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L'Ordovicien Ère Paléozoïque ou ère primaire

Ordovicien Vidéo : L'ordovicien

Ordovicien : du terme "Ordovices" une tribu celte pré-romaine.

2 ème période du Paléozoïque (± -488 à -443 Ma)

L'Ordovicien se divise en 3 époques et 7 étages :

Ordovicien Supérieur Hirnantien - 445,6
Katien - 455,8
Sandbien - 460,9
Moyen Darriwilien - 468,1
Ordovicien III - 471,8
inférieur Floien - 478,6
Trémadocien - 488,3

Au début de l'Ordovicien :

Il y a 505 Ma, la vie animale n'existe que dans la mer. Vers la fin de la période, les animaux font leurs premiers pas sur la terre ferme.

l’Ordovicien est une époque de mer continentale peu profonde riche en vie. En particulier les trilobites et les brachiopodes sont variés et nombreux. Les premiers Ectoproctes (ou Bryozoaires) apparaissent ainsi que les récifs de coraux.

Les coraux isolés sont plus anciens et datent au moins du Cambrien.

Les mollusques, qui remontent eux aussi au Cambrien ou à l’Édiacarien (dernière période du Précambrien), deviennent communs, plus spécialement les bivalves, Gastropoda et Nautiloidea.

On a longtemps pensé que les premiers vertébrés datent de cette époque mais des découvertes plus récentes en Chine ont montré leur présence probable au début du Cambrien.

arte géologique au milieu de l'Ordovicien Milieu de l'Ordovicien

Géologiquement, la Terre a peu changée depuis le cambrien le proto-Gondwana occupe toujours la majeure partie de l’hémisphère sud et on retrouve le méga archipel constitué des continents Laurentia, Baltica et Sibéria baignant dans l’océan Iapétus.

Cependant une vaste calotte glaciaire située sur le continent sud, le proto-Gondwana a régulé autant le climat que le niveau des océans, et la planète connait une intense vague de froid entraînant une baisse des températures dans l’hémisphère sud tout en conservant un climat tempéré voir chaud dans l’hémisphère nord.

Si l’on s’accorde a compter cinq extinctions massives principales, la planète en a connue d’autres, d’intensité plus ou moins forte. Par exemple, au cours des 50 Ma qui constitue le Cambrien, on ne dénombre pas moins de trois extinctions.

La première eu lieu il y a environ environ 517 Ma, au cours de l’étage du Botomien. La seconde, un peu plus tard, il y a 502 Ma à l’étage du Dresbachien. Puis la dernière, il y a approximativement 488 Ma, à la fin du cambrien, durant le Furongien, l’époque qui fait le lien avec l’ordovicien.

Je ne vais pas m’étendre ici sur les causes des causes de ces extinctions, car bien que des hypothèses aient été émises... glaciation, impact météoritique, épanchement basaltique ou encore l’épuisement de l’oxygène dans les océans, vu la rareté des fossiles de cette époque, aucune de ces hypothèses ne fait vraiment l’unanimité, et le mystère reste entier.

Trilobite Phacops Rana Trilobite Phacops Rana

Cependant pour la dernière, l’extinction cambrien / ordovicien, la théorie la plus répandue serait celle d’une glaciation et le brusque changement de température qui aurait entraîné la disparition de près de 40% des espèces, notamment certaines espèces de trilobites alors très nombreux.

Le cambrien s’achève donc par une extinction, et comme on a pu le voir pour d’autres extinctions, les niches écologiques laissaient vacantes vont vite êtres prises d’assaut par les espèces survivantes, ce qui ensuite a entraîné une radiation évolutive.

Donc au début de la période ordovicienne, l’océan foisonnant de vie du cambrien à laisser place à un océan bien plus calme.

Le niveau des océans étant plus bas, les hauts fonds sont plus nombreux, toutes les espèces rescapées apparus lors de l’explosion cambrienne se multiplient et les animaux de toutes sortent continuent à s’épanouir sur les fonds marins.

