appelle les Néréides. C'est elle qui conduit le chœur de ses sœurs.

Un jour qu'elle dansait avec celles-ci près de l'ile de Naxos, Poséidon la vit et l'enleva. On raconte aussi que Poséidon l'aimait depuis longtemps, mais que, par pudeur, la jeune fille se refusa à lui el se cacha dans les profondeurs de l'Océan, au delà des Colonnes d'Hercule.

Retrouvée par les Dauphins, elle fut ramenée par eux, en grand cortège, à Poséidon, qui l'épousa. Elle jouait auprès du dieu de la mer le même rôle qu'Héra auprès de Zeus et que Perséphone auprès du dieu des morts.

On aimait à la représenter entourée d'un nombreux cortège de divinités marines.

AMPHITRYON

Amphitryon est fils d'Alcée, le roi de Tirynthe, et de la fille de Pélops, Aslydamie. Il prit part à la guerre entre son oncle et beau-frère Electryon et l'arrière-neveu de celui-ci, Ptérélas : Electryon régnait sur Mycènes, et Ptérélas revendiquait ce royaume comme appartenant à ta descendance de Mestor, l'un des frères d'Electryon.

Les fils de Ptérélas vinrent à la tête d'une armée de Taphiens (les habitants de l'ile de Taphos, sur la côte d'Acarnanie), ravager le pays de Mycènes et enlever les troupeaux d'Electryon.

Dans la lutte, tous les fils d'Electryon et tous ceux de Ptérélas périrent, sauf un dans chaque famille, Licymnios parmi les premiers, Evérès parmi les seconds.

Les Taphiens réussirent à s'échapper, emmenant les troupeaux, qu'ils confièrent au roi d'Elis, Polyxènos. Mais Amphitryon obtint de celui-ci qu'il les rendît, moyennant rançon, et il les ramena à Mycènes.

Pour venger la mort de ses fils, Etectryon décida alors d'entreprendre une campagne contre Ptérélas et son peuple, les Téléboens.

Pendant son absence, il confia son royaume à Amphitryon, ainsi que sa fille, Alcmène, cependant qu'Amphitryon s'engageait par serment à respecter la jeune fille jusqu'au retour du roi. Mais Electryon ne partit pas à la guerre, comme il le voulait.

Au moment où Amphitryon lui remettait les troupeaux volés, une vache devint furieuse, et comme Amphitryon, pour l'arrêter, lui lança à la tête le bâton qu'il tenait à la main, le bâton rebondit sur les cornes de l'animal et revint frapper Electryon, qu'il tua.

Sthénétos, le suzerain, qui régnait à Argos, et dont dépendait le royaume de Mycènes, en profita pour bannir Amphitryon de son territoire. Amphitryon s'enfuit, avec Alcmène et Licymnios, jusqu'à Thèbes, où il fut purifié de son meurtre par le roi Créon.

Mais, lié par son serment, Amphitryon ne pouvait épouser Alcmène. Celle-ci ne voulait consentir au mariage qu'une fois vengée la mort de ses frères. Aussi Amphitryon dut-il entreprendre une expédition contre Ptérélas et les Téléboens.

Pour cela, il demanda son aide à Créon. Celui-ci ne la lui refusa pas, mais mit d'abord comme condition qu'Amphitryon débarrasserait Thèbes d'un renard qui ravageait le pays. Ce renard, le renard de Teumesse, ne pouvait être atteint à la course.

Amphitryon demanda alors le chien de Procris, un animal originaire de Crète, et qui devait dépasser à la course tout ce qu'il poursuivrait. La chasse commença. Elle ne pouvait avoir d'issue. Mais Zeus, pour respecter les Destins, et trouver une solution, transforma les deux animaux en statues de pierre.

Ayant ainsi rempli la condition fixée par Créon, Amphitryon obtint l'alliance des Thébains contre les Téléboens. Avec d'autres contingents (notamment Céphale, d'Attique, Panopée, de Phocide, Héléios, d'Argolide, un fils de Persée), il ravagea l'île de Taphos. Mais, là encore, il se heurta à un enchantement.

Tant que vivrait Ptérélas, la ville de Taphos était imprenable, et la vie de Ptérélas était liée à un cheveu d'or caché dans sa chevelure. Cependant, la fille de Ptérélas, Comaetho, devint amoureuse d'Amphitryon, et coupa le cheveu fatal sur la tête de son père.

Ptérélas mourut, et Amphitryon put s'emparer de tout le territoire des Téléboens. Puis, il mit Comaetho à mort et revint à Thèbes chargé de butin. C'est pendant cette absence que Zeus, sous les traits d'Amphitryon, se présenta à Alcmène, et obtint ce qu'Amphitryon demandait en vain.

La même nuit, Amphitryon revint et engendra Iphiclès, tandis qu'Alcmène concevait Héraclès de Zeus. Lorsque l'infidélité involontaire de sa femme lui fut révélée par le devin Tirésias, Amphitryon voulut d'abord la punir, mais l'intervention de Zeus l'en empêcha.

Réconcilié avec sa femme, Amphitryon participa activement à l'éducation d'Héraclès, en lui apprenant à conduire un char. On raconte aussi que, pour savoir quel était son fils et quel était celui de Zeus, il introduisit dans la chambre des enfants deux grands serpents. Iphiclès prit peur, mais Héraclès, âgé de dix mois, étouffa les animaux.

Ainsi se révéla l'origine humaine d'Iphiclès et l'origine divine d'Héraclès (Une autre tradition voulait que les deux serpents eussent été envoyés par Héra.).

Plus tard, lorsque Héraclès fit connaitre la violence de son naturel en tuant Linos, son maitre de musique, Amphitryon, redoutant un sort semblable, s'il venait à contrarier l'enfant, l'envoya à la campagne garder les bœufs. C'est ainsi que le héros tua le lion qui, dans les montagnes du Cithéron, attaquait les troupeaux d'Amphitryon.

Celui-ci mourut en combattant aux côtés d'Héraclès, dans la lutte que soutinrent, avec l'aide du héros, les habitants de Thèbes contre les Minyens d'Orchomène, une ville voisine de Thèbes.

ANDROMAQUE

Andromaque est la fille du roi de Thèbe de Mysie, Eétion, dont la ville fut ravagée par Achille avant le début de la neuvième année de la guerre de Troie.

Andromaque, femme d'Hector, et belle-fille de Priam, perdit, dans ce raid des Grecs contre sa ville natale, son père et ses sept frères, massacrés par Achille.

D'Hector, elle avait un fils unique, Astyanax. Après la mort de son mari et la ruine de Troie, Andromaque échut en partage comme butin de guerre à Néoptolème, le fils d'Achille. Néoptolème, après avoir tué Astyanax, selon certains, sans l'avoir tué, selon d'autres, emmena Andromaque en Epire, où il était roi. Là, Andromaque lui donna trois fils : Molossos, Piélos et Pergamos.

Lorsque Néoptolème fut assassiné à Delphes, où il était allé consulter l'oracle, il légua en mourant, à Hélénos, le frère d'Hector, qu'il avait emmené avec lui en Epire son royaume et sa femme.

Lors du voyage d'Enée en Epire, Andromaque régnait paisiblement avec Hélénos. Quand Hélénos fut mort, Andromaque aurait accompagné son fils Pergamos jusqu'en Mysie, où il fonda une ville portant son nom, Pergame.

La tradition veut qu'Andromaque ait été une femme grande et brune, au type dominateur.

ARACHNÉ

Arachné est une jeune fille de Lydie, dont le père, Idmon, de Colophon, était un teinturier. La jeune Arachné s'était acquis une grande réputation dans l'art de tisser et de broder. Les tapisseries qu'elle dessinait étaient si belles que les nymphes de la campagne environnante venaient les contempler.

Son habileté lui valait la réputation d'avoir été l'élève d'Athéna, la déesse des fileuses et des brodeuses. Mais Arachné ne voulait devoir qu'à elle seule son talent. Elle défia la déesse, qui releva le défi, et lui apparut sous les traits d'une vieille femme.

D'abord, Athéna se contenta de l'avertir, et de lui conseiller plus de modestie. Sans cela, dit-elle, qu'elle craigne la colère de la déesse. Arachné ne répondit que par des insultes. Alors, la déesse se dévoila, et le concours commença.

Athéna représenta sur la tapisserie les douze dieux de l'Olympe, dans toute leur majesté. Et, pour avertir sa rivale, elle ajouta, aux quatre coins, la représentation de quatre épisodes montrant la défaite de mortels qui avaient osé défier les dieux. Arachné dessina sur son travail les amours des dieux, celles qui ne leur font pas honneur : Zeus et Europe, Zeus et Danaé, etc.

