Retour à l'accueil

MYTHOLOGIE GRECQUE - PALEONTOLOGIE

HISTOIRE DE FRANCE - SYSTEME SOLAIRE - LECTURE - PHILATELIE


Le Néogène (23Ma -> 2,5Ma)

-20Ma, époque du Miocène

Il y a 23Ma  nous entrons dans une nouvelle période : le Néogène. Pour rappel, le néogène se divise en deux époque, le Miocène et le Pliocène.

Le Miocène

Le Miocène couvre presque la totalité de la période sur environ 18 Ma et le Pliocène lui, durera un peu moins de 3 Ma.  au Miocène.

Depuis l’Eocène le climat se refroidit, cependant le Miocène semble connaître un regain de chaleur, les températures remontent, dépassant mêmes durant un bref laps de temps celles de l’Oligocène, c’est un évènement relativement éphémère car les températures ne tardent pas à reprendre leur chute libre pour atteindre en fin de période, des températures négatives.

C’est le début de l’ère glaciaire, ère glaciaire qui perdurera durant tout le pléistocène et une partie de l’holocène, la période actuelle. Il y a 20Ma, la morphologie de notre planète est de prime abord quasi similaire à celle que nous connaissons aujourd’hui… à quelques détails près, notamment l’Amérique du sud qui n’est toujours pas reliée au continent nord, ou encore la péninsule arabique toujours rattachée au continent africain, et le Groenland n’est encore gelé, ce qui ne va pas durer.

Du côté européen, l’ancien archipel n’est plus, le continent Européen se dessine peu à peu. La mer en se retirant a laissé place à des îles bien plus grandes, l’Europe est donc en train de se former et l’océan Téthys est en passe de se refermer.

Concernant la Téthis, tout du moins côté français, quelques Ma auparavant au cours de l’oligocène (l’époque précédente), les forces tectoniques se sont mises à l’œuvre, et en l’espace d’une dizaine de Ma le processus géologique détache définitivement le bloc Corso-sarde du continent.

Restons dans le milieu aquatique, qu’en est-il des océans du globe au cours du Néogène, vu qu’il n’y a plus de grands reptiles marins ? Au cours du Paléogène les vertébrés marins, les "poissons", en avaient profité pour combler les niches écologiques désormais vacantes, et au sommet de la chaîne alimentaire se trouvent les poissons cartilagineux, les chondrichtiens, autrement dit les requins.

Mégalodon Mégalodon

Les chondrichtiens, bien qu’affectés par la tragique extinction K-Pg, sont les prédateurs incontestés des océans et depuis, ils ont évolués. Pour rappel, à ce moment de notre histoire, les requins ou tout du moins les chondrichtiens sont déjà présents dans les mers du globe depuis environ 380Ma, depuis le Dévonien, et les requins modernes depuis le permien, donc entre 300 et 250Ma. Donc sans prédateurs, ils sont à la fête, et ce n’est rien de le dire car les mers du globe sont hantées par le plus terrible d’entre eux, le fameux… Mégalodon

L'ère des cétacés

Le miocène est parfois nommé l’ère des cétacés. On assiste à une véritable explosion du nombre d’espèces et c’est le moment où l’ordre se divise en deux groupe, les odontocètes, les cétacés pourvus de dents, comme les cachalots, orques et autres dauphins, et les mysticètes, les baleines à fanons.

Depuis le Paléogène, mis à part les oiseaux terreurs d’Amérique du sud, en règle générale ce sont les mammifères qui mènent la danse, et bien évidemment, eux aussi se sont diversifiés et évolués. C’est le cas d’un certain "phacochère" carnivore, le terrible Antélodonte…

Une des spécificités des mammifères outre les mamelles, c’est leur dentition, en effet, à l’inverse des reptiles qui en règle générale ne possèdent qu’un seul type de dents, certes en grande quantité, les mammifères eux sont dotés de toute une armée de dents différentes, des incisives pour attraper, couper, des canines pour déchirer puis des pré- molaires et molaires pour broyer. En gros, les mammifères, nous avons tout un arsenal dans la bouche.

Et lorsque le mammifère en question est une énorme machine de guerre carnassière de la taille d’un taureau voire celle d’un hippopotame selon l’espèce, d’un crâne épais faisant un tiers de sa taille le tout dirigé par un cerveau minuscule, ça donne à réfléchir ! D’autant plus qu’on lui prête un caractère agressif, en bref, rien dans le crâne tout dans les muscles, un cocktail des plus savoureux, un cocktail nommé Antélodonte.

L'Entélodonte

Les Entélodontes (dents parfaites) sont de lointains cousins de nos porcins actuels, les Suidés, des animaux appartenant à l’ordre des artiodactyles, les animaux à sabots pairs. Ils sont apparus au cours de l’Eocène, d’abord de taille modeste, ils atteindront des tailles conséquentes, voire monstrueuses au cours de l’Oligocène et du Miocène, époque durant laquelle ils s’éteindront.