La vie reprend son cours, et rapidement les océans grouillent littéralement de vie durant cette période, avec une multiplication exceptionnelle du nombre de familles et de genres d'organismes marins. On appelle cela « l'Événement de la Grande Biodiversification Ordovicienne » ou GOBE en anglais.

Great Ordovician Biodiversification Event : GOBE

De plus, la diversification rapide du plancton, favorise le développement de la faune benthique qui vit sur le plancher océanique, et malgré la catastrophe, les trilobites, bien que moins nombreux en terme d’espèces, sont toujours légion sur le fond marin, ainsi que les crinoïdes et les brachiopodes bivalves, qui eux vont voir leur population exploser.

Et de noveaux arrivants ne tardent pas à apparaître. C’est le cas des coraux, en effet, c’est durant l’ordovicien que ces minuscules organismes vont commencer à coloniser les océans et bâtir les récifs coralliens, véritables écosystèmes qui vont largement contribuer à l’enrichissement de la faune marine.

Le Pikaia, notre ancêtre a tous ? Le Pikaia, notre ancêtre a tous ?

D’autres organismes minuscules apparaissent, les bryozoaires, ce sont de minuscules invertébrés protégés par des squelettes chitineux incrustés de calcaire. Comme les coraux, ils se développent en colonies, constituant des amas ressemblant à des plantes, ces bryozoaires, et sont toujours très répandus actuellement.

je vous ai déjà parlé de Pikaia, ce petit animal de quelque centimètre de long qui fut, pense t-on le premier animal à posséder une proto-colonne vertébrale, faisant de lui l’un des premiers vertébrés.

Pikaia et les autres membres de son espèce, outre le fait qu’ils soient des animaux dits bilatéraux, ils appartiennent à la classe des céphalochordés, entendez par là qu’ils sont dotés d’une "chorde", une colonne vertébrale primitive qui s’étend sur toute la longueur de l’animal, ainsi que d’un crâne.

C’est autour de cette "chorde" servant en quelque sorte de charpente que s’assemblent les muscles et les organes constituant l’animal. Cependant la chorde de Pikaia n’est pas faite d’os mais plutôt de cartilage, et certains poissons garderons cette particularité.

C’est le cas des chondrichtyens, les poissons cartilagineux dont les descendants évoluent encore de nos jours, les plus populaires étant les raies, les poissons scies, les chimères ou encore les requins.

C’est aussi le cas des poissons sans mâchoires, les Agnathes, qui disparaîtront plus tard, durant le trias, la lamproie que nous connaissons encore aujourd’hui et les poissons emblématiques de l’ordovicien, les ostracodermes.

Si auparavant, Pikaia se nourrissait via ses branchies, l’évolution est passée par là, désormais, pour bon nombre d’espèces, les branchies n’occupent plus qu’une seule fonction, la respiration.

Le Pikaia, notre ancêtre a tous ? Arandaspis

Mais les ostracodermes, petits poissons primitifs comme Astrapis ou Arandaspis  qui n’ont pas encore véritablement développé les nageoires, nageant uniquement à l’aide de la partie postérieure de leur corps, laissant présager l’apparition de la future nageoire caudale.

En outre, ils ne possèdent pas encore de mâchoire, se contentant d’aspirer leur nourriture, certainement de petits invertébrés peuplant les fonds marins ou de débris d’animaux morts.

Piètres nageurs, ces poissons primitifs évoluent sur le plancher océanique et face aux prédateurs ils avaient pour seul moyen de défense un blindage recouvrant la tête et une partie de leurs corps, des yeux, eux aussi très primitifs, leur permettant de distinguer des ombres ainsi qu’une peau très sensible aux vibrations leur permettant d’échapper aux éventuels prédateurs qui hantaient les océans de l’ordovicien.