Son travail est parfait, mais Athéna, de colère, le déchire, et frappe la rivale avec la navette. Sous l'outrage, Arachné se désespère et se pend. Athéna ne lui permet pas de mourir, et la transforme en araignée, qui continue à filer et à tisser au bout de son fil.

ARIANE

Ariane est fille du roi Minos et de Pasiphaé. Lorsque Thésée vint en Crète pour lutter contre le Minotaure, Ariane le vit et conçut pour lui un violent amour. Pour lui permettre de trouver son chemin dans le Labyrinthe, prison du Minotaure, elle lui donna un peloton de fil, qu'il déroula, ce qui lui indiqua la voie du retour.

Puis, elle s'enfuit avec lui, pour échapper à la colère de Minos. Mais elle ne parvint pas jusqu'à Athènes. Lors d'une escale dans l'île de Naxos, Thésée l'abandonna, endormie, sur le rivage. Les explications données de cette trahison varient selon les auteurs.

Tantôt, c'est parce que Thésée aimait une autre femme, qu'il abandonna ainsi Ariane ; tantôt c'est sur l'ordre des dieux, parce que les destins ne lui permettaient pas de l'épouser. Mais Ariane, lorsqu'elle s'éveilla, sur le matin, et vit au loin disparaître les voiles de son amant, ne demeura pas longtemps dans sa douleur.

Bientôt arrivèrent Dionysos et son cortège. Le dieu était traîné sur un char attelé de panthères. Fasciné par la beauté de la jeune femme, Dionysos l'épousa et l'emmena sur l'Olympe. En présent de noces, il donna à Ariane un diadème d'or, œuvre d'Héphaïstos. Ce diadème devint ensuite une constellation.

Avec Dionysos, Ariane eut des enfants, appelés Thoas, Staphylos, Oenopion et Péparéthos.

Une autre tradition raconte qu'Ariane fut tuée dans l'ile de Dia (plus tard identifiée avec Naxos), par la déesse Artémis, sur l'ordre de Dionysos.

D'autres versions de la légende d'Ariane à l'art. Thésée.

AUGIAS

Roi d'Elis, en Péloponnèse. Il est le plus souvent considéré comme un fils du Soleil (Hélios), bien que d'autres généalogies soient également attestées. On en fait, par exemple, le fils du Lapithe Phorbas, ou celui de Poséidon, ou celui d'Eleios, le héros éponyme de l'Elide.

Sa mère est Hyrminé, fille de Nélée. Dans toutes ces généalogies, il a pour frère Actor. Il participa à l'expédition des Argonautes, dans le but, dit-on, de connaitre son demi-frère Aeétès, qu'il n'avait jamais vu. De son père, Augias tenait des troupeaux très importants, mais il laissait, par négligence, le fumier s'accumuler dans les étables, ce qui nuisait à la fertilité de ses terres.

Aussi, lorsque Eurysthée ordonna à Héraclès de nettoyer ses étables, Augias accepta volontiers, d'autant plus que le héros lui demanda la dixième partie de ses troupeaux, comme récompense, s'il parvenait à exécuter ce travail en un seul jour, et qu'Augias ne crut pas cela possible.

Mais Héraclès ouvrit une brèche dans le mur d'enceinte de ces étables, et y fit pénétrer les eaux de l'Alphée et du Pénée, qui coulaient l'un près de l'autre; l'eau ressortit par l'autre extrémité de la cour, et entraîna tout le fumier. Irrité d'avoir vu le héros accomplir ce dont il s'était vanté, et prétextant, soit qu'il s'était fait aider par Iolaos, soit qu'il était déjà au service d'Eurysthée.

Augias ne voulut pas lui payer le prix convenu. Pris comme témoin, Phylée, le fils d'Augias, affirma devant les arbitres que son père avait bien promis la dixième partie de ses troupeaux à Héraclès en paiement de son travail.

De colère, Augias, avant le verdict, bannit Héraclès et Phylée de son royaume. Mais, plus tard, Héraclès réunit une armée de volontaires arcadiens et marcha contre Augias. Celui-ci, apprenant que le héros levait une troupe contre lui, chargea ses neveux, les deux fils d'Actor, les Molionides, de le défendre.

Héraclès étant tombé malade, les deux frères en profitèrent pour infliger une défaite au héros, mais bientôt, au cours d'une cérémonie religieuse, Héraclès tua les Molionides, et prit Elis. Il tua Augias et ses fils, et établit Phylée sur le trône de la cité.

Une autre tradition fait mourir Augias très vieux, de mort naturelle. Son peuple lui aurait rendu des honneurs divins.

BÉLOS

Bélos est l'un des deux jumeaux que la nymphe Libye eut de Poséidon, l'autre étant Agénor. Tandis qu'Agénor se rendait en Syrie, Bélos resta en Egypte, où il fut roi, et épousa Anchinoé, la fille du dieu Nil.

Il eut comme fils deux jumeaux, Egyptos et Danaos, auxquels on ajoute parfois Céphée et Phinée. Les auteurs connaissent aussi divers héros assyriens et babyloniens de ce nom. L'un d'eux figurait dans la généalogie de la reine Didon de Carthage.

BRISÉIS

Briséis, de son vrai nom Hippodamie, est la fille de Brisès, un prêtre de la ville de Lyrnessos, prise et pillée par Achille. Brisès est le frère de Chrysès, le père de Chryséis.

Hippodamie, appelée, du nom de son père, Briséis, était mariée à Mynès, qui fut tué par Achille. Elle-même fut emmenée par lui, et, pour la consoler, Patrocle lui promit de faire en sorte qu'Achille l'épousât. Et, en effet, elle devint l'esclave favorite, tendrement aimée, du héros.

Lorsque l'Assemblée des Grecs força Agamemnon à rendre Chryséis à son père, et que le Roi exigea en compensation qu'Achille lui livrât Briséis, de colère et de douleur, Achille refusa de combattre.

C'est elle qu'Agamemnon promet de lui rendre d'abord lors de l'ambassade qu'il lui envoie pour essayer de l'apaiser. C'est elle enfin, et elle seule, qu'Achille accepte au moment de sa réconciliation avec l'Atride.

La tradition postérieure à Homère représentait Briséis comme une femme grande, brune, au regard brillant, le teint clair, les sourcils rapprochés, et portant bien la toilette. C'est elle aussi qui aurait rendu les honneurs funèbres à Achille.

CALCHAS

Calchas est un devin de Mycènes, ou encore de Mégare, le plus habile de son temps à interpréter le vol des oiseaux et celui qui connaissait le mieux le passé, le présent et l'avenir.

Apollon lui avait donné le don de prophétie. Calchas était fils de Thestor et, par lui, descendait du dieu. Il fut le devin attitré de l'expédition des Grecs contre Troie. A chaque moment important de la guerre et de sa préparation, l'on trouve une prophétie de Calchas.

Quand Achille eut neuf ans, c'est lui qui annonça que Troie ne saurait être prise si l'enfant ne participait pas à la lutte, amenant ainsi Thétis à dissimuler son fils parmi les filles du roi de Scyros. A Aulis, il interpréta le présage fourni par le serpent qui dévore les oiseaux, sur l'autel du sacrifice, el déclara que la ville serait prise la dixième année de la guerre. Après le débarquement malheureux en Mysie, lorsque Télèphe eut consenti à guider la flotte vers la Troade, Calchas confirma par ses prédictions les indications de Télèphe.

C'est lui qui, au moment du second départ, à Aulis, révèle que le calme qui arrête la flotte est dû à la colère d'Artémis, et que cette colère ne peut être apaisée que par le sacrifice d'Iphigénie.

Plus tard, après la mort d'Achille et le suicide d'Ajax, le fils de Télamon, il annonce aux Grecs que la ville ne peut être prise si l'on ne se procure pas l'arc d'Héraclès. Il est ainsi à l'origine de la mission d'Ulysse auprès de Philoctète. Il conseille aux Grecs, après la mort de Pâris, lorsque Hélénos s'est retiré dans les forêts de l'Ida, de le faire prisonnier, car lui seul pourra leur révéler à quelles conditions ils prendront la ville.

Le cheval de Troie Le cheval de Troie

Enfin, c'est lui qui, voyant que la force n'arrive à rien, suggère de construire un cheval de bois grâce auquel les combattants pourront s'introduire dans la cité. Lui-même fut parmi les guerriers enfermés dans le cheval. Au moment du départ, il prédit aux Grecs que leurs retours ne seront pas faciles, à cause de la colère d'Athéna, mécontente de l'injustice dont a été victime son protégé Ajax, le fils de Télamon.

Aussi ne voulut-il pas partir avec eux, sachant que le convoi n'arriverait pas à bon port. Il s'embarqua avec un autre devin, Amphilochos, le fils d'Amphiaraos, emmenant avec lui les héros Leontée, Podalirios el Polypoetès. Leur bateau fut jeté sur la côte d'Asie Mineure, à Colophon (selon d'autres, ils s'y rendirent à pied). Or, un oracle (probablement une prophétie d'Hélénos) avait annoncé à Calchas qu'il mourrait le jour où il rencontrerait un devin plus habile que lu i-même.

