Retour à l'accueil

MYTHOLOGIE GRECQUE - PALEONTOLOGIE

HISTOIRE DE FRANCE - SYSTEME SOLAIRE - LECTURE - PHILATELIE


Les origines d'Héraclès (Hercule)

Hercule tenant son fils Télèphe Hercule le demi dieu

Les Latins appelaient Hercule, est le héros le plus populaire et le plus célèbre de toute la mythologie classique. Les légendes où il figure constituent un cycle entier, en perpétuelle évolution depuis l'époque pré-hellénique jusqu'à la fin de l'Antiquité. Aussi est-il très malaisé d'exposer ces différents épisodes selon un ordre rationnel.

Déjà ces difficultés avaient été aperçues par les mythographes antiques, et, à leur suite, nous adopterons une classification, d'ailleurs assez artificielle, qui distingue trois grandes catégories de légendes héracléennes :

1 - Le cycle des Douze Travaux ;

2 - Les exploits indépendants du cycle précédent, et comprenant les expéditions menées par le héros à la tête d'armées (tandis que les Travaux sont accomplis généralement par Héraclès seul, ou avec l'aide de son neveu Iolaos) ;

3 - Les aventures secondaires, qui lui sont arrivées au cours de l'accomplissement des Travaux.

Avant l'exposé des Travaux, nous plaçons les légendes concernant l'enfance du héros, et son éducation. Avec les épisodes relatifs à son apothéose, ce sont les seuls éléments du cycle héracléen qui se laissent intégrer dans une chronologie approximative.

Le nom, les origines, l'enfance d'Héraclès.

Le nom même du héros n'est pas, disent les mythographes, celui qu'il porta d'abord: c'est un nom mystique, qui lui fut imposé par Apollon, soit directement, soit sur l'intermédiaire de la Pythie, au moment où il devint le serviteur d'Héra, soumis aux travaux qu'elle lui faisait imposer. A l'origine, le fils d'Amphitryon et d'Alcmène s'appelait Alcide (qui est un patronyme tiré du nom de son grand-père, Alcée), ou même, comme son grand-père, Alcée. Ce nom évoque en grec l'idée de force physique.

Lorsque, après le meurtre des enfants qu'il avait eus de Mégara, le héros alla demander sa "pénitence" à la Pythie, celle-ci, entre autres prescriptions, lui enjoignit de prendre désormais le nom d'Héraclès, qui signifie : "la Gloire d'Héra", sans doute parce que les travaux qu'il allait entreprendre devaient servir à la glorification de la déesse.

C'est ce nom qui lui restera, et sous lequel il est toujours désigné par les auteurs et sur les monuments figurés.

Par son père "mortel", Amphitryon, et par sa mère, Alcmène, Héraclès appartient à la race des Perséides. Ses deux grands pères, paternel et maternel, Alcée et Electryon, étaient en effet tous deux fils de Persée et d'Andromède. Il est donc de race argienne, et c'est de façon toute accidentelle qu'il naquit à Thèbes.

Il considérera toujours le Péloponnèse et plus particulièrement l'Argolide comme sa véritable patrie. C'est là qu'il cherchera toujours à retourner, malgré la volonté d'Eurysthée et c'est là, surtout, que ses descendants, les Héraclides reviendront s'établir.

Héraclès est fils d'Alcmène et d'Amphitryon, mais, en fait, son véritable père est Zeus, qui avait profité de l'absence d'Amphitryon, parti en expédition contre les Téléboens, pour tromper Alcmène en prenant la forme et l'aspect de son mari et, au cours d'une longue nuit, prolongée sur son ordre, engendrer le héros.

Amphitryon, revenant au matin, se fit reconnaître, et il donna à Alcmène un second fils, Iphiclès, le frère jumeau d'Héraclès, plus "jeune" que lui d'une nuit.

On racontait que, pour se faire reconnaître d'Alcmène et lui enlever toute possibilité de doute, Zeus lui avait envoyé comme présent une coupe d'or qui avait appartenu à Ptérélas, le roi des Téléboèns. Et, de plus, il lui conta comme siens les exploits accomplis pendant l'expédition par le véritable Amphitryon.

Lors du retour de celui-ci, il intervint pour réconcilier le mari et la femme, et Amphitryon se résigna, dit-on, à n'être que le père nourricier de l'enfant divin. Avant même que celui-ci ne naisse, la colère d'Héra, jalouse d'Alcmène, commence à se manifester. Zeus avait imprudemment affirmé que l'enfant qui allait naître dans la race des Perséides, régnerait sur Argos.

Aussitôt, Héra obtint de sa fille Ilithye, la déesse des enfantements, que la naissance d'Héraclès fût retardée, tandis que celle d'Eurysthée, son cousin, le fils de Sthénélos, fût avancée. C'est ainsi qu'Eurysthée naquit à sept mois tandis qu'Héraclès fut porté dix mois par sa mère.

