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La France au cours du Jurassique

La France au Trias Vidéo : La France au Trias

L'ère des géants

Au cours du Jurassique le supercontinent Pangée se disloque, et à l’image d’une histoire d’amour qui se terminerait mal, la Laurasie et le Gondwana, alors enlacés depuis des millions d’années se séparent à nouveau.

Pour résumé brièvement, lorsque le continent Pangée a commencé à se fracturer, le delta issu de cette déchirure et par extension, de l’apparition de l’océan Atlantique nord, s’agrandi inexorablement.

Milieu du Jurassique

Les côtes Marocaines se désolidarisent de celles de l’état de New-York, et plus au sud, l’Amérique du sud encore imbriquée dans l’Afrique, se sépare du continent nord-américain. Plus haut, l’Asie, glisse vers l’est laissant l’Europe sous les eaux de la Téthys, et tout au sud, l’Antarctique fait sécession emportant avec elle l’inde et l’Australie.

La dislocation de la Pangée est en marche, et la morphologie du globe commence à nous sembler familière.

Durant la période précédente, le Trias, la grande chaîne Hercynienne s’est érodée et la mer venue d’Allemagne, la mer germanique, s’est avancée jusqu’en Alsace, et s’est ensuite retirée, si bien que la France s’est retrouvée totalement émergée. Mais dès le début du Jurassique, la voilà qui revient recouvrir à nouveau la quasi-totalité du pays.

Situation de la France au Jurassique

Donc, restent émergés, les vestiges de la chaîne Hercynienne, à savoir, le massif Armoricain, les Ardennes, le massif Central et la Corse alors encore accolée au continent.

Au cours de ce processus se déposent alors en particulier des calcaires qui se forment exclusivement dans l’eau, ce sont ces calcaires retrouvés dans le Jura qui donneront leur nom à cette période.

Tout au long de la période jurassique, la mer affluera et refluera, ce qui entre autre permet aux animaux de se déplacer d’îles en îles. Même le massif Central se verra immergé, seules les Cévennes resteront à l’air libre. Par ailleurs, il faut aussi prendre compte les marées qui elles aussi participent à l’érosion et à la sédimentation, et les marées sont dues à la Lune.

Si aujourd’hui la Lune est située à 384 mille Km, au jurassique elle était plus proche de quelques 10.000 km et selon la troisième loi de Kepler, plus rapide, donc les marées étaient plus fréquentes et leur amplitude bien plus forte.

Vers le nord-est du pays, la Lorraine est totalement immergée jusqu’au sud du massif Ardennais, celui-ci est soumis à une intense érosion à cause du climat chaud et humide, et les cours d’eau déposent du minerai de fer. C’est ce minerai de fer datant du Jurassique, La Minette comme on le nomme, qui fera la fierté de la Lorraine au cours du XXème siècle, 3 milliards de tonnes en seront extrait, et ce jusqu’en 1993.

Par ailleurs, les terres de France étant immergées, elles constituent des hauts fonds de faible profondeurs, favorisant le développement de récifs coralliens. Et qui dit récifs coralliens, dit une grande biodiversité alentour, ainsi dans les eaux de la Téthys évoluent les ammonites, les bélemnites, sans compter les ichtyosaures, les plésiosaures ou encore les pliosaures, les puissants reptiles marins emblématiques du Jurassique.

Quant aux fonds marins, ils foisonnent de gastéropodes et surtout de brachiopodes et autres mollusques bivalves proches des huîtres. Ces animaux marins vécurent dans les eaux peu profondes de notre territoire tout au long de l’ère mésozoïque, soit pas loin de 185Ma.

Ce sont ces nombreux fossiles appelé Gryffées, ou Griffes du diable, présent un peu partout en France qui en témoignent, ce sont les débris des coquilles de ces animaux qui s’accumulant au cours des Ma, qui vont constituer une bonne partie des calcaires de notre pays. Par exemple, dans les gorges du Tarn les kayakistes et autre spéléologues peuvent admirer les roches calcaires érodées qui révèlent l’épaisseur des calcaires du Jurassique.

D’autre part, l’érosion des terres émergées mélangées à des boues calcaires, forment une roche sédimentaire que l’on nomme la "Marne". On retrouve ces marnes qui s’étendent depuis le sud de l’Allemagne jusqu’en Bourgogne et au pays de Bray, entre la Picardie et la Normandie.

De la Normandie jusqu'à la Bourgogne s’étend un immense lagon, cette région que l’on peut facilement imaginer comme les Bahamas d’aujourd’hui est envahie par des récifs coralliens et toute la biodiversité qui l’accompagne, cela devait être féérique, idyllique, bref, paradisiaque.