A Colophon, il trouva le devin Mopsos. Auprès de la maison de Mopsos, il y avait un figuier. Calchas demanda : "Combien porte-t-il de figues ?", et Mopsos repondit : "Dix mille et un boisseau, et une figue en plus." Et, vérification faite, Mopsos avait raison.

Il y avait aussi une truie pleine, Mopsos demanda à Calchas : "Combien porte-t-elle de petits, et dans combien de temps mettra-t-elle bas ?". Calchas répondit qu'elle portait huit petits. Mopsos lui fit observer qu il se trompait, et ajouta que la truie portait non pas huit, mais neuf petits, tous mâles, et qu'elle mettrait bas le lendemain, à la sixième heure. Et c'est ce qui se produisit.

Alors, Calchas, de chagrin, mourut. D'aucuns disent qu'il se suicida. On l'enterra à Nolion, près de Colophon.

Une autre version de cette rivalité entre les deux devins est racontée par Conon : le roi de Lycie préparait une expédition. Mopsos lui déconseilla de l'entreprendre, lui disant qu'il serait vaincu. Calchas, au contraire, l'assura de la victoire. Le roi étant parti en guerre fut vaincu. Ce qui accrut la réputation de Mopsos, mais fil que Calchas, de désespoir, se suicida.

On racontait encore une autre histoire au sujet de sa mort. Calchas avait planté une vigne dans un bois sacré d'Apollon, près de Myrina, en Eolide. Un prophète du voisinage lui prédit alors qu'il ne boirait jamais le vin de sa vigne. Calchas se moqua de lui. La vigne grandit, donna des fruits, puis du vin, et, le jour où l'on devait boire le vin nouveau, Calchas invita les gens du voisinage, ainsi que le devin qui lui avait failla prédiction. Au moment où, sa coupe déjà pleine, Calchas s'apprêtait à boire, son rival lui répéta qu'il ne goûterait pas ce vin. Calchas se prit à rire, si bien qu'il s'étouffa et mourut sans avoir porté la coupe à ses lèvres.

Les légendes d'Italie méridionale connaissaient un Calchas, également devin, dont on montrait la tombe à Siris, sur le golfe de Tarente. Il y avait également un Calchas dans le sanctuaire duquel on venait dormir, pour connaitre l'avenir par les rêves. Ce sanctuaire se trouvait dans la région du Mont Garganon, sur l'Adriatique. Le Calchas de Siris aurait été tué d'un coup de poing par Héraclès. Ces différentes légendes se rattachent malaisément les unes aux autres.

CALCHOS

Calchos est un roi des Dauniens, population très ancienne du sud de l'Italie, qui était amoureux de la magicienne Circé, au temps où celle-ci reçut la visite d'Ulysse. Mais Circé, amoureuse d'Ulysse, ne voulut pas accueillir l'amour de Calchos, et comme celui-ci insistait, elle lui offrit un banquet au cours duquel elle le métamorphosa en porc, puis l'enferma dans ses étables. Ne voyant pas revenir leur roi, les Dauniens vinrent à sa recherche, en force.

Circé consentit à le leur rendre, sous sa forme humaine, mais à la condition qu'il ne remettrait plus le pied dans son île, ni pour lui déclarer son amour, ni pour aucune autre cause que ce soit.

CALYPSO

Calypso est une nymphe, selon les uns fille d'Atlas et de Pleioné, selon les autres, du Soleil (Hélios) et de Perséis (ce qui en ferait la sœur d'Aeétès et de Circé). Elle vivait dans l'Ile d'Ogygie, que les auteurs placent dans l'Occident méditerranéen, et qui est sans doute identique à la presqu'île de Ceuta, en face de Gibraltar.

Calypso, "Celle qui cache", accueillit Ulysse naufragé. L'Odyssée raconte comment elle l'aima et le garda chez elle pendant dix ans (on dit aussi sept, ou même un an), lui offrant en vain l'immortalité.

Ulysse gardait au fond du cœur le désir de retourner à Ithaque, et ne se laissa pas séduire. Calypso habite une grotte profonde, à plusieurs salles, ouvrant sur des jardins naturels, un bois sacré avec de grands arbres et des sources qui se répandent à travers le gazon.

Elle passe son temps à filer, à tisser, avec ses servantes, des nymphes également, qui chantent en travaillant. A la prière d'Athéna, Zeus envoya Hermès trouver Calypso et lui enjoindre de libérer Ulysse. Calypso, à regret, laissa partir celui qu'elle aimait. Elle lui donna du bois pour se faire un radeau, et des provisions de route. Elle lui indiqua aussi sur quels astres régler sa navigation.

Les légendes postérieures à l'Odyssée donnent à Ulysse et Calypso un fils, appelé Latinos (plus souvent considéré comme le fils de Circé) ; parfois, on raconte qu'ils avaient eu deux fils, Nausithoos et Nausinoos, dont les noms évoquent celui du navire. Enfin, on leur attribue aussi comme fils Auson, l'éponyme de l'Ausonie

Calypso est aussi le nom d'une des filles de Téthys et d'Océan.

CAMPÉ

Campé est un être monstrueux, féminin, que Cronos avait préposé, aux Enfers, à la garde des Cyclopes et des Hécatonchires, qu'il y avait enfermés.

Lorsqu'un oracle eut promis à Zeus la victoire contre Cronos et les Titans, s'il avait l'aide des Cyclopes, il tua Campé et les délivra.

CASSANDRE

Fille de Priam et d'Hécube. Cassandre a pour frère jumeau Hélénos. Lors de leur naissance, Priam et Hécube donnèrent une fête dans le temple d'Apollon Thymbréen, situé hors des portes de Troie, à quelque distance. Le soir, ils partirent, oubliant les enfants, qui passèrent la nuit dans le sanctuaire.

Le lendemain matin, lorsqu'on vint les rechercher, on les trouva endormis, et deux serpents étaient en train d'imposer leur langue sur leurs organes des sens, pour les "purifier"· Aux cris des parents effrayés, les animaux se retirèrent dans les lauriers sacrés qui se trouvaient là. Les enfants, par la suite, révélèrent le don de prophétie, que leur avait communiqué la "purification" des serpents.

Une autre légende dit comment Cassandre avait acquis ce don d'Apollon lui-même. Le dieu, amoureux d'elle, lui avait promis de lui apprendre à deviner l'avenir, si elle consentait à se donner à lui. Cassandre accepta le marché, et reçut les leçons du dieu, mais une fois instruite, elle se déroba. Alors Apollon lui cracha dans la bouche, lui retirant non le don de prophétie, mais celui de la persuasion.

Généralement, on raconte que Cassandre était une prophétesse "inspirée", comme la Pythie ou la Sibylle. Le dieu prenait possession d'elle, et elle émettait ses oracles dans un délire. Hélénos, au contraire, interprétait l'avenir d'après les oiseaux et les signes extérieurs.

Des prophéties de Cassandre sont mentionnées à chacun des moments importants de l'histoire de Troie : lors de la venue de Pâris, elle prédit que ce jeune homme (qui n'est pas connu alors sous sa véritable identité) doit apporter la ruine à la cité. Elle est sur le point d'obtenir sa mise à mort quand elle reconnaît que c'est un fils de Priam, ce qui lui sauve la vie.

Plus tard, lorsque Pâris revient à Troie avec Hélène, elle prédit que cet enlèvement causera la perte de la ville. Mais personne ne la croit, comme à l'ordinaire. C'est elle, la première, qui sait, après la mort d'Hector et l'ambassade de Priam à Achille, que Priam revient avec le corps de son fils.

Elle s'oppose de toutes ses forces, appuyée par le devin Laocoon, au projet d'introduire dans la ville le cheval de bois laissé par les Grecs sur la plage, lorsque ceux-ci ont fait mine de se retirer. Elle dit que ce cheval est rempli de guerriers en armes. Mais Apollon envoie des serpents qui dévorent Laocoon et ses fils, et les Troyens passent outre.

On lui prête aussi un certain nombre de prophéties concernant le sort des Troyennes faites prisonnières après la prise de la ville, et le destin futur de la race d'Enée. Elle-même, pendant le sac de Troie, se réfugie dans le temple d'Athéna. Là, elle est poursuivie par Ajax le Locrien, fils d'Oïlée (ne pas confondre avec Ajax, fils de Télamon); elle embrasse la statue de la déesse, mais Ajax l'en arrache, ébranlant ainsi la statue sur sa base ; et celle-ci lève les yeux au ciel.