Il existe différentes légendes qui racontent comment Héraclès, encore tout petit, têta le sein d'Héra, sa pire ennemie. C'était, dit-on, la condition pour que le héros pût obtenir l'immortalité, et il fallut ruser pour que cette condition fut remplie.

Selon certaines traditions, c'est Hermès qui mit l'enfant sur le sein de la déesse endormie. Quand elle s'éveilla, elle repoussa l'enfant, mais trop tard. Le lait qui coula de son sein fit dans le ciel une traînée, la Voie Lactée.

Une autre tradition raconte l'aventure de manière différente: Alcmène, craignant la jalousie d'Héra, aurait exposé le petit Héraclès à sa naissance, aux environs d'Argos (et non de Thèbes, comme le voudrait la vraisemblance, si cette légende avait été intégrée dans le cycle thébain du héros), dans un endroit qui porta par la suite le nom de "Plaine d'Héraclès".

Athéna et Héra vinrent à passer, Athéna, étonnée de la vigueur du nouveau-né et de sa beauté, demanda à Héra de lui donner le sein. Ce que fit Héra, mais Héraclès tira si violemment qu'il blessa la déesse. Celle-ci le rejeta vivement loin d'elle. Athéna le releva, le ramena à Alcmène, et ordonna à la jeune femme d'élever sans crainte son enfant.

Hercule le demi dieu Hercule le demi dieu

Lorsque Héraclès eut huit mois (d'autres disent dix), Héra essaya de le perdre. Un soir, Alcmène avait couché les deux jumeaux, Héraclès et Iphiclès, dans leur berceau et s'était endormie. Vers minuit, la déesse introduisit dans la chambre deux énormes serpents qui s'enroulèrent autour des enfants. Le petit Iphiclès se mit à crier.

Héraclès, intrépidement, saisit les animaux à la gorge, un de chaque main, et les étouffa. Amphitryon accourut aux cris d'Iphiclès, l'épée à la main, mais il n'eut pas besoin d'intervenir. Il vit bien qu'Héraclès était le fils d'un dieu.

On prêtait à Héraclès une éducation conforme à celle des enfants grecs de l'époque classique, semblable aussi à celle qu'Achille avait reçue du centaure Chiron. Il aurait eu comme premier maitre le musicien Linos, qui lui apprit, dit-on, les rudiments des lettres et de la musique. Il suivait ses leçons avec Iphiclès.

Mais tandis qu'Iphiclès se montrait un élève docile et appliqué, Héraclès était fort indiscipliné, si bien que Linos devait le rappeler à l'ordre, et même, un jour, il tenta de le corriger. Héraclès ne voulut point se laisser faire ; il se mit en colère et, saisissant un tabouret (d'autres disent une lyre), il en porta un tel coup à son maitre qu'il le tua.

Héraclès fut traduit devant un tribunal et accusé de meurtre. Il s'en tira en citant une sentence de Rhadamante, selon laquelle on avait le droit de tuer son adversaire en cas de légitime défense. Aussi fut-il acquitté. Mais Amphitryon, peu rassuré, et craignant de nouveaux accès de colère chez son fils adoptif, se hâta de l'envoyer à la campagne où il le chargea du soin des troupeaux.

Là, selon une tradition, son éducation fut continuée par un bouvier, un Scythe nommé Teutaros, qui lui enseigna l'art de tirer à l'arc. Mais, plus généralement, on admettait que sa formation avait été dirigée par d'autres maîtres : Amphitryon lui-même l'initia à la conduite d'un char; Eurytos au tir à l'arc ; selon une variante, il dut ce dernier enseignement aussi à Rhadamante, qui, en tant que Crétois, était fort expert en cet art.

Les armes lui furent enseignées par Castor (qu'il faut identifier soit à l'un des Dioscures, soit à un réfugié d'Argos, fils d'un certain Hippalos). Après Linos, son maitre malheureux, il reçut encore les leçons d'Eumolpos, fils de Philammon et neveu d'Autolycos, qui le perfectionna dans la musique.

Cependant, Héraclès grandissait et parvenait à la taille extraordinaire de quatre coudées et un pied. A dix-huit ans, il accomplit son premier exploit, en tuant le lion du Cithéron. Ce lion était un fauve d'une grandeur et d'une férocité telles qu'il causait des ravages considérables dans les troupeaux d'Amphitryon et du roi Thespios (qui régnait sur un pays voisin de Thèbes), sans que nul chasseur osât s'attaquer à lui.

Héraclès décida d'en débarrasser le pays. Pour cela, il alla s'installer chez le roi Thespios, et, tout le jour, il chassait, mais revenait le soir dormir au palais. Au bout de cinquante jours, il réussit à tuer le lion. Mais, pendant tout ce temps, le roi Thespios, qui avait eu cinquante filles avec sa femme Mégamédé, fille d'Arnéos, et qui désirait avoir des petits-enfants qui seraient les fils du héros, s'arrangea pour mettre, chaque soir, dans son lit l'une de ses filles.