La France est à ce moment de son histoire, un magnifique archipel constitué d’îles plus ou moins grande ou règne des températures tropicales.

La végétation, que l’on peut aisément imaginer très dense, est composé majoritairement de conifères, mais ne vous y trompez pas, si aujourd’hui on en compte 600 espèces, d’après leurs graines et leurs aiguilles fossiles, on estime que plus de 20.000 espèces de résineux ont existé au Jurassique.

Ajoutez à ces forêts verdoyantes, des fougères, des cycadales et l’on obtient une véritable jungle édénique, bordée de lagons aux eaux turquoises….

A l’ouest, le massif Armoricain subit les affres du temps, il s’érode, les sables et les argiles issues de cette érosion s’agglomèrent pour former des marnes à la base des falaises des Roches Noires.

Plus bas dans le sud-ouest, c’est plutôt calme depuis le commencement de la fracture pangéenne, ayant amorcée l’ouverture du futur océan Atlantique nord.

Le bloc Ibérique se trouve proche de la France, tout comme aujourd’hui me diriez-vous… sauf, qu’il était proche de la côte aquitaine.
De la Galice, la région du nord-ouest de l’Espagne on pouvait certainement apercevoir les côtes bretonnes, et le bassin aquitain était lui aussi investi par les récifs coralliens.

Non loin, en Aveyron, ce sont les fossiles d’ammonites, de bélemnites et d’autres poissons qui témoignent du passé jurassique de la région, mais la plus belle découverte, est certainement celle du squelette d’un reptile marin découvert en 1986, dans les Marnes noires de Tournemire.

Ocitanosaurus tournemirensis

Il s’agit du squelette de Occitanosaurus tournemirensis un plésiosaure, et plus exactement, un elasmosaure de pas moins de quatre mètre de long qui fut dégagé de sa gangue argileuse. Vu sa taille, il s’agissait d’un sub-adulte, certainement se réfugiant dans le lagon pour échapper aux prédateurs bien trop imposants pour manœuvrer dans les lagons peu profonds.

On peut contempler ce magnifique fossile très bien conservé au musée de Millau en plus des nombreux autres fossiles, car cette région en est pourvoyeuse d’un grand nombre.

L'ichtyosaure de Ségonac

Au Trias, c’était une région marécageuse peuplée de reptiles et d’amphibiens, puis au Jurassique la région est envahie par les eaux devenant ainsi une mer peu profonde grouillante de vie. Ainsi, outre les éternelles ammonites, bélemnites un fossile d’Ichtyosaure fut découvert, l’Ichtyosaure de Ségonac, un beau spécimen de sept mètres de long. Un autre spécimen fut découvert au Pic-Saint-Loup, au-dessus de Montpellier.

Sachez que le lot "fossile" provient du terme latin "fossilis" qui signifie "tiré de la terre"

Notre virée géologique étant achevée, parlons biologie, autrement dit, paléontologie et qu’avons-nous découvert dans notre sol, qui puisse nous permettre d’imaginer la faune jurassique française. Comme nous l’avons vu, durant la majeure partie du jurassique, notre bon vieux pays était sous les flots, mais, outre les coquilles d’huitres primitives, ammonites et autres bélemnites qui foisonnent dans les calcaires, qu’en est-il des dinosaures et autres reptiles ?

Terre de France

Dans son bouquin "Terre de France" Charles Frankel estime "qu’une cinquantaine d’espèces différentes de dinosaures ont peuplé la France durant le Jurassique, et qu’à tout moment de cette période il devait y avoir au moins cinq ou six espèces qui se partageaient l’hexagone" il ajoute ensuite que, "sans nul doute, de nouvelles espèces encore méconnues, surgiront à l’avenir", et sachant que ce bouquin date de 2007, ce chiffre est surement à revoir à la hausse.

Dans l’ensemble, ce n’est pas particulièrement fantastique, car arrosées par les pluies, les îles françaises ont connu une intense érosion plutôt qu’une sédimentation propice à conserver les fossiles. Fort heureusement, nos chers dinos aimaient vagabonder sur les plages en quête de cadavres échoués.
Et sur le rivage, le sable séchant puis à nouveau recouvert de sédiment permet la fossilisation des empreintes, empreintes qui aujourd’hui nous permettent d’imaginer la faune dinosaurienne d’autrefois.

L’étude des traces fossiles se nomme l’Ichnologie ou paléo-ichnologie

Durant mes recherches pour écrire cet texte, j’ai appris que chaque type d’empreinte porte un nom précis.