Les Grecs, devant ce sacrilège, sont prêts à lapider Ajax, mais il se sauve en se réfugiant à l'autel de la déesse qu'il vient d'insulter. Lors du partage du butin, Cassandre est donnée à Agamemnon, qui s'éprend d'un violent amour pour elle.

Cassandre était restée vierge jusqu'alors, bien que des prétendants n'aient pas manqué à sa main, notamment Othryonée, qui avait promis à Priam de le débarrasser des Grecs s'il lui accordait en récompense, après la victoire, la main de sa fille. Mais Othryonée avait été tué par Idoménée.

Cassandre aurait donné à Agamemnon deux jumeaux, Télédamos et Pélops. Mais, à son retour à Mycènes, Agamemnon est assassiné par sa femme, qui tue en même temps Cassandre dont elle est jalouse. Et, dans certaines versions de l'assassinat d'Agamemnon, l'amour qu'il porte à Cassandre est la seule raison de sa mort.

Cassandre est parfois appelée Alexandra, et, c'est sous ce nom que Lycophron en a fait le principal personnage d'un poème prophétique, écrit au moment où, les Romains commençaient à intervenir directement dans les affaires de la Grèce.

Lycophron imagine que Priam, mécontent des dons de prophétesse de sa fille, et craignant les moqueries des Troyens, l'enferme, sous la garde d'un surveillant chargé de lui rapporter ses paroles. Le poème est censé reproduire les prophéties de la jeune fille.

CASSIOPÉE

Cassiopée est la mère d'Andromède, qui, très fière de sa beauté, osa rivaliser avec les Néréides, ou encore, selon d'autres traditions, avec Héra. Les déesses demandèrent à Poséidon de venger leur amour propre, et Poséidon envoya un monstre marin qui ravagea le pays de Cassiopée.

Pour apaiser la colère divine, Andromède dut être exposée en victime expiatoire et livrée au monstre. Mais Persée survint, la délivra et l'emmena avec lui.

Cassiopée fut transformée en constellation. Les traditions varient sur les origines de Cassiopée. Souvent, on la rattache à la famille du Syrien Agénor. Elle serait la femme de Phoenix, et la mère de Phinée.

Elle est fille d'Arabos, un fils d'Hermès, qui donna son nom à la contrée appelée Arabie. Parfois son mari, est non pas Phoenix, mais Epaphos, avec qui elle aurait engendré Libye, la mère d'Agénor.

Enfin, on en fait souvent la femme de Céphée, le roi d'Ethiopie. Toutes ces généalogies rattachent la légende de Cassiopée aux pays de l'extrême Sud, Arabie, Ethiopie ou Sud Egyptien.

CÉPHALE

Céphale est le héros de plusieurs mythes, assez mal rattachés les uns aux autres. Les traditions varient sur son origine. Le plus souvent, on en fait le fils de Déion, lui-même, par son père Eole descendant  de Deucalion. Sa mère est Diomèdé, fille de Xouthos et de Créüse.

Il appartient donc, par ses deux ascendances, à la race de Deucalion. D'autres auteurs en font un Athénien, fils de Hersé, l'une des filles de Cécrops, et d'Hermès.

Enfin, on le considère parfois aussi comme le fils du roi d'Athènes Pandion. Il eut comme femme Procris, la fille du roi d'Athènes Erechthée.

Le premier mythe rattaché à Céphale est son enlèvement par Eos (l'Aurore), amoureuse de lui. Avec elle, il aurait engendré Phaéthon, en Syrie. Mais bientôt, Céphale abandonna son amoureuse divine et revint en Attique, où il épousa Procris. Là, il reçut d'elle, en présent, un chien qu'elle avait eu de Minos, et qui tenait de Zeus le don d'attraper tous les animaux qu'il prendrait en chasse.

C'est ce chien qu'il prêta à Amphitryon pour l'aider a capturer le renard de Teumesse. Ses amours avec Procris ne furent pas sans histoire. Procris l'aimait beaucoup, et cet amour était partagé, mais un jour Céphale se prit à douter de la fidélité de sa femme. Il se déguisa, et décida de la mettre à l'épreuve. Sans se faire reconnaître, il s'introduisit auprès d'elle, alors qu'elle le croyait absent, et il lui offrit des cadeaux de plus en plus précieux si elle consentait à se donner à lui.

La jeune femme résista longtemps, mais, à la fin, elle fut tentée, et céda. Céphale se fit alors reconnaître. De honte et de colère, Procris s'enfuit dans la montagne. Là, Céphale, rempli de remords, la poursuivit, et ils finirent par se réconcilier, chacun admettant ses torts.

Pendant quelque temps, ils vécurent heureux. Mais, à son tour, Procris devint jalouse. Elle voyait son mari partir souvent à la chasse, et elle se demandait si les Nymphes de la montagne ne le tentaient pas. Elle interrogea un serviteur qui l'accompagnait, et celui-ci lui dit que, après sa chasse, son mari s'arrêtait, et invoquait une mystérieuse "Brise" lui demandant de venir rafraîchir son ardeur.

Jalouse, Procris décida de surprendre les amours coupables de Céphale. Elle le suivit à la chasse, mais Céphale, entendant remuer le fourré, lança dans sa direction un javelot qui avait la vertu de ne jamais manquer son but. Procris fut blessée mortellement. Mais avant de mourir, elle comprit son erreur. Céphale lui avait toujours été fidèle et la brise qu'il invoquait  n'était que le vent.

Accusé de meurtre devant l'Aréopage, Céphale fut jugé et condamné à l'exil. Il quitta l'Attique. Il rejoignit Amphitryon et l'accompagna dans son expédition contre les Taphiens. Après leur victoire, on appela l'Ile de Céphallénie du nom de Céphale. Là, il épousa une certaine Lysippé, avec laquelle il eut quatre enfants, éponymes des quatre tribus de Céphallénie.

On lui attribue également l'origine de la race de Laerte, Arcisios, le père de celui-ci étant parfois considéré comme son fils, ou son petit-fils. On raconte à ce sujet que Céphale était allé interroger l'oracle de Delphes pour lui demander le moyen d'avoir des fils. L'oracle lui répondit de s'unir au premier être femelle qu'il rencontrerait. Or, il rencontra une ourse. Obéissant, il s'unit à elle, et aussitôt l'animal se transforma en une belle jeune femme qui lui donna un fils, Acrisios.

CHAOS

Chaos est la personnification du Vide primordial, antérieur à la création, au temps où l'Ordre n'avait pas encore été imposé aux éléments du monde. Il engendra Gaïa (la Terre, l'élément primordial), le Tartare et Eros (l'Amour), puis, l'Erèbe (Ténèbres infernales), Nyx (la Nuit), Héméra (le Jour) et l'Aether (le Ciel supérieur).

Parfois, au contraire, il est donné comme le fils du Temps (Chronos), et le frère d'Aether.

CHARITES Les

Les Charites, en latin les Grâces (Gratiae), sont des divinités de la Beauté et peut-être, à l'origine, des puissances de la végétation. Ce sont elles qui répandent la joie dans la Nature et dans le cœur des hommes, et même dans celui des Dieux. Elles habitent sur l'Olympe en compagnie des Muses, avec lesquelles elles forment parfois des chœurs. Elles font partie de la suite d'Apollon, le dieu musicien.

On les représente généralement comme trois sœurs, appelées Euphrosyné, Thalia et Aglaé, trois jeunes femmes nues se tenant par les épaules. Deux regardent dans une direction, celle du milieu regarde dans la direction opposée.

Elles ont pour père Zeus, et pour mère la fille de l'Océan Eurynomé. Parfois, leur mère est Héra, au lieu d'Eurynomé.

On attribue aux Grâces toutes sortes d'influences sur les travaux de l'esprit et les œuvres d'art. Ce sont elles qui ont tissé de leurs mains la robe d'Harmonie. Elles accompagnent volontiers Athéna, déesse des travaux féminins et de l'activité intellectuelle. Elles accompagnent aussi Aphrodite et Eros, ainsi que Dionysos.

CHARON

Charon est un génie du monde infernal. C'est lui qui a pour fonction de passer les âmes à travers les marais de l'Achéron, sur l'autre rive du fleuve des morts. En paiement, les morts doivent lui donner une obole. C'est pour cela qu'on avait coutume de placer une pièce de monnaie dans la bouche des cadavres au moment où on les ensevelissait.

On représente Charon comme un vieillard très laid, avec une barbe hirsute et toute grise ; Il a un manteau en haillons et un chapeau rond. Il dirige la barque funèbre, mais ne rame pas. Ce sont les âmes elles-mêmes qui font cet office. Il se montre tyrannique et brutal envers elles, comme un vrai subalterne.

Lorsque Héraclès descendit aux Enfers, le héros le força à le passer dans sa barque, et comme Charon refusait, Héraclès s'empara de la gaffe du passeur et lui en asséna de tels coups que l'autre n'eut qu'à obéir. D'ailleurs, Charon fut châtié, par la suite, pour avoir permis à un vivant de pénétrer chez les morts et dut passer tout un an enchaîné.