Crâne d'Entelodonte

Imaginez une gueule énorme, et ce n’est rien de le dire, une gueule énorme armée de toute une série de dents, montée sur un corps massif et musclé propulsés par de longues pattes faites pour la vitesse, j’aime autant vous dire, qu’il ne devait pas être de bonne augure d’être un paisible herbivore qui croise un animal de ce genre ! Voyez ce crâne, vous serez d’accord avec moi : lorsque je parle « d’arsenal dentaire », je ne suis pas très loin de la vérité ! Certes je vous donne là une image de l’animal sans doute influencée par les divers documentaires, cependant, d’autres (wiki) le voient plutôt comme […un médiocre prédateur bruyant et puant s’en prenant à de petit animaux lents comme les serpents, les tortues et les oisillons ou charognard suivant les vrais prédateurs, afin de se repaitre de leur restes …] voire même cannibale… Là, honnêtement j’ai un sérieux doute… charognard, je veux bien, dans la nature, n’importe quel prédateur ne crache pas sur un repas tout près, c’est dans l’ordre des choses, d’autant plus que les dents de cet animal sont typiquement celle d’un broyeur d’os, d’un charognard.

Entélodonte Entélodonte

Du reste, sa morphologie n’est pas sans rappeler un animal actuel, la hyène. Un thorax puissant, de longues pattes antérieure et un arrière train moins massif monté sur des pattes postérieures plus courtes. Et à la vue du squelette et de ses dents, j’ai du mal à imaginer que la sélection naturelle aurait doté un animal de tels attributs à pour en faire un mangeur de serpent, de tortue ou autres oisillons, mais plutôt un animal opportuniste, tout comme la hyène, mais c’est juste mon sentiment personnel.

Entelodon magnus

Quoi qu’il en soit, figurez-vous qu’un de ces monstres Entelodon magnus, un des plus gros : 1 tonnes de muscles pour pas loin de 2 mètres au garrot, arpentait les terres françaises. Il fut découvert par Auguste Aymard en 1846 ou 1848 selon les sources, en haute-Loire, et ce n’est pas le seul, un autre Entelodonte fut décrit par un certain joseph Repelin en 1918, celui-là évoluait dans le Lot-et-Garonne sur la commune Villebramar. Apparemment, il s’agissait d’un animal très commun et très répandu en Europe, en Amérique du nord ainsi qu’en Asie.

Revenons à la géologie, depuis des centaines de Ma les forces tectoniques entrainent inéluctablement la plaque africaine du sud vers le nord, aussi ce qui devait arriver, arriva. Centimètres après centimètres l’Afrique finit par rejoindre l’Europe. A l’ouest le futur Maroc vient percuter la pointe sud de la péninsule Ibérique et à l’est la future plaque arabique encore accolée à l’Afrique vient s’encastrer dans l’Asie. Au cours de ce processus la plaque arabique se désolidarise du continent africain, ouvrant ainsi la mer rouge sur son côté ouest et à l’est cela engendre la surrection des monts Zagros à l’est sur l’Iran actuel tout ainsi que la formation du golfe arabo persique.

Surrection : soulèvement lent et progressif d’une zone de l’écorce terrestre

Il en résulte la fermeture définitive du Paléo-océan Téthys, après plus de 400 Ma d’histoire, il est désormais la mer Méditerranée. Ce qui nous amène au Pliocène.

Le pliocène

Le pliocène, bien qu’étant une époque relativement courte comme nous l’avons vu, moins de trois Ma, est marqué par divers faits importants, géologique, météorologiques et biologique. Météorologique car c’est une époque de refroidissement global et de dessèchement.

En effet, bien des jungles, des forêts laissent places à de vastes prairies et des savanes là ou la végétation de graminée va s’épanouir de plus belle. En France, sous la poussée de la plaque africaine sur l’Europe, les Pyrénées et les Alpes continuent orogénèse et par extension donne lieu à la surrection des Vosges.

En Asie, il en va de même pour la chaîne Himalayenne ; sous la contrainte de la plaque indienne sur le continent asiatique Et pour terminer c’est l’époque qui voit le Groenland se recouvrir de glace. C’est surtout outre-Atlantique, qu’un grand bouleversement va avoir lieu, au niveau de l’Amérique centrale, la tectonique, encore elle…

Phorusrhacos Phorusrhacidae, un oiseau-terreur

En bref ! l’isthme de Panama se referme créant ainsi une passerelle naturelle entre les deux Amériques, et à l’instar de "la grande coupure" Européenne, cela va provoquer un flux migratoire entre les deux continents. Ce flux migratoire est nommé "le grand échange interaméricain". Les placentaires vers descendant vers le sud et les marsupiaux remontent vers le nord ! Et tout comme pour la "grande coupure", qui eut lieu en Europe au paléogène, certaines espèces vont disparaitre, surtout chez les carnivores, ce qui est le cas des Phoruracidés, les fameux oiseaux terreurs. Ce sera aussi le cas du thylacosmilus, le tigre à dents de sabres marsupial.

