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MYTHOLOGIE GRECQUE - PALEONTOLOGIE

HISTOIRE DE FRANCE - SYSTEME SOLAIRE - LECTURE - PHILATELIE


Le Dévonien Ère Paléozoïque ou ère primaire

4 ème période du Paléozoïque (± -416 à -359 Ma)

Dévonien Le Dévonien

Dévonien : du terme "Devon" en Angleterre.

Le Dévonien se divise en 3 époques et 7 étages :

 

Dévonien Supérieur Famennien - 374,5
Frasnien - 385,3
Moyen Givétien - 391,8
Eifelien - 397,5
inférieur Emsien - 407,0
Praguien - 411,2
Lochkovien - 416,0
Carte géologique du début du Dévonie Début du Dévonien

Le Dévonien, une période charnière pour la végétation et pour les vertébrés

Le dévonien débute suite au Silurien, a 2/3 Ma près, nous sommes il y a, 419 Millions d’années et celui-ci s’étale sur environ 60 Ma.

Par ailleurs le Dévonien est divisé en trois époques nommées de façon originale : inférieur, moyen et supérieur. Epoques elles mêmes divisées respectivement en 3, 2 et 2 étages.

Le Dévonien doit son nom à une région du sud ouest du Royaume Unis, le Dévon, ou furent trouvés des strates géologiques de cette période.

C’est de nouveau, Roderick Murchison, cette fois-ci avec son confrère géologue  Adam Sedgwick qui proposeront cette appellation.

Du coté géologie, la planète est toujours recouverte en grande partie par l’immense océan Panthalassa. Aussi, durant le Dévonien, le super continent Protogondwana qui autrefois englobait la majeure partie de l’hémisphère sud, glisse lentement mais surement vers le nord.
Ce qui l’amènera inexorablement à percuter plus au nord, le jeune continent Laurussia formé au cours du Silurien.

Ainsi dès la fin du Dévonien, les deux continents s’apprêteront à s’unir pour former dès le début de la période suivante, le Carbonifère, un seul et unique supercontinent, la future Pangée.

En l’absence de calottes glaciaire au début du dévonien la planète, bénéficie d’une température relativement chaude oscillant aux alentour des 25/30degrés. Cependant, la prolifération de la végétation qui absorbe une grande quantité de CO², entraine un rafraichissement, aussi au cours du Dévonien moyen la température globale, bien que toujours clémente sera en baisse, puis s’élèvera de nouveau vers la fin de la période. En bref, il fait chaud !

Ostracoderm Pteraspis Ostracoderm Pteraspis

Le Silurien n’ayant connu aucune extinction de grande ampleur, la dernière datant de la fin de l’Ordovicien, plus de 20Ma sont passés en toute quiétude. Aussi, dans le vaste océan Panthalassa, et plus précisément dans les hauts fonds bordant les continents, La vie animale s'épanouit, et dire que la biodiversité est florissante est un doux euphémisme.

Les récifs coralliens s'étendent sur des millions de mètres carrés, de véritables écosystèmes peuplés d'éponges, de brachiopodes, crinoïdes, trilobites, mollusques céphalopodes et bien d’autres encore. A quelques choses près, on retrouve plus ou moins les espèces du Silurien, trilobites, arthropodes marins, nautiloïdes et bien entendu…  les poissons.

Ostracoderm HemicyclaspisOstracoderm Hemicyclaspis

Cependant, on remarque certains changements morphologiques chez ces derniers… les poissons ont évolué.

En effet, les ostracodermes, premiers poissons sans mâchoires apparus au Silurien vont devoir laisser le devant de la scène, si je puis dire, aux nouveaux venus, les placodermes. De leurs cousins, les ostracodermes, les placodermes ont conservé leur armure, leur blindage de plaques osseuses recouvrant la partie antérieure de leur corps. De plus, désormais ils sont équipés de nageoires…

Fini, les poissons benthiques, cloués, au plancher océanique cherchant à échapper aux terribles scorpions des mers, les euryptérides.
A l’aide de ces nouvelles nageoires, ils découvrent une nouvelle dimension, la hauteur. Ils peuvent désormais évoluer dans la colonne d’eau, ce qui fait d’eux les premiers poissons pélagiques.