Sur les peintures des tombes étrusques, Charon apparaît, comme un démon ailé, la chevelure entremêlée de serpents, et il a dans la main un gros maillet. Cela laisse supposer que le Charon étrusque est en réalité le "démon de la mort", celui qui tue le mourant et l'entraîne dans le monde souterrain.

CHARYBDE & SCYLLA

CHARYBDE

Sur le rocher qui borde, près de Messine, le détroit qui sépare l'Italie de la Sicile, vivait autrefois un monstre, appelé Charybde. Elle était fille de la Terre et de Poséidon.

Pendant sa vie humaine, elle s'était montrée d'une grande voracité. Quand Héraclès passa dans cette région, ramenant avec lui les troupeaux de Géryon, Charybde lui vola des animaux, qu'elle dévora. Zeus la punit en la frappant de la foudre et en la précipitant dans la mer, où elle devint un monstre.

Trois fois par jour, Charybde absorbait une grande quantité d'eau de mer, attirant dans son gosier tout ce qui flottait. Elle avalait ainsi les navires qui se trouvaient dans les parages. Puis elle rejetait l'eau qu'elle avait absorbée.

Lorsque Ulysse franchit le détroit de Messine, il échappa une première fois au monstre. Mais, après le naufrage qui suivit le sacrilège contre les bœufs du Soleil, il fut entraîné, sur le mât de son bateau naufragé, par le courant de Charybde. Il eut toutefois l'habileté de s'accrocher à un figuier qui poussait à l'entrée de la grotte où était dissimulé le monstre. Puis, lorsque le mât ressortit, vomi par Charybde, Charybde le saisit et reprit son voyage.

A une portée d'arc de Charybde, de l'autre côté du détroit, un autre monstre guettait les navigateurs : c'était Scylla.

SCYLLA

Scylla est le nom de deux héroïnes distinctes, qui ont parfois, cependant, été confondues par des mythographes, mais que la tradition lient le plus souvent à séparer.

1. La première est un monstre marin, embusqué dans le détroit de Messine (sur la côte italienne), une femme dont le corps est, à sa partie inférieure, entouré de chiens, six animaux féroces qui dévorent tout ce qui passe à leur portée.

Lorsque le navire d'Ulysse longea la grotte où ce monstre était embusqué, les chiens s'élancèrent et dévorèrent six des compagnons du héros : Stésios, Orménios, Anchimos, Ornytos, Sinopos et Amphinomos.

Dans l'Odyssée, Scylla est donnée comme fille d'une déesse, nommée Crataeis. Ailleurs, son père est appelé Triénos, ou bien Phorcys, le dieu marin. D'autres généalogies en font la fille de Phorbas et d'Hécate, ou encore de celle-ci et de Phorcys. Comme la plupart des monstres mythologiques, on en a fait aussi la fille de Typhon et d'Echidna, ou bien celle de Lamia.

Sur les conditions dans lesquelles Scylla était devenu le monstre affreux décrit dans l'Odyssée, les traditions différaient également. Ovide a raconté comment Glaucos aimait Scylla et, pour cela, refusa l'amour de Circé La magicienne, irritée, voulut se venger de sa rivale et mêla des herbes magiques à l'eau de la fontaine où celle-ci se baignait. Aussitôt, Scylla fut transformée; le haut de son corps resta pareil à lui-même, tandis que, de ses aines, naissaient six chiens affreux. On disait aussi que Poséidon était amoureux de la jeune fille, et qu'Amphitrite, jalouse, avait sollicité de Circé qu'elle métamorphosât la malheureuse de la sorte.

Ou encore, que Scylla, amoureuse de Glaucos, avait refusé d'écouter la passion de Poséidon, qui l'avait punie ainsi. La mort de Scylla était attribuée parfois : Héraclès. Lorsque le héros traversa l'Italie méridionale, revenant du pays de Géryon, Scylla dévora un certain nombre des bœufs qu'il ramenait avec lui. Héraclès entra alors en lutte contre elle et finit par la tuer. Mais, par la suite, Phorcys, à l'aide de flambeaux allumés, aurait, par des opérations magiques, rendu la vie à sa fille.

2. L'autre Scylla est la fille du roi de Mégare Nisos. Lorsque Minos vint assiéger sa patrie, pour punir le meurtre d'Androgée, Scylla devint amoureuse du bel étranger. Or, Nisos était invincible tant qu'il conservait un cheveu de pourpre (d'aucuns disent un cheveu d'or) qu'il avait sur la tête. Scylla, pour donner la victoire à celui qu'elle aimait, coupa le cheveu fatal, après avoir fait promettre à Minos que celui-ci l'épouserait, si elle trahissait sa patrie par amour pour lui.

C'est ainsi que Minos s'empara de Mégare, mais, par horreur pour le crime de Scylla, il l'attacha à la proue de son navire et elle fut noyée. Par pitié, les dieux la transformèrent en un oiseau, l'aigrette (ciris).

CIMMÉRIENS

Les Cimmériens sont un peuple mythique, qui habitait un pays où le Soleil n'apparaissait pas. C'est chez eux qu'Ulysse va évoquer les morts et interroger le devin Tirésias.

Les auteurs varient sur leur situation géographique. Tantôt on les place dans l'extrême occident, et tantôt dans les plaines qui s'étendent au nord de la Mer Noire.

On les considère alors tantôt comme les ancêtres des Celtes, et tantôt comme ceux des Scythes de la Russie méridionale. Parfois même on les place, de façon étonnante, aux abords de Cumes, en Italie, sans doute parce qu'on croyait qu'il y avait là une porte des Enfers, et que les Cimmériens passaient pour être voisins du pays des Morts.

On raconte aussi qu'ils vivaient dans des demeures souterraines, reliées entre elles par des galeries. Ils ne sortaient que la nuit de leur cité. II est possible que, dans la formation de cette légende ait passé le souvenir confus des peuples de mineurs qui, en Europe centrale (Bohême) ou en Europe occidentale (Grande-Bretagne) fournissaient aux marchands venus en caravanes des bords de la Méditerranée l'étain et le cuivre, et cela depuis une époque très ancienne, au temps où les routes commerciales étaient entourées de mystère.

CLYTEMNESTRE

Clytemnestre est la fille de Tyndare et deLéda. Elle est la sœur de Timandra, de Phylonoé, filles "humaines" de Léda, et d'Hélène, ainsi que des Dioscures, ses enfants "divins" qu'elle eut de Zeus. Clytemnestre est sœur jumelle d'Hélène, mais, tandis qu'Hélène est fille de Zeus, uni à Léda sous la forme d'un cygne, Clytemnestre est fille de Tyndare.

Elle fut d'abord mariée à Tantale, le fils de Thyeste, mais Agamemnon tua son mari et ses enfants. Poursuivi par les Dioscures, Agamemnon fut contraint d'épouser Clytemnestre . Le mariage s'annonçait mal.Avec Agamemnon, Clytemnestre eut plusieurs enfants.

Pendant l'absence de Ménélas., parti à Troie pour tenter de ramener Hélène, c'est elle qui garda sa nièce, Hermione, alors âgée de neuf ans. Lors du rassemblement de l'armée à Aulis, lorsque le devin Calchas déclara nécessaire le sacrifice d'Iphigénie, Agamemnon mande sa femme, restée à Argos (ou Mycènes) avec ses enfants, sous prétexte de fiancer Iphigénie à Achille.

C'est en secret qu'il prépare le sacrifice, se gardant bien de confier ses projets à sa femme. Iphigénie sacrifiée, il renvoya Clytemnestre à Argos, où elle nourrit des projets de vengeance. Déjà, lorsque Télèphe, blessé par Achille pendant l'expédition de Mysie, vint à Argos demander que celui-ci le guérisse, c'est Clytemnestre qui lui conseille de menacer Agamemnon en prenant comme otage le petit Oreste.

Pendant l'absence d'Agamemnon et la durée de la guerre de Troie, Clytemnestre commença par être fidèle à son mari. Celui-ci avait laissé auprès d'elle un vieil aède (sorte de barde grec) nommé Démodocos, chargé de la conseiller et éventuellement de le renseigner. Mais Egisthe devint amoureux d'elle. II n'eut de cesse de l'écartée de Démodocos. Et Clytemnestre succomba.

Elle y fut poussée, peut-être, par les suggestions de Nauplios, qui s'efforçait, en corrompant leurs femmes, de se venger des Grecs, parce qu'ils avaient tué son fils Palamède ; et aussi par le désir de se venger elle-même de son mari, qui avait tué sa fille Iphigénie ; ou encore par jalousie, parce qu'elle savait sa liaison avec Chryséis.