Et ils étaient nombreux les prédateurs, car, issus de l’explosion cambrienne d’autres animaux, ont eux aussi évolués et se sont diversifiés, c’est le cas des mollusques céphalopodes et des terrifiants arthropodes marins.

Céphalopode : pieds à la tête

Si les animaux jusqu’à cette période étaient quasi exclusivement benthique, vivant près des fonds marins, c’est au cours de l’ordovicien qu’apparaîtront les animaux dit pélagiques.

orthocere Nautiloïde orthocère

Parmi la grande variété de mollusques céphalopodes, ce sont les  céphalopodes orthocérides et lithuitides qui vont être les premiers à nager en eau libre et de ce fait devenir les premiers prédateurs pélagiques.

Orthocérides : à coquille conique droite

De tailles modestes, n’excédant pas quelques centimètres, ces céphalopodes primitifs atteindront plusieurs dizaines de centimètres à la fin de l’ordovicien et bien plus par la suite.

Nautiloides Nautiloïde

Lithuitides : à coquille conique et enroulée à l'extrémité

Vivant dans le dernier compartiment de leurs coquilles, au fur et à mesure de leurs croissances, ils fabriquent un nouveau compartiment, plus grand bien entendu.
Les compartiments arrières servaaient probablement de ballasts afin d’évoluer verticalement dans la colonne d’eau.

Ils sont de féroces prédateurs pour la faune marine, y compris pour les autres prédateurs ceux qui évoluent sur le plancher océanique, à savoir les arthropodes.

Arthropodes : pieds articulés

Lorsque les premiers arthropodes du cambrien firent leur apparition, c’étaient de petits animaux de quelques centimètres recouverts  d’une carapace relativement fine.

Mais au cours de l’ordovicien, les arthropodes se muent en de véritables monstres marins à la carapace blindée.

Un de ces petits monstres marins est toujours parmi nous, il s’agit de la Limule, cet animal au sang bleu a traversé les millions d’années, résisté aux pires cataclysmes que la planète a connu pour nous parvenir… et se faire pratiquement exterminer, par notre espèce.

Effectivement, la famille de la limule apparait à l’ordovicien, mais ce n’est pas un prédateur, le prédateur est un de ses proches parents, il se nomme Euryptéride, un cousin des araignées et autres scorpions.

Du reste, il est généralement connu sous le nom de scorpion de mer.

Les Euryptérides pouvait atteindre des tailles énormes, à l’image du Pentecopterus découvert au fond d’un cratère aux Etats Unis en 2015.

Mesurant près de 1,80M de long, celui-ci à tous les attributs d’un véritable monstre marin, une armure impénétrable, des yeux, plusieurs pattes et une paire de pinces.
Il était incontestablement, avec les céphalopodes orthocérides, les des plus grands prédateurs de l’ordovicien.

Avant de conclure, jetons un rapide coup d’œil sur la Terre ferme. A priori, il ne s’est pas passé grand-chose depuis le Cambrien.

Encore quelques lichens et en regardant de très, très, très près, on remarque des spores, des spores primitives, unicellulaires….

Et comme les histoires d’amour, l’ordovicien va mal se finir.

Nous parlons ici de la première des six extinctions massives majeures qu’a subie la planète Terre, et la crise ordovicien/silurien figure en deuxième position pour sa gravité. Entre 70% et 80% des espèces sont définitivement balayées de la surface de la Terre… ou plutôt des fonds des mers.

Cette théorie veut que la Terre ait été frappée par un jet de rayonnements gamma issu d'une supernova.
Cette irradiation aurait alors provoqué des changements dans l'atmosphère, entraînant une dégradation de la couche d'ozone et un assombrissement global de forte ampleur, cause de la glaciation.

Cette théorie ne fait cependant pas l'unanimité dans la communauté scientifique.

Voir : "L'extinction massive de l'Ordovicien"

 

Dernière mise à jour le 08/04/2017
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