DunkleosteussPlacoderme Dunkleosteus

Bien que les nageoires leurs ouvrent de nouvelles perspectives, ce qui va réellement changer, c’est un autre changement morphologique, la mâchoire, la mâchoire articulée. Il s’agit d’une mâchoire osseuse dépourvue de dents, néanmoins, pour certains d’entre eux, elles sont munies d’excroissances osseuses aux arêtes tranchantes. Dorénavant , ils peuvent attraper, mordre, déchirer.

Terminer l’époque ou les poissons aspiraient leur nourriture sur les fonds marins. Désormais, armés et dangereux, les poissons placodermes deviennent rapidement des prédateurs de tout premier plan, chassant tout ce qui passe à leur portée. Ce qui est le cas des célèbres dunkléosteus, Ils deviennent les super prédateurs du moment et ils le resteront jusqu’à la fin du dévonien…

Pour le plus grand malheur d’un autre groupe de poissons qui vient d’apparaitre, les chondrichtyens ou poissons cartilagineux, ancêtres des requins, raies, etc.. Eux auront aussi leur heure de gloire, mais… plus tard…

Mixopterus Evolution des poissons

Au cours du Dévonien apparaissent deux classes de vertébrés aquatiques issus des Ostéichtyens :

D’une part les poissons à nageoires rayonnées, où poissons à arêtes, les Actinoptérygiens. Qui constituent encore aujourd’hui plus de 29.000 espèces soit 50% des vertébrés.

Et d’autre part nos très très loin ancêtres les poissons à nageoires charnues, les premiers Sarcoptérigyens.

Il s’agit de poissons osseux qui outre les branchies, sont munis de poumons, ce qui leur confère la faculté de respirer à l’air libre, dans un premier temps, durant de courtes périodes. Ce ne sont pas encore des tétrapodes, mais ils y ressemblent, ce sont des tétrapodomorphes.

Hyneria était un poisson préhistorique aux allures de monstre marin qui vécut sur notre planète durant la période dévonienne. Hyneria

Tel Eusthenopteron, ou encore Hynéria, connu par la plupart d’entre nous grâce au superbe documentaire de la BBC "Sur la terre des géants" Et comme on peu le constater dans ce documentaire, bien que massif, cet énorme poisson de 3-4 mètres pour pratiquement deux tonnes avait semble t-il la faculté, que dis-je, la force de se hisser sur les berges, grâce à ses "nageoires charnues" pour chasser un tétrapode plus évolué, en l’occurrence Hynerpeton.

Nous reviendrons aux tétrapodes un peu plus tard… dans quelques Millions d’années. Intéressons nous à la terre ferme.

Les premières végétations rampantes de la fin du Silurien, cèdent peu à peu la place à une végétation plus évoluée comme les fougères ou les lycopodes. Lycopodes qui du reste sont jugés par certains comme étant les premiers végétaux arborescents. Depuis la formation de la Terre, c'est la première fois que la végétation continentale est luxuriante, la température est chaude et humide, de minuscules insectes prolifèrent. Ce sont les seuls habitants terrestres.

En l’absence d’herbivores sur le continents, au cours du Dévonien la conquête de la terre par les végétaux tourne rapidement à la colonisation. Ainsi, on voit apparaître les premières forêts, la végétation est luxuriante et diversifié et dès la fin de cette période, les premières plantes à feuilles larges feront leur apparition, ce qui, via la photosynthèse et l’oxygène qui en résulte contribuera à enrichir l'atmosphère de la planète en dioxygène.

Pour se prémunir des prédateurs, certains poissons se réfugient dans les rivières, les mangroves, les lagunes ou les encore les marécages, dans une eau saumâtre peu profonde ou s’entremêle un grand nombre de racines, feuilles mortes et autres végétation en décomposition. Certes dans cet environnement exigüe, l’animal est à l’abri du prédateur qui rôde non loin dans les eaux vives, mais ses nageoires ne sont pas de grandes utilités.

Cependant en les utilisant différemment, elles permettraient à l’animal de s’accrocher en cas de courant, de se frayer un chemin en écartant les racines ou en aplatissant les feuilles mortes sur la vase.

Donc c’est avec le temps, que l’animal va s’adapter à environnement et en quelques millions d’années, ces poissons voient leur corps changer, leur morphologie s’adapter et leur nageoires muter en sortes de "proto pates", bien plus efficaces dans cet environnement chaotique.