Egisthe devint le maitre dans le palais d'Agamemnon, et c'est lui qui machina l'assassinat de celui-ci quand il revint de Troie. Dans les plus anciennes versions de la légende, celles des poètes épiques, Clytemnestre ne prend pas part à ce meurtre, qui est entièrement l'œuvre d'Egisthe. Mais chez les tragiques, elle devient son complice, et finit même par être elle-même la meurtrière, tuant son mari de sa main.

Elle prépare pour lui un vêtement dont les manches et le col sont cousus et qui l'embarrasse au moment où il sort du bain, et où il essaie de s'habiller, ce qui permetde le frapper sans risque. Elle tue également Cassandre, dont elle est jalouse, non sans l'avoir insultée auparavant.

Chez les tragiques, Clytemnestre poursuit de sa haine les enfants d'Agamemnon. Elle fait enfermer Electre dans un cachot, et aurait tué Oreste si l'enfant n'avait été enlevé par son précepteur. Sept ans après, Clytemnestre est tuée par son fils, Oreste, qui venge la mort de son père.

CHRYSAOR

Chrysaor, "l'Homme à l'Epée d'Or" est fils de Poséidon et de Méduse, comme Pégase, le cheval ailé. Ils sortirent tous deux du cou de la Gorgone, tuée par Persée. Chrysaor, à sa naissance, brandissait une épée d'or.

Uni à la fille d'Océan, Callirhoé, il engendra Géryon, l'ennemi d'Héraclès, le géant à trois corps, et Echidna .

CHRYSÉIS

Chryséis est la fille du prêtre d'Apollon Chrysès, de la ville de Chrysè, en Troade. Son vrai nom est Astynomé. Elle fut enlevée par les Grecs lors d'une expédition contre la ville de Thèbe de Mysie où elle se trouvait alors, chez Iphinoé, la sœur du roi Eétion et donnée à Agamemnon comme part de butin.

Son père vint la réclamer à Agamemnon ; mais celui-ci refusa. Alors, Chrysès pria Apollon d'envoyer aux Grecs une décision. Ce que fit le dieu. Les Grecs contraignirent Agamemnon à rendre Chryséis, mais le roi réclama Briséis en échange. Ce qui fut à l'origine de la colère d'Achille.

Une tradition raconte que Chrysès ramena ensuite volontairement sa fille à Agamemnon, parce qu'elle avait été bien traitée.

Elle aurait eu avec Agamemnon deux enfants, Iphigénie et Chrysès, ainsi appelé du nom de son grand-père.

La tradition précisait que Chryséis avait dix-neuf ans, qu'elle était blonde, mince et petite. Briséis, au contraire, était grande et brune, le teint blanc, et très élégante. Les deux jeunes femmes forment un couple résumant les deux types de la beauté féminine.

CYBÈLE

Cybèle est la grande déesse de la Phrygie. Elle est souvent appelée la Mère des Dieux ou la Grande Mère. Sa puissance s'étend à la Nature entière, dont elle personnifie la puissance de végétation.

Elle est honorée sur les montagnes de l'Asie Mineure, et, de là, son culte s'est répandu dans tout le monde grec, puis, dans le monde romain, lorsqu'en 204 av. J.-C., le Sénat de Rome se décida à faire venir de Pessinonte la "pierre noire" qui symbolisait la déesse, et à lui construire un temple sur le Palatin.

Souvent, Cybèle est considérée par les mythographes grecs comme une simple incarnation (voire une simple "appellation") de Rhéa, la mère de Zeus et des autres dieux, fils de Cronos. Cybèle serait la Rhéa adorée sur le Mont Cybélè, en Phrygie.

Elle intervient peu dans les mythes qui nous ont été conservés. Le seul qui mérite ce nom est l'histoire d'Agdistis et d'Attis. Elle n'y joue qu'un rôle lointain. Attis y apparaît parfois comme son amant, plus souvent comme son compagnon.

Il est possible aussi que sa personnalité se dissimule derrière celle de l'hermaphrodite Agdistis, que toutes les traditions s'accordent à montrer comme l'amante d'Attis, après sa mutilation.

Cybèle est surtout importante à cause du culte orgiastique qui s'est développé autour d'elle, et qui a survécu jusqu'à une époque tardive sous l'Empire romain.

On la représente en général la tête couronnée de tours, accompagnée de lions, ou sur un char trainé par ces animaux. Elle a pour serviteurs, comme Rhéa, les Curètes, que l'on appelle aussi les Corybantes.

DEUCALION

Deucalion est le fils de Prométhée et de Clymèné ou de Cèlaeno. II a pour femme Pyrrha, la fille d'Epiméthée et de Pandore, qui fut la première de toutes les femmes.

Lorsque Zeus, jugeant que les hommes de l'âge de bronze étaient une race. perdue de vices, voulut les détruire, il décida d'envoyer au monde un grand déluge, pour noyer tous les hommes. II décida de n'épargner que deux justes, Deucalion et sa femme.

Sur le conseil de Prométhée, Deucalion et Pyrrha construisirent une "arche", un grand coffre, dans lequel ils se mirent. Pendant neuf jours et neuf nuits, ils flottèrent sur les eaux du déluge, et ils finirent par aborder sur les montagnes de la Thessalie.

Là, ils débarquèrent, et quand le déluge se fut retiré, Zeus leur envoya Hermès, qui leur offrit l'accomplissement d'un vœu à leur choix. Deucalion désira avoir des compagnons.

Alors, Zeus leur ordonna de jeter par-dessus leur épaule, à Pyrrha et à lui, les os de leurs mères. Pyrrha fut effrayée de cette impiété, mais Deucalion comprit qu'il s'agissait des pierres, les os de la Terre, qui est la Mère universelle. Donc, il lança par-dessus son épaule des pierres, et des pierres qu'il jetait naquirent des hommes. De celles que jetait Pyrrha naquirent des femmes.

Deucalion et Pyrrha eurent une nombreuse postérité.

La légende connait un autre Deucalion, fils de Minos et de Pasiphaé, et frère de  Catrée, Glaucos et Androgée. Ce Deucalion fut l'ami de Thésée, et participa à la chasse de Calydon. II est le grand-père de Mérion.

DÉIPHOBE

Déïphobe est un fils de Priam et d'Hécube, et le frère préféré d'Hector. C'est sous la forme de Déïphobe qu'Athéna, lors du combat entre Hector et Achille, viendra tromper le premier, et l'inciter à résister, ce qui causera sa.

C'est Déïphobe, aussi, qui reconnaîtra Pâris-Alexandre lors des jeux funèbres où celui-ci fut vainqueur de tous ses frères. Après la mort de Pâris, tué par Philoctète, Déïphobe obtint la main d'Hélène, en compétition avec son frère Hélénos, bien que celui-ci fût plus âgé que lui.

Lors de la prise de Troie, Ulysse et Ménélas attaquent sa maison, dont ils s'emparent. Ménélas le mit à mort et le mutila.Son ombre, aux Enfers, apparaît à Enée.

DIOMÈDE

La légende connait deux Diomède.

1. Le premier est un roi de Thrace,

Fils d'Arès et de Pyrèné, qui avait coutume de faire dévorer par ses juments les étrangers qui abordaient dans son pays. Eurysthée chargea Héraclès de mettre fin à cette pratique et d'amener les juments à Mycènes.

Héraclès partit avec une troupe de volontaires et, ayant maîtrisé les valets qui étaient chargés des bêtes, les emmena. Mais, sur la plage, il fut attaqué par les indigènes venant défendre les chevaux. Voyant cela, Héraclès confia ceux-ci à son compagnon Abdèros, un fils d'Hermès, né à Oponte de Locride. Les juments tuèrent le jeune homme en le traînant.

Héraclès, cependant, vainquit les habitants du pays, tua Diomède, leur roi, et fonda sur la côte une ville appelée Abdère, du nom du jeune homme qu'il aimait. Il emmena ensuite les juments à Eurysthée. Mais celui-ci les laissa en liberté, et elles furent dévorées par des fauves dans le massif du mont Olympe.

Une autre tradition veut qu'Héraclès ait tué Diomède en l'exposant à ses propres juments, qui le dévorèrent. Ensuite, le héros aurait amené les bêtes à Eurysthée qui les aurait consacrées à Héra. Leurs descendants existaient encore au temps d'Alexandre le Grand.

La tradition a conservé le nom de ces juments, au nombre de quatre : Podargos, Lampon, Xanthos et Déinos. Elles étaient attachées par une chaine de fer à leur râtelier, qui était de bronze.

2. Le deuxième est un héros étolien,

Diomède participa à la guerre contre Troie. Il est le fils de Tydée et de Déipyle, l'une des filles d'Adraste, et, comme tel, participa également à l'expédition des Epigones contre Thèbes.