Par exemple,

Empreintes de dinosaures

Etonnant ces sciences méconnues et pourtant si utile à notre compréhension du passé.

C’est le cas des traces découvertes en 1935, non loin du village de Saint-Laurent de Trèves dans le parc national des Cévennes, ou toute une série d’empreintes nommées Grallator Minusculus révèle qu’un dinosaure théropode inconnu de 3 à 4 mètres arpentait le littoral.

Et si vous n’êtes pas randonneur, le musée de Millau en expose de beau moulages de Grallator ainsi que d’une autre série d’empreintes nommées Eubrontes.

Les empreintes portent des noms, tout au moins lorsque l’animal n’est pas identifié, c’est aussi le cas avec des œufs et même des terriers, toujours dans le cas où l’animal reste inconnu, on appelle cela une parataxonomie

D’autres trace sont aussi visibles dans le Gard dans ce qui fut la rive orientale de l’île Auvergnate, et d’autres encore, cette fois ci en Vendée sur la rive méridionale de l’ancienne île bretonne.

Et c’est justement sur cette "île bretonne" qu’il nous faut rester pour trouver un "vrai fossile", entendez par la, un squelette fossilisé. Par chance, (surtout pour nous) un dinosaure est mort sur une de ces plages et recouvert rapidement par les sédiments. Il fut découvert dans une carrière de calcaire à Airel dans le Cotentin.

Lophostropheus

La encore, il s’agit d’un dinosaure théropode. Baptisé Liliensternus lors de sa découverte, ce carnivore rebaptisé ultérieurement Lophostropheus airelensis n’a laissé que très peu d’os fossilisés, on ne sait que peu de choses sur cet animal, si ce n’est que c’était un carnivore de cinq ou six mètres de long pesant près d’une demi tonne appartenant à la famille des coelophysis.

D’autres ossements fossilisés et des dents ont été découverts un plus à est, dans les falaises des Vaches Noires, cependant difficile de se prononcer avec si peu de matériel, peut-être un megalosaure ??? mais rien de sûr !

Et puisque l’on parle de megalosaure, c’est juste à côté, dans les couches de Marnes près de Dives, que fut découvert un énorme crâne de mégalosaure, un gros théropode de près de 11 mètres de long pesant dans les deux tonnes.

Ensuite non loin de là, vers Caen un autre crâne de théropode fut découvert, il s’agit d’un Poekilopleuron, un dinosaure appartenant à la super famille des Allosauridés, un autre énorme bestiau de 10 mètres de long ! Malheureusement, le matériel découvert en 1835 sera détruit lors de la seconde guerre mondiale.

Toujours en Normandie, dans le Calvados, on a retrouvé les restes d’un squelette de Lexovisaurus, un herbivore de cinq mètres de long appartenant à la grande famille des Stégosaures.

Traversons la France, direction l’est ! Au passage, nous passons au-dessus du bassin parisien, bon on l’a vu, c’est immergé, mais, je ne peux vous parler des terres françaises du Jurassique sans mentionné l’énergie qu’elles nous ont laissés.

Au cours des Ma, d’innombrables végétaux et animaux comme les algues ou le plancton, meurent et tapissent les fonds marins, et sous certaines conditions, lorsque le fond marin est peu oxygéné, ces organismes une fois recouvert par les sédiment et protégés de l’oxygène et des bactéries, lorsqu’ils se retrouvent à une profondeur suffisamment chaude se muent en liquide, le fameux pétrole, et si c’est encore plus profond et plus chaud, ce n’est plus en pétrole qu’ils se muent, mais en gaz.

Ainsi le Bassin parisien dont les gisements de pétrole ont été découvert en 1958 a fourni des millions de tonnes de pétrole, et en ce qui concerne le gaz, c’est le bassin aquitain qui nous à livré des milliards de mètres cube.

En somme le Jurassique nous a apporté du Fer, du pétrole et du gaz, rien d’autre ? Euh…. ben de la pierre… bien des carrières de calcaire sont de cette époque. En Normandie, la pierre de Caen, en Lorraine, la pierre de Jaumont, la pierre dorée du Beaujolais, en bourgogne…. Beaujolais, bourgogne ???

Bien des monuments ont été bâti avec les calcaire du Jurassique, comme par exemple la basilique de Vezelay située dans l’Yonne ou l’abbaye de Tournus en Saône-et-Loire. Tous cela pour vous dire que cette période, bien que vieille de plusieurs Ma à bénéficiée et bénéficie encore à notre espèce par les différents processus liés à la géologie, sans compter les terres sur lesquelles les vignobles s’épanouissent.