Héraclès s'unit à toutes, dans l'ombre et si fatigué par sa journée de chasse qu'il crut s'unir tous les soirs avec la même. Il en eut cinquante fils, les Thespiades.

Certains auteurs placent cette première chasse au lion, préfiguration de celle du lion de Némée, non pas sur les pentes du Cithéron, mais sur l'Hélicon ou encore près de Teumesse. Pausanias a même recueilli une légende selon laquelle le lion du Cithéron ne fut pas tué par Héraclès, mais par Alcathoos (à qui, généralement, on attribue la mort du lion de Mégare).

Enfin, une légende locale de l'île de Lesbos disait que, là aussi, Héraclès avait tué un lion. Comme Héraclès revenait de chasser le lion du Cithéron, il rencontra, en approchant de Thèbes, les envoyés du roi d'Orchomène, Erginos, qui venaient réclamer le tribut que les Thébains payaient aux habitants d'Orchomène. Héraclès les outragea, leur coupa le nez et les oreilles, qu'il enfila sur une corde et suspendit à leur cou. Puis il leur dit de porter ce tribut à leur maitre.

Erginos, indigné, marcha contre Thèbes. Mais il fut battu par Héraclès, qui imposa aux Minyens d'Orchomène un tribut double de celui qu'ils avaient eux-mêmes imposé à Thèbes. Dans la bataille, Amphitryon fut tué, en combattant bravement auprès de son fils.

Selon une autre tradition, Amphitryon ne mourut que plus tard, après avoir mené à bien, avec Héraclès, l'expédition contre le roi d'Eubée Chalcodon, et avoir assisté au meurtre de ses petits-enfants.

Héraclès aurait combattu seul contre Erginos, ayant reçu des armes d'Athéna elle-même.

Le roi de Thèbes, Créon, pour remercier dignement Héraclès du service qu'il avait rendu à la cité, lui donna en mariage sa fille aînée, Mégara, tandis qu'il mariait sa fille cadette à Iphiclès. Mégara donna plusieurs enfants au héros : huit, selon Pindare ; trois, selon Apollodore, qui les nomme : Thérimachos, Créontiadès et Déicoon.

D'autres traditions en connaissent sept, ou cinq (Antimachos, Clyménos, Glénos, Thérimachos et Créontiadès), ou encore quatre. Mais bientôt, Héraclès tua ses enfants, et deux de ceux qu'avait eus Iphiclès. Ce meurtre est diversement raconté par les auteurs.

Il a fourni le sujet d'une tragédie à Euripide et à Sénèque. Selon les uns (et cela semble bien être la tradition la plus ancienne), Héraclès jeta ses enfants dans le feu. Selon les autres, et notamment Euripide, il les tua à coups de flèches. Il alla même jusqu'à attaquer son père, Amphitryon et était sur le point de le tuer, lorsque Athéna lui frappa la poitrine avec une pierre et le plongea ainsi dans un profond sommeil.

La raison de cette série de meurtres est généralement donnée comme un accès de folie envoyé par Héra. Selon certaines traditions, elle voulait l'obliger à se mettre au service d'Eurysthée, soit en lui causant une souillure qui le contraindrait à se soumettre à une expiation, soit parce que, malgré l'oracle de Zeus, Héraclès hésitait à se rendre à Argos et à reconnaître Eurysthée comme son maître. C'était un avertissement que lui envoyait la déesse.

Après être revenu à lui, Héraclès ne voulut plus vivre avec Mégara. Il la donna à son neveu Iolaos (bien que la différence d'âge fût considérable entre elle et lui, puisque, selon les calculs des mythographes antiques, elle avait 33 ans, tandis qu'il n'en avait que 16).

Euripide a uni la légende du meurtre des enfants de Mégara avec l'histoire d'un usurpateur venu d'Eubée, Lycos, qui tue le roi Créon et s'empare du pouvoir sur Thèbes, pendant l'absence d'Héraclès descendu aux Enfers. Le héros revient à temps, tue Lycos, mais au moment où il va offrir un sacrifice d'actions de grâce à l'autel de Zeus, devant le palais, Héra lui envoie la Folie, qui s'empare de lui. Il croit que ses propres enfants sont ceux d'Eurysthée, et les tue. Il prend son propre père pour celui d'Eurysthée, Sthénélos, et est sur le point de le tuer quand Athéna le frappe à la poitrine et l'endort.

Au réveil, il reconnaît ses crimes, et veut se suicider. Mais Thésée, qui arrive juste à ce moment là le détourne de son projet et l'emmène à Athènes. On voit qu'Euripide a changé la chronologie traditionnelle de l'épisode, en le plaçant après la descente aux Enfers, c'est-à-dire en l'intercalant à l'intérieur des Travaux, au lieu d'en faire le premier acte de la vie du héros. De plus, il fait intervenir Thésée, le héros "philosophe" par excellence, symbole de la sagesse mesurée attique en face de la violence dorienne.

Dernière mise à jour le 21/01/2016
top