Le premier acte que lui attribue la tradition est la vengeance exercée contre les fils d'Agrios, qui avaient enlevé son royaume à Oenée, le roi de Calydon, son grand-père, pour le donner à leur propre père.

Diomède vint secrètement d'Argos (sa patrie d'adoption) avec Alcméon, et tua tous les fils d'Agrios, sauf Onchestos et Thersite, qui s'enfuirent auparavant dans le Péloponnèse. Comme Oenée était vieux, Diomède donna son royaume à Andraemon, qui avait épousé une fille d'Oenée, Gorgé.

Lorsque Oenée, qui s'était retiré dans le Péloponnèse, fut tué dans une embuscade par les fils survivants d'Agrios, Diomède lui fit des funérailles magnifiques, et l'enterra à l'endroit où s'éleva plus tard la ville d'Oenoé, ainsi appelée du nom du vieillard. Puis, il épousa Aegialé, sa propre tante, qui, selon certains auteurs, n'était que sa cousine, car ils en font non la fille d'Adraste, mais celle d'Aegialée, et par conséquent sa petite-fille.

Dans les récits du cycle troyen, Diomède apparait comme le compagnon ordinaire d'Ulysse dans la plupart des missions délicates dont fut chargé celui-ci. Il partit avec les Atrides comme ancien prétendant à la main d'Hélène. Certaines représentations le montrent auprès d'Ulysse, à Scyros, cherchant à s'assurer le concours d'Achille. Puis il aide encore Ulysse à forcer Agamemnon au sacrifice de sa fille Iphigénie, à Aulis, et il le seconde dans l'ambassade auprès d'Achille, lorsqu'il s'agit d'apaiser la colère du héros et de l'amener à revenir combattre aux côtés des Grecs.

Surtout, il participe à l 'expédition de "reconnaissance" entreprise par Ulysse pendant la nuit qui suivit l'ambassade. Avec lui, il tua l'espion Dolon et Rhésos, le chef d'un contingent thrace arrivé la veille, et enleva ses chevaux. Diomède concourut dans les jeux funèbres donnés en l'honneur de Patrocle.

Dans les récits postérieurs à l'Iliade, on le voyait accompagner Ulysse à Lemnos pour y chercher Philoctète, blessé, dont la présence est nécessaire pour que les Grecs puissent prendre la ville. Diomède est un combattant vigoureux, qui blesse, dans la bataille, la déesse Aphrodite, et encourt, pour cela, sa colère. Il est habile à parler, et figure dans les différents "conseils" entre les chefs Achéens.

Mais il n'est pas exempt de colère. Lorsque Achille tue Thersite, à la suite des sarcasmes de celui-ci au sujet de Penthésilée, il se met en colère contre lui, et rappelle que Thersite est son parent. Puis, il demande que le corps de l'Amazone soit jeté au Scamandre.

Parmi tous les retours de Troie, celui de Diomède passa longtemps pour le plus heureux. C'est la tradition dont témoigne encore l'Odyssée. Mais, rapidement, ses aventures furent continuées après la guerre de Troie. Sa femme, Aegialé, lui avait été infidèle, et, lorsqu'il était revenu à Argos, il n'avait échappé que de très peu aux pièges qu'elle lui tendait.

Il s'était réfugié en suppliant à l'autel d'Héra, et, de là, s'était enfui en Italie, auprès du roi Daunus. Cette infidélité de sa femme était la manifestation de la colère d'Aphrodite, qui lui gardait rancune de sa blessure.

Auprès de Daunus, il combattit contre les ennemis du roi, qui le priva de la récompense légitime qu'il lui avait promise. Alors, Diomède lance des imprécations sur le pays, et le voue à la stérilité chaque fois qu'il ne sera pas cultivé par des Etoliens, ses compatriotes. Puis, il s'assure la possession du pays, malgré Daunus, qui, semble-t-il, finit pourtant par avoir raison du héros et le tuer, cependant que ses compagnons étaient métamorphosés en oiseaux, apprivoisés quand ils rencontraient des Grecs, féroces contre tout autre être humain.

On attribuait à Diomède toute une série de fondations dans l'Italie méridionale.

DIONÉ

Dioné est une des déesses de la première génération divine. Son origine est diverse selon les traditions : tantôt on en fait une Titanide, fille d'Ouranos et de Gaïa et la sœur de Téthys, de Rhéa, de Thémis, etc. ; tantôt, elle est l'une des Océanides, fille d'Océan et de Téthys.

Parfois encore, elle est rangée parmi les filles d'Atlas. De Tantale, elle aurait eu comme enfants Niobé et Pélops. Une autre tradition lui donnait, comme fille Aphrodite.

ÉCHIDNA

Echidna, la Vipère, monstre dont le corps était celui d'une femme, mais qui se terminait par une queue de serpent au lieu de jambes.

Les traditions diffèrent sur ses origines. Selon Hésiode, elle semble bien être la fille de Phorcys et de Cèto, les enfants de Pontos et de Gaïa (le Flot de la Mer et la Terre). Ailleurs, elle passe pour descendre de Tartare et de Gaïa, ou encore de Styx, ou de Chrysaor.

Elle vivait dans une caverne, en Cilicie, au pays des Arimes. D'autres traditions la placent dans le Péloponnèse : c'est là qu'elle aurait été tuée, par Argos-aux-Cent-Yeux, parce qu'elle avait coutume de dévorer les passants. On lui attribuait beaucoup d'enfants monstrueux : avec Typhon, elle engendra Orthros, le chien de Géryon, Cerbère, le chien des Enfers, l'Hydre de Lerne, Chimère, qui fut tuée par Bellérophon.

Avec Orthros, elle eut Phix, un monstre de Béotie, et le lion de Némée. On lui attribue encore le dragon de Colchide, qui gardait la Toison d'Or, et celui qui gardait les pommes des Hespérides, ainsi que l'aigle de Prométhée.

Les habitants des colonies grecques du Pont-Euxin racontaient une légende d'Echidna assez différente. Selon eux, Héraclès, parvenu en Scythie, avait mis ses chevaux à pâturer, pendant qu'il dormait ; à son réveil, il ne les trouva plus. En les recherchant, il trouva un monstre, Echidna, qui vivait dans une caverne, et qui lui promit de lui rendre ses chevaux s'il consentait à s'unir d'amour avec elle. Héraclès le voulut bien, et ils eurent trois enfants, appelés Agathyrsos, Gélonos, éponyme de la ville de Gélonoi, et Scythès, dont le dernier donna son nom à la race des Scythes.

ÉGÉE

Égée est un roi d'Athènes, père de Thésée. Il a lui-même pour père Pandion, successeur de Cécrops. Mais Pandion avait été expulsé d'Athènes par les fils de Métion à la suite d'une révolution ; il s'était retiré à Mégare, où il avait épousé Pylia, la fille du roi Pylas, et avait fini par prendre la place de son beau-père sur le trône.

C'est à Mégare que Pandion avait eu ses quatre fils, Egée, Pallas, Nisos et Lycos. Après la mort de Pandion, ses fils marchèrent sur Athènes et y reprirent le pouvoir, qu'ils se partagèrent, mais, comme ainé, Egée en eut la plus grande part, avec la souveraineté sur l'Attique.

Une autre tradition faisait d'Egée non le fils de Pandion, mais celui de Scyrios ; il n'aurait été que le fils adoptif de Pandion, et cela fondait la thèse des descendants de Pallas, contre Thésée, à qui ils contestaient la légitimité de son pouvoir.

Egée épousa d'abord Méta, la fille d'Hoplès ; puis Chalciopé, la fille de Rhéxénor (ou de Chalcodon). Malgré ces deux mariages, il ne pouvait avoir d'enfant. Il attribua cela à la colère d'Aphrodite Ourania, la déesse née d'Ouranos, et introduisit son culte à Athènes. Puis, il alla consulter l'oracle de Delphes, et la Pythie lui donna une réponse si obscure qu'il ne la comprit pas.

Cette réponse était la suivante : "Ne délie pas, toi, le plus excellent des hommes, la bouche qui fait saillie de l'outre à vin avant d'être parvenu au plus haut de la ville d'Athènes". Il revint vers Athènes, mais pendant le voyage il s'arrêta à Trézène, chez le roi Pitthée, le fils de Pélops. Celui-ci, entendant l'oracle, le comprit, et s'empressa d'enivrer Egée et de l'unir, dans la nuit, avec sa propre fille, Aethra (la nuit même où le dieu Poséidon s'unit également à la jeune femme.

En s'en allant, Egée chargea Aethra, si elle donnait le jour à un fils, de l'élever sans lui dire le nom de son père, mais il laissa, sous certain rocher, ses sandales et son épée, disant que lorsque l'enfant serait assez grand pour déplacer le rocher, il aurait là le moyen de retrouver son père. Cet enfant devait être Thésée.