Tiktaalik Tiktaalik

Enfin, vers la fin du Dévonien au cours de l’étage du Frasnien, apparaissent les tous premier "tétrapodes", à l’image de Tiktaalik découvert en 2004 dans l’arctique Canadien. Tiktaalic est une belle bestiole, pouvant mesurer jusqu’à deux mètres de long et puisqu’il évolue dans une faible quantité d’eau, pour garder son corps immergé, son corps et sa tête se sont aplaties.

Les eaux saumâtres sont pauvres en oxygène, ce qui amène l’animal à venir respirer en surface, aussi les narines et les yeux se placent-ils au dessus de la tête, de façon à pouvoir respirer sans à sortir la tête de l’eau. A l’image des crocodiles actuels.

Tiktaalik n’est plus un poisson, mais ce n’est pas non plus un véritable tétrapode, pour être exact, c’est un Trétrapodomorphe ! Il a la morphologie d’un tétrapode sans en être un pour autant !

Il se situe entre le poisson et le tétrapode, c’est une espèce aux caractéristiques anatomiques intermédiaires entre les poissons et les tétrapodes, il possède une mosaïque de caractères morphologique qui fait de lui un parent très proche des tétrapodes, un "Taxon-frère" des Tétrapodes.

Quoi qu’il en soit, Tiktaalik possède un  cou qui semble mobile, des poignets et les rayons dermiques de ses nageoires s’apparentent à des doigts, ce qui lui permet tant bien que mal en cas de crise majeure de pouvoir passer d’une mare à un autre en rampant ou en se tortillant, il ne marche pas à proprement parler, il ondule plus qu’autre chose. Cependant il peut respirer en surface aussi bien que dans l’eau !

Une trentaine de Ma passent, ce qui nous amène au Dévonien supérieur. C’est maintenant, que rentrent en scène les premiers tétrapodes stégocéphales.

Dans un premier temps les tétrapodes tout comme Tiktaalik, sont exclusivement aquatique, exceptionnellement il peuvent sortit de l’eau, mais ils reste tout de même majoritairement aquatique. C’est le cas d’Ichthyostéga !

Ichthyostéga, est un gros lourdaud d’environ 1,50 mètre cinquante, qui est considéré comme un des lien de transition les plus important entre les vertébrés marins et les vertébrés totalement terrestre. Mais pour voir réellement un tétrapode de déplacer sur la terre ferme, Il faut attendre l’arrivé d’Acanthostéga.

Carte géologique de la fin du Dévonien Fin du Dévonien

Plus petit que son cousin, et bien plus svelte, Acanthostega mesure environ 60 centimètres. Cela dit, tous les tétrapodes n’étaient pas petits ! Pour preuve dans le sud de la France on a retrouvé des morceaux de crânes d’un tétrapode datant du Carbonifère, permettant d’évaluer la taille du monstre à plus de cinq/six mètres. Aussi gros, voire plus gros qu’un crocodile marin.

Acanthostega un petit tétrapode qui fera un grand pas.

En effet ça serait lui le véritable "Neil Amstrong" des tétrapodes stégocéphales. Durant les Millions d’années à venir, Acanthostega et ses descendant feront des aller retour de la mer à la terre jusqu'à devenir des vertébrés complètement terrestres.

Entre temps, les scorpions, eux aussi sont sortis de l'eau et sont rapidement rejoints par les araignées. Ils seront bientôt les maîtres sur terre.

À la fin du Dévonien :

Nous sommes à la fin du Dévonien, bientôt le Carbonifère et voila que plus 80 Ma ont passés sans une petit extinction. Cette fois ci je rentre pas dans le détail, voir ici.

L'écosystème a été fortement atteint; les récifs disparaissent pour ne revenir que beaucoup plus tard, au Trias.

Les poissons marins sont affectés, alors que ceux d'eau douce le sont beaucoup moins; peu de trilobites survivent.

Suite à l'extinction dévastratrice, le salut viendra des végétaux, la végétation gourmande en CO² fera le ménage dans l’atmosphère tout en produisant de l’oxygène, ce qui peu à peu, stabilisera les températures et puis tout finira par revenir à la normale.

La végétation est désormais omniprésente sur le globe, les températures tropicales, nous sommes il y a 360 Ma en arrière, nous sommes au carbonifère …

 

Voir : "L'extinction massive du dévonien"

 

Trilobite Phacops Rana Trilobite Phacops Rana
Placoderme Bothriolepis Placoderme Bothriolepis

Dernière mise à jour le 25/08/2017
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