Quant aux marsupiaux ayant migrés sur le territoire nord-américain, ils durent faire face à un climat bien plus froid que celui auquel ils étaient habitués, bref la chance n’était pas avec eux. Un fait étonnant à propos des placentaires et marsupiaux, ils ont évolué sur des continents différents, mais dans des niches écologiques plus ou moins équivalentes et il est remarquable de constater que bien souvent le placentaire avait son homologue marsupial, et vice et versa.

Smilodon Smilodon

Un des cas les plus flagrant étant celui du fameux tigre à dents de sabre, Smilodon et son homologue marsupial le Thylacosmilus cité plus tôt. Une évolution parallèle, en somme ! On parle ici de convergence évolutive. Heureusement, pour les marsupiaux, il existe une "petite île" ou ils pourront poursuivre leur évolution !

Par ailleurs, la fermeture de l’isthme de Panama à eu un autre impact au niveau mondial. En effet, cela à modifier les courant marins alors en place depuis des Ma, et suite à la réunion des deux Amérique les courants marins ont radicalement changés, c’est ainsi qu’est né le fameux Gulf stream, sorte de tapis roulant aquatique qui régule une grande partie du climat sur notre planète, et qui au passage à probablement glacé le Groenland.

La mer Méditerranée asséchée (la crise de salinité méssinienne)

Crise de salinité méssinienne

Revenons du côté de l’Europe, la mer Méditerranée est en train de s’assécher. En effet, il y a 6Ma se produit la "crise de salinité méssinienne", l’assèchement de la mer Méditerranée. A cette époque les eaux de l’océan Atlantique se déversent dans la Méditerranée non pas par le détroit de Gibraltar actuel mais par deux longs chenaux, l’un à travers le Rif Marocain, l’autre à travers le sud de l’Espagne, en Andalousie, de Cadix à Alicante.

Mais la plaque africaine, continue de pousser sur l’Espagne, et années après années, mètres par mètres, la tectonique fait glisser les piles de sédiments jusqu’à recouvrir et condamner les deux passages l’un après l’autre, ainsi se ferma la mer Méditerranée. Privée d’eau, sous un soleil implacable, la mer s’évapore au rythme d’à peu près un mètre par an, et malgré les quelques fleuves qui continuent de se déverser dans les bassins méditerranéens, comme le Rhône ou le Var pour ne parler que de la France.

On parle "des bassins", car il faut savoir que la méditerranée est constituée du bassin occidental et le bassin oriental plus profond, la limite se situant au niveau de la Sicile, sous la botte italienne. Bref, malgré l’apport en eau des fleuves, les pertes par évaporation prennent le dessus et en l’espace de deux ou trois millénaires, l’ancienne Téthys est quasiment vidée.

Cependant, au cours des 300.000 ans qui vont suivre, à ce à plusieurs reprises les eaux de l’océan reviendront et s’évaporeront à nouveau. Comment le savons-nous ? de savants calculs montrent qu’une seule évaporation de la mer représenterait un dépôt de sel d’une vingtaine de mètres d’épaisseur or on est loin du compte, loin de là. Lorsqu’on découvrit la présence de ces nappes de sel tapissant les fonds de la Méditerranée en 1970, les forages effectués par le navire "Glomar Challenger" traversèrent 2000 mètres de sel. Ce qui prouvent que la mer a dû s’évaporer non pas une seule fois mais une bonne centaine de fois, on peut donc en déduire que l’océan a dû certainement déverser de son eau à plusieurs reprises.

On peut imaginer que phénomène a dû être bien plus complexe que raconté ici, toujours est-il qu’en lieu et place de notre "Mare nostrum" était un trou béant, en grande partie recouvert d’une épaisse couche de sel et au plus bas, d’une eau stagnante a la teneur en sel quelque peu élevée, tout ceci sous un soleil de plomb, je vous laisse imaginer le paysage, un désert brûlant au fond d’un trou.

Pour rappel, la profondeur moyenne de la Méditerranée est de 1.500 mètres et sa profondeur maximale atteint plus de 5000. Je doute fort que les hominidés de cette époque appréciaient cet endroit. Bref, ce petit interlude méditerranéen va durer pas loin de 700.000 ans, jusqu’au moment où l’érosion et la sempiternelle tectonique vont avoir raison des roches obstruant le détroit de Gibraltar. Celui-ci va céder et des trombes d’eau incommensurables s’engouffrent pour remplir les bassins asséchés, et ce… selon une dernière étude en seulement 2 ans, une inondation cataclysmique, il y aurait eu des cascades de plus de mille mètres, imaginez ça, les chutes du Niagara version XXL…

Le Néogène fut une période pour le moins mouvementée, cela-dit, vu que c’est une période "relativement jeune", il va de soit que nous sommes mieux informés. Il est évident qu’il est plus facile de découvrir les aspects d’une période datant de quelques Ma que celles datant de plusieurs centaines de Ma, logique !

rs ? Le plus vieux connu à ce jour date de 7Ma, on le nomme Toumaï et il fait partie de la lignée humaine, et ça on en parlera… bientôt !

Dernière mise à jour le 14/11/2018
top