C'est à son départ de Trézène que Médée vint trouver Egée et lui promit que, s'il l'épousait, la stérilité dont il était frappé prendrait fin. Egée l'épousa et elle lui donna un fils, Médos. Lorsque Egée, devenu homme, revint à Athènes, Médée, qui, par ses enchantements, savait qui il était, voulut d'abord le faire tuer par Egée, mais celui-ci le reconnut, et c'est Médée qui dut s'enfuir avec son propre fils.

Thésée arrivait à temps : les fils de Pallas, soulevés contre Egée, essayaient de le détrôner; Thésée les anéantit. Egée se rendit coupable, envers Minos, du meurtre d'Androgée, et bientôt Minos envahit l'Attique. Le tribut imposé, cinquante jeunes gens et cinquante jeunes filles chaque année, donna lieu à l'expédition de Thésée contre le Minotaure.

C'est cette même expédition qui causa la mort d'Egée, dans sa vieillesse. Thésée avait promis de hisser à son navire, s'il revenait vainqueur, des voiles blanches. Si les navires revenaient sans lui, ils devaient porter des voiles noires. Mais, frappé d'égarement par suite des malédictions d'Ariane, qu'il avait abandonnée à Naxos, Thésée oublia de changer ses voiles.

Egée, qui guettait son retour sur la côte, voyant la couleur des voiles, crut son fils perdu, et se précipita dans la mer qui, depuis, porta son nom, la Mer Egée.

ÉGÉRIE

Égérie est une nymphe de Rome, qui apparaît, semble-t-il, d'abord comme une déesse des sources, liée au culte de Diane des Bois (Artémis), à Némi. Elle avait aussi un culte à Rome même, auprès de la Porte Capène, au pied de la colline du Caelius.

Egérie passait pour avoir été la conseillère du pieux roi Numa. Elle était soit sa femme, soit son amie, et avait coutume de lui donner des rendez-vous la nuit.

Elle lui dicta sa politique religieuse, lui apprenant les prières et les conjurations efficaces. A la mort de Numa, la nymphe, de désespoir, versa tant de larmes qu'elle fut changée en source.

ÉOS L'Aurore

Eos est la personnification de l'Aurore. Elle appartient à la première génération divine, celle des Titans. Elle est, en effet, la fille d'Hypérion et de Théia et la sœur d'Hélios et de Séléné ; selon d'autres traditions, la fille de Pallas.

Avec Astraeos, un dieu de la même race (il était fils de Crios et d'Eurybié et frère du géant Pallas), elle engendra les Vents : Zéphyr, Borée et Notos, ainsi que l'Etoile du Matin (Eosphoros) et les Astres.

On la représente comme une déesse dont les doigts, "couleur de rose" ouvrent les portes du ciel au char du Soleil. Sa légende est tout entière remplie de ses amours. Autrefois, raconte-t-on, elle s'était unie à Arès, s'attirant ainsi la colère d'Aphrodite, qui l'avait punie en en faisant une éternelle amoureuse.

Ses différents amants furent : Orion, le Géant, fils de Poséidon, qu'elle enleva et emmena à Délos. Puis, Céphale, le fils de Déion et de Diomèdé (la fille de Xouthos), ou, selon d'autres, le fils d'Hersé et d'Hermès. Elle l'enleva et l'emmena en Syrie, où elle lui donna un fils, Phaéthon (qui passe, plus généralement, pour le fils du Soleil.

Enfin, elle enleva Tithonos, fils d'Ilos et de Placia (ou de Leucippé), de race troyenne, et l'emmena en Ethiopie, qui, dans les vieilles légendes, est le pays du Soleil. Là, elle lui donna deux fils, Emathion et Memnon. Celui-ci, qui semble avoir été son fils préféré, régna sur les Ethiopiens et mourut devant Troie en combattant contre Achille.

Eos avait obtenu de Zeus que Tithonos devînt immortel mais elle avait négligé de demander pour lui la jeunesse éternelle. Aussi Tithonos, en vieillissant, fut-il accablé d'infirmités. A la longue, Eos l'enferma dans son palais, où il menait une vie misérable. Ou bien, à force de vieillir, il perdit l'aspect d'un homme et devint une cigale toute desséchée.

EPIMETHEE

Epiméthée est l’un des quatre enfants de Japet et de l’Océanide Clyménè ou d’Asia. Il appartient à la race des Titans. Il a pour frère Atlas, Ménoetios et Prométhée, avec lequel il forme un couple, et dont il est l’exacte antithèse.

C’est l’instrument dont se sert Zeus pour tromper Prométhée, l’industrieux. Lorsque celui-ci eut remporté l’avantage sur le dieu à deux reprises, il défendit à son frère d’accepter le moindre présent de Zeus.

Mais Epiméthée ne put résister, lorsque Zeus lui fit offrir Pandore par Hermès. Pandore qui ouvrit la jarre contenant tous les maux. Et c’est ainsi qu’Epiméthée est responsable des malheurs de l’humanité.

Avec Pandore, il engendra Pyrrha, la femme de Deucalion.

EREBE

L'Erèbe est le nom des Ténèbres infernales. Personnifié, il a reçu une généalogie. On en a fait le fils de Chaos et le frère de Nyx (la Nuit).

ERINYES Les

Les Erinyes, appelées aussi les Euménides (c'est-à-dire les "Bienveillantes", d'un surnom destiné à les flatter, et par conséquent à éviter d'attirer sur soi-même, en les nommant d'un nom odieux, leur redoutable colère) sont des déesses violentes, que les Romains identifièrent avec leurs Furies.

Elles sont nées des gouttes du sang dont la mutilation d'Ouranos imprégna Gaïa (la terre). Elles appartiennent par conséquent aux plus anciennes divinités du panthéon hellénique. Ce sont des forces primitives, qui ne reconnaissent pas l'autorité des dieux de la plus jeune génération. Elles sont analogues aux Parques, ou Destins, qui n'ont d'autres lois qu'eux-mêmes, et auxquels Zeus lui-même doit obéir.

Primitivement, elles sont en nombre indéterminé. Puis, leur nombre se précise, ainsi que leurs noms : on en connait généralement trois, Alecto, Tisiphoné et Mégère. On les représente comme des génies ailés, dont les cheveux sont entremêlés de serpents; à la main, elles tiennent des torches ou des fouets.

Quand elles s'emparent d'une victime, elles la rendent folle, la torturent de toutes les manières. Souvent, on les compare à des "chiennes", qui poursuivent les hommes. Leur demeure est l'Obscurité des Enfers, l'Erèbe.

Dès les poèmes homériques, leur fonction essentielle est la vengeance du crime. Elles châtient tout particulièrement les fautes contre la famille. Par exemple, le crime d'Althée contre Méléagre lui est dicté par les Erinyes, comme vengeance, parce que Méléagre avait tué ses oncles.

Ce sont elles aussi qui causent les malheurs de la famille d'Agamemnon, à la suite du sacrifice d'Iphigénie; ce sont elles qui poussent Clytemnestre à tuer son mari, puis, qui la punissent par la main de son fils, et enfin, qui poursuivent celui-ci parce qu'il est le meurtrier de sa mère.

Elles jouent un rôle analogue dans la malédiction qui pèse sur Oedipe. Protectrices de l'ordre social, elles châtient tous les crimes susceptibles de le troubler, et aussi la démesure, l'Hybris, qui tend à faire oublier à l'homme sa condition de mortel. Elles interdisent aux devins et aux prophètes de révéler trop précisément l'avenir, et ainsi de retirer l'homme de son incertitude et de le rendre trop pareil aux divinités.

Par elles s'exprime la conception fondamentale de l'esprit hellénique en un ordre du monde qui doit être protégé contre les forces anarchiques. Naturellement, l'une de leurs fonctions essentielles est de châtier le meurtrier, non seulement l'assassin et le meurtrier volontaire, mais de façon générale l'homicide, car le meurtre est une souillure religieuse qui met en danger la stabilité du groupe social dans lequel il a été commis.

Généralement, le meurtrier est banni de sa cité et erre de ville en ville jusqu'à ce que quelqu'un consente à le purifier de son crime. Souvent, il est frappé de folie, par les Erinyes. Peu à peu, les Erinyes sont conçues comme des divinités des châtiments infernaux, à mesure que s'établit la croyance en un au-delà. Celle fonction apparait déjà, timidement, chez Homère. Mais c'est surtout dans l'Enéide qu'elle s'affirme.

Virgile les montres tourmentant les "âmes" des morts de leurs fouets, les terrifient de leurs serpents, au fond du Tartare. Il est possible que ces sombres conceptions aient subi l'influence de la religion étrusque, qui se plaisait à placer dans le monde infernal des êtres monstrueux qui torturaient les morts.

Dernière mise à jour le 22/01/2016
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