Jetons un œil du coté du Jura, c’est quand même de cette région qu’est issu le nom de la période. Le Jura pour la petite histoire, est une chaîne de montagne récente issue du soulèvement des Alpes, mais autrefois, à l’instar de la Bourgogne, le Jura était un haut fond marin avec ses récifs et lagons et lorsque le niveau marin s’est mis à baisser la pointe sud fut émergée, c’est aujourd’hui la région du Bugey.

Dès le 19ème siècle, dans les carrières on découvrit une multitude de fossiles, puis dans les années 70 de nouvelles recherches mirent au jours des fossiles d’animaux marins, ammonites, oursins, étoiles de mer et bon nombres de poissons de toutes tailles, y compris des raies, des requins et même des cœlacanthes.

Les chercheurs découvrirent aussi des fossiles de végétaux, fougères et cycadales et des empreintes, et parmi ces empreintes de tortues et de crocodiles marins, des empreintes d’un dinosaure bipède ! et vu l’espacement entre les traces, celui-ci devait certainement courir, chassait-il ?

En parlant d’empreintes dans le Jura, si vous me suivez sur Twitter ou FaceBook, j’ai partagé dernièrement, un article mentionnant « la plus longue piste de dinosaure sauropode du monde », une piste de pas moins de 150 mètres laissée par un animal d’au moins 35 tonnes pour 35 mètres de long.

Restons dans le coin, plus exactement sur le site paléontologique de Cerin, ici c’est un véritable « paléo-environnement » qui fut découvert.

La qualité exceptionnelle du calcaire a permis de découvrir dès les années 1830 des fossiles de toutes sortes d’animaux et végétaux permettant de s’imaginer le site 150Ma en arrière : Une lagune tropicale poissonneuse à la végétation luxuriante ou vaquaient tortues, crocodiliens et un grand nombres d’autres animaux.

A quelques encablures de la, sur la commune de Coisia dans l’Ain, une autre série d’empreintes de grands sauropodes, nous révèle que les dinosaures étaient légions sur ces terres de France, mais malheureusement toujours pas d’ossements fossilisés.

Cependant, bien plus au sud, un dinosaure a bien voulu nous livrer son portrait, pour cela il faut nous rendre dans le Var, ce département richement ensoleillé ou les cigales chantent la beauté de l’environnement !

Plus précisément, c’est sur le plateau de Canjuers, en 1972 que furent découvert les restes d’un des plus petits dinosaures connus, il s’agit de Compsognathus, un petit théropode de moins d’un mètre de long pour à peine 2/3Kilos. Armé d’une mâchoire aux dents terriblement acérées, ce petit dinosaure coureur très véloce, chasseur d’insectes et de petits lézards, voire piscivore était malgré sa petite taille un réel prédateur.

Par ailleurs, sur ce même site de Canjuers, ont à aussi découvert les reste fossilisé d’un petit ptérosaure nommé Gallodactylus. Et en parlant de ptérosaures, rendons-nous près de Cahors, dans le village de Crayssac. Ce village possède les vestiges d’une plage très riche en empreintes de ptérosaures, si riche, quelle porte aujourd’hui le nom de plage aux ptérosaures.

Mais ce qui fait de ce site, un lieu remarquable, c’est que les nombreuses traces laissées par ces reptiles volants ont permis de comprendre leur mode de locomotion.

En effet jusqu’alors, on pensait que ces animaux étaient bipèdes lorsqu’ils se déplaçaient sur le terre ferme, or l’études des empreintes de Crayssac ont démontré qu’ils étaient doté d’une locomotion quadrupède.

Noter que si vous passer dans le coin, ce site est ouvert au public sous forme de visites guidées. Je vous laisse le lien dans la description.

Pour achever restons dans le Var, à Sanary sur Mer cette fois, sur les flancs escarpés d’une petite falaise, des empreintes tridactyles, comprenez à trois doigts, caractéristiques des théropodes nous démontre que cette partie de la Provence était autrefois le terrain de chasse de divers dinosaures.

Pour résumé, vous l’aurez compris durant le Jurassique, les terres de France furent un magnifique archipel aux températures tropicales, bénéficiant d’une végétation luxuriante. Dans le ciel volaient les ptérosaures, les reptiles marins régnaient dans les dans les mers et sur la terre ferme s’ébattaient toutes sortes d’animaux… y compris des dinosaures, petits et grands !

Dernière mise à jour le 11/10/2019
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